Résilience économique à Karimama : comment les femmes transforment leur avenir avec le Moringa
Dans des jardins verdoyants de Moringa, des femmes de Karimama, dans le département de l’Alibori, au nord Bénin, travaillent avec ardeur et passion. Certaines, munies de houes et de râteaux, désherbent, tandis que d’autres récoltent du Moringa. Ces activités, qui allient tradition et innovation, leur permettent non seulement d’améliorer leur alimentation, mais aussi de générer des revenus grâce à la vente de leurs produits.
Face à la double crise climatique et sécuritaire qui aggrave la vulnérabilité des ménages dans le nord du Bénin, DEDRAS a initié le projet de résilience économique des femmes de Karimama grâce à l’appui de son partenaire SEL France.
« Nous préparons des tisanes à partir des feuilles de Moringa que nous consommons et offrons en cadeau à ceux qui en ont besoin pour soulager certaines maladies, » explique Oumou Arouna, secrétaire d’une des coopératives bénéficiaires du projet résidant dans le village de Fadama.
« En vendant ces feuilles, nous gagnons des revenus pour acheter du carburant pour notre motopompe, » explique Zeynabou Zuba, une bénéficiaire enthousiaste du village de Karigui.
Un levier de transformation économique pour les familles
En seulement trois récoltes, ces femmes ont déjà généré 37 000 francs CFA, dont 7 000 francs ont été utilisés pour réparer leurs clôtures. En parallèle, 132 chèvres et 93 moutons ont été distribués pour les aider à diversifier leurs sources de revenus.
« Le soutien du projet nous remplit de joie, » partage Maria Moussa. Pour elle, ce projet est une opportunité de sortir les femmes de la précarité et de transformer leur quotidien.
Un impact apprécié par les autorités locales
Issiaka Zermakoé, point focal nutrition de la mairie de Karimama, loue les résultats obtenus : « La culture du Moringa booste notre développement en améliorant la nutrition et les revenus des familles. De nombreuses femmes, auparavant en difficulté, s’épanouissent désormais en diversifiant leurs activités génératrices de revenus. »
Lancé en mars 2024, le projet regroupe 159 femmes, réparties en 10 coopératives agricoles spécialisées dans le maraîchage et la plantation de Moringa. Ces coopératives bénéficient également de programmes de formation sur les normes de qualité et le marketing.
Pérenniser et multiplier les opportunités
Le Directeur du projet, Yassoni Bio Sourou, souligne l’importance de valoriser les produits : « Si les femmes transforment le Moringa en poudre bien emballée, elles pourraient vendre le kilo à 5 000 francs CFA, contre 500 francs actuellement. Une telle approche augmenterait leurs revenus de manière significative. »
Les femmes envisagent également de fournir du Moringa aux cantines scolaires pour encourager la consommation de protéines végétales au sein des communautés.
« Nous voulons que nos produits profitent aux enfants et à toute la communauté, » déclare Zeynabou Zuba, très motivée.
Créer une solidarité durable
Au-delà des activités économiques, le projet a renforcé les capacités des femmes sur des sujets comme les droits des femmes, la cohésion sociale et le vivre-ensemble.
« Avant, nous étions peu unies. Grâce aux formations, nos liens se sont resserrés et nous travaillons dans une véritable harmonie, » confie Maria Moussa.
Malgré les obstacles liés à la transformation des produits, les femmes restent optimistes et sont reconnaissantes envers DEDRAS ONG et son partenaire SEL France.
Le projet de résilience économique des femmes de Karimama, achevé en février 2025, a marqué un tournant décisif dans la vie des bénéficiaires. En leur offrant des opportunités de transformation sociale et économique, il a semé les graines d’un avenir durable et autonome. Les femmes de Karimama, armées de nouvelles compétences et d’un élan collectif, poursuivent désormais leur chemin vers l’autonomisation, incarnant l’espoir et la résilience d’une communauté tournée vers l’avenir.




