PRO-RePEM : un plan de désengagement structuré pour garantir l’avenir de l’Observatoire de l’Éducation

 

À quelques mois de sa clôture, le Projet de Renforcement des OSC pour la Redevabilité des Politiques Éducatives et leur Mise en œuvre (PRO-RePEM) anticipe l’avenir. Réunis à Dassa-Zoumè les 1er et 2 avril 2026, les acteurs de l’éducation ont validé une feuille de route stratégique visant à assurer la continuité de l’Observatoire de l’Éducation (OE) et de ses démembrements. Entre priorisation des actions, mobilisation des ressources et transfert de compétences, le projet amorce une sortie structurée pour pérenniser ses acquis dans les 77 communes du Bénin.

Mis en œuvre depuis avril 2022 par le Consortium DEDRAS-ONG et Social Watch Bénin (SWB), le PRO-RePEM accompagne l’Observatoire de l’Éducation ainsi que ses structures décentralisées les Observatoires Départementaux de l’Éducation (ODE) et les Observatoires Communaux de l’Éducation (OCE) dans leur mission de suivi des politiques éducatives à l’échelle nationale, couvrant les 77 communes et les 12 départements du Bénin.

À l’approche de sa clôture, le projet anticipe sa sortie à travers une démarche structurée. L’enjeu est de taille : garantir que les acquis ne disparaissent pas avec la fin du financement, mais s’inscrivent dans la durée.

Deux jours de travaux pour définir les priorités

L’atelier a réuni 25 participants, dont l’équipe projet, les membres du consortium, les présidents des ODE, des représentants des OCE, les membres du comité de pilotage de l’OE ainsi que des organisations partenaires notamment la CBO-EPT et APRETECTRA.

Les échanges, conduits selon une approche participative, ont permis d’examiner le plan de désengagement élaboré avec l’appui d’un consultant. Les participants ont ensuite procédé à une priorisation des actions essentielles à mettre en œuvre d’ici la fin du projet.

Au terme des travaux, neuf actions prioritaires ont été retenues avec un budget estimatif et une responsabilisation des acteurs.

Neuf actions pour garantir la pérennité

La feuille de route adoptée s’articule autour de neuf actions clés :

Il s’agit d’abord d’élaborer un plan d’actions participatif et réaliste sous la responsabilité de la présidente de l’OE, à finaliser d’ici fin avril 2026. Ensuite, un renforcement des capacités est prévu au profit de l’OE et de ses démembrements sur des thématiques telles que l’élaboration de projets, la mobilisation de ressources, la négociation et le plaidoyer, avant fin juillet 2026.

Parallèlement, l’OE sera appuyé dans la définition d’une stratégie de mobilisation de ressources d’ici fin juin 2026. Des micro-projets seront également mis en œuvre dans chaque département par les OCE, sur appel à projets, avant fin août 2026.

Le plan prévoit aussi la signature d’un protocole-cadre entre les responsables de la CBO-EPT, DEDRAS et SWB au profit de l’OE et de ses démembrements, d’ici fin octobre 2026 afin d’encourager les différentes structures membres à prendre le relai.

Un pool de formateurs sera constitué pour renforcer les capacités des OCE, tandis qu’un mécanisme de communication interne sera opérationnalisé. Enfin, un système participatif de suivi-évaluation et un plan de transfert de compétences du projet vers l’OE seront mis en place d’ici mi-mai 2026.

Des participants satisfaits et engagés

Les participants ont salué la qualité des travaux et la pertinence des décisions prises.

Le Dr Florentin Bocovo, Président de l’ODE du Zou, a souligné :

« Depuis hier, nous avons examiné les activités du plan de désengagement et priorisé celles à mettre en œuvre pour assurer la pérennisation des acquis. Aujourd’hui, nous avons finalisé la sélection. »

Il identifie trois axes majeurs : le renforcement des capacités, le transfert de compétences et la mobilisation de ressources propres. « Si les observatoires communaux arrivent à mobiliser leurs propres ressources, ils pourront poursuivre leurs activités après le 31 décembre 2026 », a-t-il ajouté.

De son côté, Arsène Adifon, Directeur Exécutif de l’ONG Racines et Président du Conseil d’Administration de la CBO-EPT, a salué une démarche anticipative.

« C’est rare de voir des partenaires penser à l’après-projet. Nous avons travaillé sur la manière dont l’OE pourra continuer après la fin du financement », a-t-il déclaré.

Il précise que les neuf actions ont été hiérarchisées pour s’adapter aux contraintes financières :

« Si tous les financements ne sont pas disponibles, les priorités sont clairement définies, et d’autres partenaires pourront être mobilisés. »

Une mise en œuvre déjà en cours

Selon Sylvain Aloubani, Directeur du PRO-RePEM, les résultats de l’atelier sont déjà pris en compte dans la planification opérationnelle.

« Nous actualisons notre plan de travail annuel en intégrant les activités retenues, avant de le soumettre au partenaire », a-t-il indiqué.

Il ajoute que le projet poursuivra à la fois ses activités programmatiques et celles liées au désengagement, avec une évaluation finale prévue.

Vers une autonomie durable de l’Observatoire

Cet atelier constitue une étape clé dans le processus de clôture du PRO-RePEM. En définissant des actions claires, assorties de délais et de responsabilités, les acteurs posent les bases d’une transition réussie.

Au-delà du désengagement, l’ambition est de garantir que les Observatoires Départementaux et Communaux de l’Éducation continuent de jouer leur rôle de veille citoyenne sur les politiques éducatives dans toutes les communes du Bénin.

Une dynamique qui traduit une volonté forte : faire de l’Observatoire de l’Éducation une structure autonome, durable et pleinement ancrée dans le paysage éducatif national.