Art oratoire contre le mariage forcé : des élèves du Zou et des Collines s'engagent

Art oratoire contre le mariage forcé : des élèves du Zou et des Collines s'engagent

 

DEDRAS ONG a organisé des olympiades d’art oratoire dans deux départements du Bénin dans le cadre du projet SPAD PIIA. Une occasion offerte à des centaines d’élèves de prendre la parole pour défendre les droits des enfants.

Des concours pour parler de mariage forcé

Des apprenants des écoles primaires publiques des départements du Zou et des Collines ont participé aux olympiades d’art oratoire organisées par le programme SPAD PIIA. Ce concours de génie en herbe a eu lieu respectivement les 26 mars 2026 à Bohicon et le 27 mars 2026 à Dassa. Le thème retenu était : « Non au mariage forcé des enfants ».

L’évènement entre dans le cadre du projet SPAD financé par Plan International Bénin et mis en œuvre par DEDRAS ONG. Ces olympiades visent à donner aux enfants un espace pour s’exprimer, argumenter et défendre leurs droits.

À Bohicon, une élève remporte la première place

Dans le département du Zou, la phase finale a rassemblé les meilleurs candidats des différentes communes. Jennifer Dossa, élève de l’EPP Zogba/A, a remporté la première place. Elle a parlé des conséquences du mariage précoce sur l’avenir des jeunes filles : abandon scolaire, dépendance économique et perte de chances.

Mireille Tonoukouin, de l’EPP Don-Zoukoutoudja, a terminé deuxième. Elle a axé son discours sur le rôle des parents et des communautés dans la protection des enfants. Libéré Adjakossa, de l’EPP Zazin, a complété le podium. Dans le public, les réactions ont été vives. « On ne s’attend pas à entendre des enfants parler avec autant de conviction de sujets aussi importants », a confié un enseignant présent dans la salle.

À Dassa, un score de 19,66 pour la première place

Dans le département des Collines, dix finalistes ont concouru à l’EPP Dassa Carrefour. Edwige Dossa, de l’EPP Bétou A, a remporté la compétition avec un score de 19,66. Son discours portait sur les conséquences sociales et psychologiques du mariage forcé. Léa C. Djimba, de l’EPP Adougou-Agah, et Benjamine Tonoukoin, de l’EPP Lokossa A, ont partagé la deuxième place.

Des compétences utiles au-delà du concours

Ces olympiades ont permis aux élèves de développer des compétences concrètes : prise de parole en public, esprit critique et confiance en soi. Pour les organisateurs, l’objectif dépasse la compétition. En donnant la parole aux enfants, le programme SPAD PIIA vise à faire d’eux des acteurs capables d’influencer leur entourage sur des questions sociales importantes.

Le mariage forcé reste une réalité dans certaines zones du Bénin. Ces compétitions constituent un outil de sensibilisation directe auprès des communautés, à travers la voix des enfants eux-mêmes.

 


Éducation au Bénin : DEDRAS se distingue lors du lancement des projets pilotes de l’IFADEM avec les ONGs locales.

Éducation au Bénin : DEDRAS se distingue lors du lancement des projets pilotes de l’IFADEM avec les ONGs locales

 

Les acteurs du secteur éducatif se sont réunis à Parakou, le vendredi 27 mars 2026 pour le lancement officiel des projets pilotes de l’Initiative francophone pour la formation à distance des maîtres (IFADEM). Cette étape marque une avancée dans les efforts de renforcement des compétences des enseignants au Bénin. La cérémonie s’inscrit dans la continuité d’un processus participatif ayant mobilisé plusieurs parties prenantes, notamment des ONG locales, des cadres éducatifs et des partenaires techniques issus des départements du Borgou, de l’Alibori, de l’Atacora, de la Donga et du Couffo.

En amont, un atelier de co-construction a permis de poser les bases opérationnelles des interventions. Conduit par APEFE, en collaboration avec le Ministère des Enseignements Maternel et Primaire à travers l’INFRE, ce cadre d’échanges a également bénéficié de l’appui d’organisations internationales telles que Handicap International, Educo et Plan Bénin.

Les participants ont unanimement salué la qualité des travaux, mettant en avant la pertinence des orientations définies et la forte implication des acteurs. Le bilan de cet atelier a été jugé satisfaisant, avec des perspectives claires pour le déploiement des projets pilotes sur le terrain.

DEDRAS ONG, une proposition qui fait la différence

Lors de la cérémonie de lancement, les ONG locales ont présenté leurs plans d’action. Parmi elles, DEDRAS ONG a particulièrement retenu l’attention. Portée par le Directeur du projet Éducation Parrainage, Arthur Bio Sika, la présentation de l’organisation s’est distinguée par sa rigueur méthodologique, son caractère innovant et son alignement avec les objectifs de l’IFADEM. Au cœur de ce plan d’action figure notamment une activité intitulée « Article de la semaine », pensée pour renforcer l’appropriation du règlement intérieur par les élèves. Chaque lundi, lors de la cérémonie des couleurs, un(e) animateur(rice) de DEDRAS consacre dix minutes à la lecture d’un article du règlement, suivi d’un débat ouvert, d’un exemple concret tiré de la vie scolaire locale, puis d’un engagement collectif des élèves à travers un slogan ou un geste symbolique. Une démarche hebdomadaire, structurée et participative, qui aborde des thématiques aussi essentielles que le genre, le handicap, la paix, l’environnement et le numérique.

En associant enseignants et direction à chaque séance, DEDRAS inscrit cette initiative dans une dynamique communautaire et orientée vers des changements de comportement durables. Une prestation saluée par plusieurs participants, qui y ont vu une approche structurée et orientée vers des résultats concrets.

Prenant la parole, Pierre Chanou, Secrétaire exécutif de l’IFADEM et Directeur de l’INFRE, a souligné l’importance stratégique de cette phase pilote. Représentant le Ministre des Enseignements Maternel et Primaire, il a officiellement lancé les projets, tout en félicitant les ONG pour la qualité du travail préparatoire.

 

Un engagement constant en faveur de l’éducation

Déjà bien implantée dans le secteur éducatif, DEDRAS ONG multiplie les initiatives visant à améliorer la gouvernance et la qualité de l’enseignement. L’organisation met notamment en œuvre le projet PRO-RePEM, axé sur le renforcement du rôle des organisations de la société civile dans les politiques éducatives.

La présence de ce projet lors de la cérémonie illustre la cohérence stratégique de DEDRAS ONG, ainsi que sa capacité à articuler ses interventions autour de priorités nationales.

Un programme ambitieux pour transformer l’enseignement

Cofinancée par la Coopération belge fédérale, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), l’IFADEM repose sur une approche innovante combinant formation à distance, accompagnement pédagogique et outils numériques.

À travers le lancement de ces projets pilotes, une nouvelle dynamique est enclenchée pour améliorer durablement la qualité de l’enseignement au Bénin. L’implication active des ONG locales, à l’image de DEDRAS ONG, apparaît comme un levier essentiel pour atteindre les résultats attendus sur le terrain.

 


Dassa-Zoumè : les alumni se mobilisent pour accélérer la mise en œuvre de leurs plans d’action

Dassa-Zoumè : les alumni se mobilisent pour accélérer la mise en œuvre de leurs plans d’action

 

Les représentants des réseaux d’alumni de plusieurs départements du Bénin ont pris part à une conférence nationale consacrée à l’évaluation et à l’opérationnalisation de leurs plans d’action. Réunis les 2 et 3 avril 2026 à Dassa-Zoumè, cette rencontre stratégique visait à renforcer la coordination entre les réseaux, identifier les défis et définir des solutions concrètes pour une mise en œuvre plus efficace de leurs initiatives en faveur des jeunes et des communautés.

 

Un cadre d’évaluation et de réorientation stratégique

Pendant deux jours, les participants ont travaillé dans une approche participative axée sur l’analyse critique des actions menées jusque-là. L’objectif principal était d’évaluer les plans d’action existants, d’identifier les activités réalisées, celles en cours et celles non exécutées, puis de proposer des ajustements réalistes.

Trois réseaux départementaux Couffo, Zou et Collines ont ainsi présenté leurs bilans respectifs, mettant en lumière à la fois les progrès enregistrés et les difficultés rencontrées.

À l’issue des travaux, une reprogrammation des activités a été effectuée, avec l’élaboration d’un plan opérationnel pour le deuxième trimestre de l’année 2026. Cette planification vise à accélérer la mise en œuvre des actions prioritaires, tout en clarifiant les responsabilités de chaque membre.

 

Un projet soutenu pour renforcer l’engagement des jeunes

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet SPAD CLO, mis en œuvre avec l’appui financier de Plan International Bénin.

À travers ce soutien, le projet vise à renforcer le leadership des jeunes, en particulier des anciens bénéficiaires (alumni), afin qu’ils deviennent des acteurs engagés dans le développement de leurs communautés.

L’atelier de Dassa-Zoumè apparaît ainsi comme une étape clé pour consolider les acquis du projet, structurer les réseaux et garantir une mise en œuvre efficace des plans d’action définis par les jeunes eux-mêmes.

 

Des avancées concrètes, mais des défis persistants

Pour Raoul Edah, organisateur général du réseau du Couffo, cet atelier a permis de renforcer la dynamique collective et d’apporter plus de clarté dans l’action :

« Nous avons évalué nos activités et réorganisé celles qui restaient à faire. Aujourd’hui, chaque membre sait clairement ce qu’il doit faire pour rendre le plan d’action opérationnel. »

Il souligne également les progrès réalisés par son réseau, notamment la formalisation de leur association, la mise en place d’un répertoire des alumni et l’accompagnement scolaire des élèves à travers des travaux dirigés.

Cependant, malgré ces avancées, plusieurs défis subsistent, notamment en matière de mobilisation des membres et de ressources financières.

 

L’éducation et la sensibilisation au cœur des priorités

Les réseaux d’alumni entendent jouer un rôle actif dans l’amélioration des conditions d’apprentissage des jeunes. À ce titre, plusieurs activités prioritaires ont été retenues pour le trimestre en cours par le réseau du Couffo.

Il s’agit notamment de l’accompagnement des élèves dans la préparation des examens (CEP, BEPC et BAC), à travers l’organisation de travaux dirigés et de sessions de renforcement de capacités.

Par ailleurs, les participants ont mis un accent particulier sur la sensibilisation des parents et des adolescents aux questions de santé et d’éducation à la vie familiale.
« Nous voulons amener les parents à discuter avec leurs enfants des questions de sexualité, afin de mieux les préparer et les protéger », a expliqué Raoul Edah.
Des initiatives environnementales et citoyennes, telles que des activités de reboisement et des campagnes de sensibilisation contre les violences faites aux enfants, figurent également dans les perspectives.

 

Renforcer la coordination et passer à l’action

Au-delà des activités de terrain, la conférence a mis en évidence la nécessité de renforcer la collaboration entre les différents réseaux d’alumni. Du côté des réseaux du Zou et des Collines, les défis sont les difficultés et défis sont les mêmes.

Pour Angélique Ganvidé, présidente du réseau des Collines, l’enjeu principal reste l’organisation interne et la mobilisation des membres :

« L’enregistrement officiel de notre réseau est une priorité. Mais nous faisons face à des difficultés liées aux distances entre nos localités et aux moyens financiers, qui compliquent les regroupements. »

Afin de surmonter ces obstacles, les participants ont convenu de la mise en place d’un cadre de communication commun, notamment à travers la création d’un groupe WhatsApp inter-départemental.

« Cela facilitera le partage d’expériences et la coordination de nos activités », a-t-elle ajouté.

Dans cette dynamique, le superviseur du projet SPAD CLO, Grâce Idjalaoué, a insisté sur la nécessité de passer à l’action. Il a exhorté les alumni à rendre compte des recommandations issues de l’atelier, à dynamiser leurs réseaux respectifs et à s’engager pleinement dans la mise en œuvre effective de leurs plans d’action.

Selon elle, la réussite du projet dépendra de la capacité des participants à transformer les engagements pris en résultats concrets et visibles dans leurs communautés.

 

Une dynamique prometteuse pour l’avenir

Cette conférence nationale marque une étape importante dans la structuration des réseaux d’alumni au Bénin. En favorisant l’échange d’expériences, la mutualisation des efforts et la planification stratégique, elle contribue à renforcer leur rôle en tant qu’acteurs de changement. Au-delà des discussions, les participants repartent avec une vision claire, des priorités définies et un engagement renouvelé à agir.

Dans un contexte où les défis liés à l’éducation, à l’insertion des jeunes et à la protection des enfants demeurent importants, l’implication des alumni apparaît comme un levier essentiel pour impulser des solutions durables et adaptées aux réalités locales.

 


PRO-RePEM : un plan de désengagement structuré pour garantir l’avenir de l’Observatoire de l’Éducation

 

PRO-RePEM : un plan de désengagement structuré pour garantir l’avenir de l’Observatoire de l’Éducation

 

À quelques mois de sa clôture, le Projet de Renforcement des OSC pour la Redevabilité des Politiques Éducatives et leur Mise en œuvre (PRO-RePEM) anticipe l’avenir. Réunis à Dassa-Zoumè les 1er et 2 avril 2026, les acteurs de l’éducation ont validé une feuille de route stratégique visant à assurer la continuité de l’Observatoire de l’Éducation (OE) et de ses démembrements. Entre priorisation des actions, mobilisation des ressources et transfert de compétences, le projet amorce une sortie structurée pour pérenniser ses acquis dans les 77 communes du Bénin.

Mis en œuvre depuis avril 2022 par le Consortium DEDRAS-ONG et Social Watch Bénin (SWB), le PRO-RePEM accompagne l’Observatoire de l’Éducation ainsi que ses structures décentralisées les Observatoires Départementaux de l’Éducation (ODE) et les Observatoires Communaux de l’Éducation (OCE) dans leur mission de suivi des politiques éducatives à l’échelle nationale, couvrant les 77 communes et les 12 départements du Bénin.

À l’approche de sa clôture, le projet anticipe sa sortie à travers une démarche structurée. L’enjeu est de taille : garantir que les acquis ne disparaissent pas avec la fin du financement, mais s’inscrivent dans la durée.

Deux jours de travaux pour définir les priorités

L’atelier a réuni 25 participants, dont l’équipe projet, les membres du consortium, les présidents des ODE, des représentants des OCE, les membres du comité de pilotage de l’OE ainsi que des organisations partenaires notamment la CBO-EPT et APRETECTRA.

Les échanges, conduits selon une approche participative, ont permis d’examiner le plan de désengagement élaboré avec l’appui d’un consultant. Les participants ont ensuite procédé à une priorisation des actions essentielles à mettre en œuvre d’ici la fin du projet.

Au terme des travaux, neuf actions prioritaires ont été retenues avec un budget estimatif et une responsabilisation des acteurs.

Neuf actions pour garantir la pérennité

La feuille de route adoptée s’articule autour de neuf actions clés :

Il s’agit d’abord d’élaborer un plan d’actions participatif et réaliste sous la responsabilité de la présidente de l’OE, à finaliser d’ici fin avril 2026. Ensuite, un renforcement des capacités est prévu au profit de l’OE et de ses démembrements sur des thématiques telles que l’élaboration de projets, la mobilisation de ressources, la négociation et le plaidoyer, avant fin juillet 2026.

Parallèlement, l’OE sera appuyé dans la définition d’une stratégie de mobilisation de ressources d’ici fin juin 2026. Des micro-projets seront également mis en œuvre dans chaque département par les OCE, sur appel à projets, avant fin août 2026.

Le plan prévoit aussi la signature d’un protocole-cadre entre les responsables de la CBO-EPT, DEDRAS et SWB au profit de l’OE et de ses démembrements, d’ici fin octobre 2026 afin d’encourager les différentes structures membres à prendre le relai.

Un pool de formateurs sera constitué pour renforcer les capacités des OCE, tandis qu’un mécanisme de communication interne sera opérationnalisé. Enfin, un système participatif de suivi-évaluation et un plan de transfert de compétences du projet vers l’OE seront mis en place d’ici mi-mai 2026.

Des participants satisfaits et engagés

Les participants ont salué la qualité des travaux et la pertinence des décisions prises.

Le Dr Florentin Bocovo, Président de l’ODE du Zou, a souligné :

« Depuis hier, nous avons examiné les activités du plan de désengagement et priorisé celles à mettre en œuvre pour assurer la pérennisation des acquis. Aujourd’hui, nous avons finalisé la sélection. »

Il identifie trois axes majeurs : le renforcement des capacités, le transfert de compétences et la mobilisation de ressources propres. « Si les observatoires communaux arrivent à mobiliser leurs propres ressources, ils pourront poursuivre leurs activités après le 31 décembre 2026 », a-t-il ajouté.

De son côté, Arsène Adifon, Directeur Exécutif de l’ONG Racines et Président du Conseil d’Administration de la CBO-EPT, a salué une démarche anticipative.

« C’est rare de voir des partenaires penser à l’après-projet. Nous avons travaillé sur la manière dont l’OE pourra continuer après la fin du financement », a-t-il déclaré.

Il précise que les neuf actions ont été hiérarchisées pour s’adapter aux contraintes financières :

« Si tous les financements ne sont pas disponibles, les priorités sont clairement définies, et d’autres partenaires pourront être mobilisés. »

Une mise en œuvre déjà en cours

Selon Sylvain Aloubani, Directeur du PRO-RePEM, les résultats de l’atelier sont déjà pris en compte dans la planification opérationnelle.

« Nous actualisons notre plan de travail annuel en intégrant les activités retenues, avant de le soumettre au partenaire », a-t-il indiqué.

Il ajoute que le projet poursuivra à la fois ses activités programmatiques et celles liées au désengagement, avec une évaluation finale prévue.

Vers une autonomie durable de l’Observatoire

Cet atelier constitue une étape clé dans le processus de clôture du PRO-RePEM. En définissant des actions claires, assorties de délais et de responsabilités, les acteurs posent les bases d’une transition réussie.

Au-delà du désengagement, l’ambition est de garantir que les Observatoires Départementaux et Communaux de l’Éducation continuent de jouer leur rôle de veille citoyenne sur les politiques éducatives dans toutes les communes du Bénin.

Une dynamique qui traduit une volonté forte : faire de l’Observatoire de l’Éducation une structure autonome, durable et pleinement ancrée dans le paysage éducatif national.

 


Sauver la vie des mères et des nouveau-nés : DEDRAS ONG forme des agents de santé sur les SONU en situation humanitaire

 

Sauver la vie des mères et des nouveau-nés : DEDRAS ONG forme des agents de santé sur les SONU en situation humanitaire

 

Du 10 au 13 mars 2026, la ville de Kandi a accueilli une formation intensive sur les Soins Obstétricaux et Néonataux d’Urgence (SONU) en situation humanitaire qui est une innovation qui s’adapte à la situation des départements de l’Atacora et de l’Alibori. Organisée par DEDRAS ONG dans le cadre du Projet de Réduction de la Mortalité Maternelle et Infantile (PRMMI), cette formation réunissait 30 agents de santé venant des Zones sanitaires de Malanville Karimama, Tanguiéta Matéri Cobly et Banikoara et Ségbana.

Un projet né d’une urgence humaine

Lancé en juillet 2025 pour une durée de deux ans, le PRMMI de DEDRAS ONG vise à améliorer durablement la santé des femmes et des enfants dans deux des départements les plus touchés par l’insécurité au nord du Bénin, l’Alibori et l’Atacora. 

Méré Chabi Boum Orou Bodéidjo, Directeur du Projet affirme que « cette formation s’inscrit dans une démarche globale de réduction des décès maternels et infantiles. Dans nos communes d’intervention, une hémorragie du post-partum mal gérée peut être fatale en quelques minutes. Renforcer les compétences des agents de santé, c’est donner une chance supplémentaire à chaque mère, à chaque nouveau-né. ». La formation a démarré avec a démarré avec une présentation sur les principes humanitaires adaptés aux soins de santé pour le renforcement des cliniques mobiles.

Quatre journées intenses de partage entre théorie et pratique

Cette formation a alterné exposés théoriques, études de cas cliniques et travaux pratiques intensifs, encadrés par une équipe de formatrices du système sanitaire de haut niveau. 

Présentation du contexte humanitaire, gestion des hémorragies obstétricales aux différents trimestres, soins essentiels aux nouveau-nés et prise en charge des infections, protocoles liés à l’hypertension artérielle de la grossesse (protocole Sulfate de Magnésium), la réanimation néonatale et la gestion de l’hémorragie du post-partum immédiat tout y était. Les travaux pratiques, ont mis les participants en situation réelle : prise en charge de la prématurité, réanimation sur mannequins, simulations cliniques d’accouchement et d’urgences obstétricales.

 

« En situation humanitaire, les agents de santé font face à des conditions souvent dégradées, avec des ressources limitées. Cette formation leur donne des outils concrets pour agir vite et bien. On offre des formations régulièrement sur les SONU mais en situation humanitaire, c’est bien différent et cette formation est une première pour nos participants. Ils ressortent satisfaits et le bilan que nous faisions est positifs car ils repartent prêts à affronter leur réalité du terrain et avec les compétences nécessaires. » nous dira, Bintou Kora Zaki Gniré, Championne SONU/CDSMEN Atacora et formatrice durant l’activité. 

N’P Voko Cécile, Pédiatre et elle également formatrice, a conduit les sessions sur la réanimation néonatale, les infections néonatales et la prise en charge de la prématurité en contexte de crise. Sa maîtrise des protocoles adaptés aux situations humanitaires a été saluée par l’ensemble des participants.

 

Des participants engagés, des territoires à transformer

Parmi les professionnels de santé mobilisée, des profils variés reflétant la réalité du terrain. Amina Orou Séko, Responsable des Soins Obstétricaux de la Zone Sanitaire de Banikoara, est venue avec des attentes précises et elles sont comblées. « Je repars avec des protocoles actualisés et une confiance renforcée pour intervenir en situation humanitaire. Nous remercions vraiment DEDRAS ONG et son partenaire ERIKS Development Partner pour avoir pensé à nous. » précise-t-elle.

Yvette Séfandé, Infirmière au Centre de Santé de Karimama, partage ce sentiment en affirmant « Ce qui m’a le plus marqué, c’est la partie pratique, les simulations sur mannequins, les mises en situation. Désormais, je me sens mieux préparée à gérer une urgence néonatale. »

 

Des acquis mesurés, une dynamique enclenchée

Un pré-test en début de formation et un post-test à la clôture ont permis de mesurer objectivement la progression des participants sur les connaissances théoriques et les compétences pratiques. Les résultats ont confirmé une nette amélioration des acquis sur l’ensemble des thématiques abordées.

Au-delà des chiffres, c’est une dynamique de qualité des soins qui a été insufflée tout au long des quatre jours : respect des droits des femmes et des nouveau-nés, communication bienveillante, résilience des services de santé et culture de la référence rapide et efficace.  Pour DEDRAS ONG et ses partenaires ERIKS Development Partner et RadioAid, cette formation innovante marque une étape importante dans la mise en œuvre du PRMMI. Mais elle n’est qu’un maillon d’une chaîne plus longue.


PRMMI : Quand les cliniques mobiles deviennent des boucliers contre la mortalité maternelle et infantile

 

PRMMI : Quand les cliniques mobiles deviennent des boucliers contre la mortalité maternelle et infantile

 

Dans le cadre du Projet de Réduction de la Mortalité Maternelle et Infantile (PRMMI), DEDRAS ONG, en partenariat avec ERIKS Development Partner, met en œuvre depuis juillet 2025 une approche innovante visant à rapprocher les soins de santé des populations les plus vulnérables dans les départements de l’Alibori et de l’Atacora : Les cliniques mobiles. Le projet intervient spécifiquement dans les communes de Banikoara, Karimama, Malanville, Matéri, Cobly et Tanguiéta, des zones marquées par des défis d’accès aux soins, notamment pour les Personnes Déplacées Internes (PDI) cible principale du projet.

Une innovation basée sur la proximité et la collaboration

Le caractère innovant des cliniques mobiles réside dans leur approche coordonnée et collaborative pour aller dans les localités à l’accès difficile ou hostile. Dans toutes les communes d’intervention, les sorties sont réalisées avec l’accompagnement des Zones Sanitaires, garantissant ainsi une complémentarité avec le système de santé local et une meilleure continuité des soins. Plutôt que d’attendre les patientes dans des centres de santé parfois éloignés, les équipes médicales vont directement vers les communautés. Cette proximité permet de lever plusieurs barrières : distance, insuffisance de moyens financiers, manque d’information ou contraintes socioculturelles.

Des services vitaux pour les femmes et les enfants

Les cliniques mobiles permettent de réaliser au profit des PDI et des populations vulnérables :

    1. Les CPN (Consultations Prénatales) ;
    1. Les CPON (Consultations Postnatales) ;
    1. Des séances de sensibilisation sur la santé maternelle et infantile et la planification familiale.

À ce jour, plus de 15 sorties ont été effectuées dans le cadre du projet avec plus 566 bénéficiaires. Grâce à ces interventions, de nombreuses femmes ont bénéficié d’un dépistage et d’un suivi à temps des grossesses, évitant ainsi des complications graves à l’accouchement. Une action stratégique pour la réduction durable de la mortalité. Au-delà des chiffres, les cliniques mobiles représentent un levier stratégique majeur dans la lutte contre la mortalité maternelle et infantile. En assurant un dépistage précoce des grossesses à risque, en orientant rapidement les cas compliqués vers les formations sanitaires adaptées et en renforçant les connaissances des femmes sur les signes de danger, le projet agit à la fois sur la prévention et sur la prise en charge. Cette action contribue également à réduire les inégalités d’accès aux soins, restaurer la confiance entre communautés particulièrement des PDI et services de santé, renforcer le système sanitaire local et promouvoir des comportements favorables à la santé maternelle et néonatale.

A. Modibo, bénéficiaire à Malanville, confie : « ce que vous nous apporter est énorme. Honnêtement nous ici à Dèguè Dèguè, on ignorait beaucoup de chose sur la grossesse et même comment prendre soin des enfants. Beaucoup ne vont même pas à l’hôpital. Mais aujourd’hui c’est totalement différent grâce à votre intervention ».

D. E. Nagnitchédé, Responsable de la maternité de Gomparou, commune de Banikoara ajoute que : « ces sorties sont très utiles car beaucoup de femmes, ici à Gomparou par exemple, ont été consultées et certaines affections ont été détectées à temps pour éviter le pire. Nous remercions DEDRAS ONG et son partenaire ERIKS Development Partner pour cette initiative salvatrice ».

Le PRMMI, une intervention communautaire innovante qui va au-delà des cliniques mobiles

Les cliniques mobiles ne constituent qu’un volet du PRMMI. Le projet mène également plusieurs autres actions complémentaires, notamment des stratégies avancées, des séances de sensibilisation intensives sur la santé de la mère et de l’enfant mais aussi sur la santé sexuelle et reproductive. A cela s’ajoute, le renforcement des capacités des acteurs sanitaires locaux.

Le projet ne compte pas s’arrêter là. L’ambition est d’intensifier les sorties, d’élargir la couverture géographique et de consolider davantage le partenariat avec les autorités sanitaires locales afin d’accroître l’impact du projet dans l’Alibori et l’Atacora. DEDRAS ONG et son partenaire réaffirment leur engagement à sauver des vies et à offrir à chaque femme et chaque enfant une chance réelle de vivre en bonne santé.


Renforcement de la cohésion sociale, et gestion des dynamiques migratoires dans l'Alibori : une centaine de leaders outillés.

Renforcement de la cohésion sociale, et gestion des dynamiques migratoires dans l'Alibori : une centaine de leaders outillés.

Dans un contexte régional marqué par la dégradation de la situation sécuritaire au Sahel et la fermeture de la frontière entre le Bénin, le Burkina-Faso et le Niger depuis juillet 2023, les communes frontalières de Banikoara et de Malanville font face à une intensification des flux migratoires. L’arrivée accrue de migrants, de réfugiés et de personnes déplacées internes (PDI) exerce une pression croissante sur les mécanismes locaux de gouvernance, de cohésion sociale et d’accès aux services sociaux de base.

Pour répondre à ces défis, DEDRAS ONG, à travers le projet « d’Appui à la protection et autonomisation des migrants et des populations transfrontalières », a organisé du 10 au 13 février 2026 deux ateliers communaux de renforcement des capacités des populations locales/leaders communautaires et religieux, élus locaux sur les droits et devoirs des migrants et déplacés dans les communes de Banikoara et de Malanville. Exécuté par DEDRAS ONG au Bénin, ce projet sous-régional est porté par la CEDEAO et mis en œuvre avec l’appui technique de l’Organisation Internationale pour la Migration (OIM) grâce au soutien financier de l’Union européenne (UE).

Une approche stratégique pour prévenir les tensions et renforcer la résilience sociale

Au total, 100 acteurs clés, leaders communautaires et religieux, élus locaux, représentants des populations locales et personnes déplacées, ont été formés sur les droits et devoirs des migrants, personnes déplacées et communautés hôtes, les cadres juridiques nationaux et internationaux, les mécanismes de protection et d’orientation vers les services sociaux de base, ainsi que sur les techniques de prévention et de gestion pacifique des conflits.

Les ateliers ont été facilités par Monsieur Eric Togbe, consultant formateur et Chef service des affaires humanitaires à l’Agence Béninoise de Protection Civile (ABPC), sous la coordination de Abel Borori, Directeur du Projet. L’approche participative adoptée a privilégié les études de cas, les travaux de groupe et les échanges d’expériences contextualisés aux réalités de l’Alibori.

Les participants ont été accompagnés dans la compréhension des concepts clés liés à la migration et au déplacement forcé, tout en explorant les réalités locales des déplacés internes et des réfugiés, ainsi que les cadres juridiques et institutionnels nationaux, régionaux et internationaux encadrant leurs droits et devoirs. Les échanges ont également porté sur les impacts sociaux et communautaires de la migration sur la cohésion sociale, les ressources locales et la gouvernance. Des études de cas ont permis d’analyser des situations concrètes de cohabitation et de conflits. L’atelier a ensuite abordé les responsabilités des migrants, déplacés et communautés hôtes, ainsi que le rôle des leaders et élus locaux dans la médiation, le dialogue et la prévention des conflits. Les participants ont élaboré des messages de sensibilisation et des plans d’action communautaires. L’atelier s’est conclu par la restitution des travaux, des recommandations et la formalisation des engagements pour la protection des droits humains et la promotion du vivre-ensemble, offrant ainsi un cadre d’échanges constructifs et renforçant la capacité des acteurs locaux à accompagner les migrants et déplacés dans le respect de leurs droits.

Les leaders religieux, piliers de la cohésion sociale

A Malanville comme à Banikoara les participants ressortent avec une prise de conscience plus effective. « Dans nos communautés, nous avons la responsabilité morale de rappeler que la dignité humaine ne dépend ni de l’origine ni du statut. Migrant ou autochtone, chaque personne mérite respect, protection et considération. » affirme, le Père Adam Nabissiékou, curé de Malanville.

L’Imam central de Malanville, Oumarou Ibrahim Moustapha, a quant-à lui affirmé : « Nos prêches doivent devenir des espaces de sensibilisation à la paix, à la solidarité et à l’acceptation. Cette formation nous donne des outils concrets pour prévenir les tensions et promouvoir la cohésion sociale.»

Tankoano Yempabou Moussa, représentant des réfugiés de Banikoara, ajoutera que : « Cette formation renforce la confiance entre populations hôtes et migrants. Nous nous sentons considérés comme des acteurs à part entière et non seulement comme des bénéficiaires. Nous allons une fois en communauté faire une restitution et inviter nos pairs à mieux respecter nos devoirs pour mieux jouir de nos droits. »

Un engagement durable pour l’inclusion et la paix

En renforçant les capacités des leaders communautaires, religieux et élus locaux, DEDRAS ONG contribue à améliorer la gouvernance locale de la migration, à consolider la cohésion sociale et à promouvoir un environnement inclusif et respectueux des droits humains dans les communes de Banikoara et de Malanville. La cohésion sociale ne se décrète pas : elle se construit par la connaissance, la responsabilité partagée et l’engagement collectif.

Un bilan positif et des perspectives prometteuses :

Pour Abel Borori, Directeur du Projet, le bilan est positif, l’engagement des acteurs et leur présence prouvent que nous pouvons véritablement compter sur le respect de leur engagement. « Nous avons eu au-delà des 100 personnes attendues et la qualité de la formation a été très appréciée. Le contenu était riche, pratique et le facilitateur a su retenir l’attention de tous. Les participants ont désormais des connaissances approfondies sur les droits et devoirs des migrants et des communautés hôtes », précise-t-il.

En termes de perspectives, l’équipe compte à présent se rapprocher plus des cibles avec l’appui des leaders renforcés pour organiser des séances de sensibilisation dans les localités afin de faire passer le message. Cela confirme l’ambition de DEDRAS de bâtir des communautés plus résilientes, mieux informées et engagées dans la promotion des droits, de la responsabilité partagée et du vivre-ensemble durable face aux défis migratoires en Afrique de l’Ouest.


Plateau : 875 Relais communautaires et 30 ASCQ officiellement équipés

Plateau : 875 Relais communautaires et 30 ASCQ officiellement équipés

Une nouvelle étape pour la santé communautaire avec l’appui du gouvernement des États-Unis

Le département du Plateau a franchi un cap décisif dans le renforcement de son système de santé à la base. Le mardi 17 février 2026, 875 Relais communautaires (RC) et 30 Agents de Santé Communautaire Qualifiés (ASCQ) ont reçu un important lot de matériels et d’équipements destinés à améliorer leurs interventions au sein des ménages.

Organisée par DEDRAS ONG, la cérémonie s’est déroulée sous la présidence effective du Préfet du Plateau, en présence des autorités sanitaires, des maires des communes du département, des représentants de l’Ambassade des États-Unis d’Amérique au Bénin, ainsi que des autorités locales. Cette remise officielle marque également le démarrage effectif des activités des Relais communautaires dans le département, conformément à la Politique Nationale de Santé Communautaire.

Un projet structurant pour quatre départements

Dans son allocution, le Coordonnateur national de DEDRAS ONG, Jean KPETERE, a souligné l’importance stratégique de cette initiative.

« Cette cérémonie revêt une importance capitale pour DEDRAS ONG et ses partenaires. Grâce au soutien du gouvernement des Etats-Unis, ces équipements permettront aux relais communautaires d’accomplir pleinement leurs missions et ainsi de sauver des vies au sein de nos communautés », a-t-il déclaré.

Le projet « Renforcement de la Santé Communautaire », mis en œuvre par DEDRAS avec l’appui financier du Gouvernement des États-Unis, couvre quatre départements notamment, l’Atacora, la Donga, le Mono et le Plateau et s’étend sur 22 communes. Au total, 673 381 ménages sont ciblés par les activités du projet, dont 199 682 ménages pour le département du Plateau. Les 875 relais communautaires déployés dans ce département auront pour mission d’assurer des services préventifs de proximité à des dizaines de milliers de ménages, à travers des visites à domicile régulières, l’animation de séances de causeries éducatives, la détection précoce des maladies en communauté ainsi que le référencement des cas vers les structures sanitaires compétentes.

Jean KPETERE a exhorté les participants à ce projet à faire « bon usage » de ces équipements, rappelant qu’ils constituent « un investissement significatif pour répondre concrètement aux problèmes de santé des ménages ».

Une coopération saluée par les autorités préfectorales

Prenant la parole, le Préfet du Plateau, Daniel Valère SETONNOUGBO, a qualifié l’événement « d’étape importante dans l’amélioration de la santé des populations » du département.

Selon lui, la remise de ces équipements permet le démarrage effectif des interventions de santé communautaire basées sur l’approche « Une seule santé », intégrant la santé humaine, animale et environnementale.

Il a salué la vision du gouvernement béninois pour l’opérationnalisation de la Politique Nationale de Santé Communautaire, tout en remerciant le Gouvernement américain pour son accompagnement technique et financier.

« Ces matériels, loin d’être de simples objets, constituent de véritables outils nécessaires pour le renforcement de la demande et de l’offre des services et soins de santé de qualité en milieu communautaire », a-t-il insisté.

Le préfet a également appelé les relais communautaires à faire preuve de responsabilité dans la gestion et l’entretien des équipements afin d’en garantir la durabilité et l’impact sur le long terme.

457 millions FCFA d’équipements pour sauver des vies

Représentant l’Ambassade des États-Unis près le Bénin, la mission diplomatique américaine a réaffirmé son engagement aux côtés du gouvernement béninois pour l’amélioration durable de la santé des populations.

D’une valeur globale de 457 006 255 francs CFA, les équipements remis comprennent 30 ordinateurs portables destinés aux Agents de Santé Communautaire Qualifiés ainsi que 875 kits complets pour les Relais communautaires. Ces kits sont composés notamment de tablettes numériques, de vélos pour faciliter les déplacements vers les ménages, de matériels médicaux techniques, d’ustensiles destinés aux démonstrations culinaires dans le cadre de la promotion nutritionnelle, ainsi que d’équipements de protection individuelle indispensables à l’exercice sécurisé de leurs missions.

Selon le représentant de l’Ambassade, cette dotation s’inscrit dans une coopération étroite avec les autorités sanitaires du Bénin et vise à permettre aux acteurs communautaires de « remplir convenablement leurs missions ».

Vers des communautés plus résilientes

Au-delà de la remise symbolique d’équipements, cette cérémonie traduit une ambition plus large : rapprocher durablement les services de santé des populations.

En renforçant les capacités logistiques et techniques des acteurs de première ligne, le projet entend consolider un système de santé communautaire plus résilient, plus réactif et plus inclusif. Comme l’a résumé le Coordonnateur national de DEDRAS, l’objectif demeure clair : « sauver davantage de vies » et bâtir des communautés mieux protégées, au service du développement durable du Bénin.


Du jus d’ananas à l’entrepreneuriat structuré : comment le projet JBB Bénin transforme le parcours de Charlotte BIDA

Du jus d’ananas à l’entrepreneuriat structuré : comment le projet JBB Bénin transforme le parcours de Charlotte BIDA

En mars 2024, un simple coup de fil allait bouleverser le quotidien de Charlotte BIDA. Transformatrice artisanale de jus et cocktails de fruits à Zè, elle ignorait encore que cet appel du projet Job Business Booster Bénin (JBB Bénin) marquerait le début d’une profonde transformation professionnelle et personnelle.

« C’est la conseillère du projet JBB qui m’a appelée pour un entretien. Après notre rencontre, j’ai été sélectionnée pour la phase de formation. C’est ainsi que tout a commencé », raconte-t-elle avec émotion.

Une sélection exigeante, une formation structurante

Sélectionnée parmi plusieurs candidat(e)s, Charlotte bénéficie alors d’un programme intensif de quatre mois, composé de trois mois de formation théorique suivis d’un mois de pratique.
Les modules abordés couvrent aussi bien les aspects techniques que managériaux : transformation des fruits, production de jus naturels, cocktails, sirops, confitures, règles d’hygiène alimentaire, mais aussi entrepreneuriat, marketing et gestion d’entreprise.

« Nous avons appris à transformer les fruits en plusieurs produits : cocktails, jus, sirops, confitures et agrumes. Mais aussi comment gérer une entreprise, améliorer la qualité de nos produits et mieux vendre », explique-t-elle.

D’une activité artisanale à une unité structurée

Avant son intégration au projet JBB, l’activité de Charlotte restait artisanale et peu structurée, reposant essentiellement sur l’expérience et l’intuition.

« Avant, mes jus d’ananas étaient très simples. Je mettais seulement “jus d’ananas” sur l’étiquette avec mon numéro de téléphone et mon adresse », confie-t-elle.

Grâce aux enseignements reçus, elle professionnalise progressivement sa production. Désormais, chaque produit répond à des standards précis :
• indication des dates de fabrication et de péremption,
• amélioration de l’étiquetage et du packaging,
• choix et entretien adéquats des bouteilles,
• mise en place d’un cahier de gestion rigoureux.

« Aujourd’hui, je tiens un cahier de stock. J’y note les entrées et sorties, les pesées, les quantités produites et les ventes. Chaque étape est bien suivie, du début jusqu’à la fin », précise-t-elle.

JBB Bénin, un levier d’autonomisation économique

Mis en œuvre par DEDRAS ONG, avec l’appui du partenaire Woord en Daad, le projet JBB Bénin vise à renforcer l’autonomie économique des jeunes et des femmes, notamment dans des secteurs porteurs comme la transformation agroalimentaire, la production agricole, l’artisanat et les services.

Ses objectifs sont clairs :
• renforcer les capacités techniques et entrepreneuriales ;
• faciliter l’insertion professionnelle durable ;
• encourager la création et la structuration de micro-entreprises ;
• promouvoir l’emploi décent et la résilience économique locale.

À travers un accompagnement structuré mêlant formation, coaching, suivi post-formation et opportunités de mise en marché, JBB permet aux bénéficiaires de passer de l’informel à des unités économiques viables.

Un produit phare et une montée en puissance

Pour Charlotte, l’impact du projet est immédiat. Son activité connaît un tournant décisif avec la mise au point d’un produit phare : le cocktail ananas–gingembre.

« Grâce à JBB, mon produit phare est désormais le cocktail ananas-gingembre. Nous avons développé plusieurs recettes : ananas-gingembre, ananas-pastèque, ananas-tamarin, ananas-orange, ananas-orange-pastèque… »

Entre novembre 2024 et juin 2025, elle estime avoir produit environ 600 cartons de cocktails, un volume révélateur de la croissance rapide de son entreprise.
Elle produit également du jus concentré pur de gingembre, sans sucre, exclusivement sur commande, avec déjà 8 à 9 cartons écoulés sur la période.

« Mon chiffre d’affaires a augmenté et j’arrive à améliorer peu à peu mon unité de transformation. Je suis confiante : l’avenir s’annonce encore meilleur », affirme-t-elle.

Une entreprise qui crée désormais de l’emploi

À mesure que la production augmente, l’activité de Charlotte ne repose plus uniquement sur ses propres efforts. Elle emploie aujourd’hui quatre collaborateurs, mobilisés à différentes étapes de la chaîne de production : lavage et découpe des fruits, transformation, conditionnement, étiquetage et commercialisation.

« Seule, je ne pouvais plus suivre le rythme. Avec l’augmentation des commandes, j’ai dû m’entourer. Aujourd’hui, nous sommes quatre à travailler ensemble, ce qui nous permet d’aller plus vite, de respecter les délais et d’assurer une meilleure qualité », explique-t-elle.

Cette dynamique collective améliore la célérité du travail, renforce la régularité de la production et positionne l’unité de Charlotte comme une micro-entreprise créatrice d’emplois locaux, en parfaite cohérence avec la vision du projet JBB Bénin.

Une vitrine commerciale décisive : la foire de l’ATDA 7

L’accompagnement de JBB ne s’est pas limité à la formation. Charlotte a également bénéficié d’opportunités de visibilité, notamment lors de la foire organisée par l’ATDA 7 à Calavi en juin 2025.

« J’ai participé à cette foire grâce à JBB. C’était une très belle expérience et j’ai même reçu une attestation de participation. Cela m’a permis de faire connaître mes produits à un public plus large », se réjouit-elle.

Ces espaces constituent un levier stratégique pour la commercialisation, la prospection de nouveaux clients et la création de partenariats durables.

Un impact social et économique tangible

Le parcours de Charlotte BIDA illustre concrètement l’impact du projet JBB Bénin : transformer des initiatives individuelles en entreprises structurées, capables de créer de la valeur économique et sociale.

À travers l’amélioration de la qualité des produits, la rigueur dans la gestion, la montée en compétences des bénéficiaires et la création d’emplois, JBB contribue activement à la lutte contre le chômage des jeunes et la précarité économique des femmes.

Reconnaissante, Charlotte conclut avec gratitude :

« Je remercie sincèrement DEDRAS ONG et Woord en Daad. Grâce à eux, j’ai appris, grandi et renforcé mon entreprise ».

Son témoignage incarne l’espoir porté par des centaines de jeunes et de femmes au Bénin : un avenir économique bâti sur la compétence, la résilience et l’innovation locale.

 


Du jus d’ananas à l’entreprise florissante : le projet JBB Bénin, catalyseur du succès d’Anne-Marie VODOUNON

Du jus d’ananas à l’entreprise florissante : le projet JBB Bénin, catalyseur du succès d’Anne-Marie VODOUNON

Pendant longtemps, Anne-Marie VODOUNON transformait artisanalement l’ananas en jus, sans véritable structuration ni stratégie de gestion. Comme beaucoup de jeunes entrepreneures béninoises, elle faisait preuve de courage et de détermination, mais manquait d’outils techniques et managériaux pour faire prospérer durablement son activité.

Tout a changé lorsqu’elle découvre le projet Job Business Booster Bénin (JBB Bénin).

« Quand j’ai connu le projet JBB, ils m’ont expliqué comment faire pour que mon entreprise puisse bien avancer. Ils m’ont aussi appris à ne pas mélanger l’argent de mon entreprise avec mon argent personnel », raconte-t-elle.

Une formation complète pour structurer l’entrepreneuriat féminin

Mis en œuvre par DEDRAS ONG, avec l’appui de son partenaire Woord en Daad, le projet Job Business Booster Bénin (JBB Bénin) vise à renforcer les capacités entrepreneuriales des jeunes et des femmes, notamment dans les secteurs de la transformation agroalimentaire, de la production végétale et animale, ainsi que de l’artisanat.
Anne-Marie a bénéficié d’une formation complète axée sur :
• la gestion financière,
• la tenue des documents comptables,
• le marketing et la fidélisation de la clientèle,
• la qualité sanitaire des produits,
• la diversification de la production.
« Avec le projet JBB, j’ai appris à tenir mon cahier de production et à tout noter correctement. Aujourd’hui, je sais faire le point sur ma production et mes ventes », explique-t-elle

De la transformation artisanale à la maîtrise technologique

Avant son intégration au projet JBB, Anne-Marie ne produisait que du jus d’ananas, avec des méthodes empiriques de conservation..

« Avant, je ne savais faire que le jus d’ananas. Maintenant, je sais préparer le jus de basilic, de pastèque, les cocktails, les sirops et les confitures. »

L’un des changements majeurs concerne la maîtrise de la pasteurisation, un élément clé pour garantir la sécurité sanitaire et la durabilité des jus.

« Avant, je chauffais mes jus à 60 ou 65 degrés. Mais avec le projet JBB, j’ai appris que pour bien pasteuriser, il faut aller jusqu’à 70 ou 80 degrés, voire entre 90 et 100 degrés pour un bon résultat. »

Grâce à ces nouvelles compétences, ses jus, qui se gâtaient autrefois après trois ou quatre mois, peuvent désormais se conserver jusqu’à douze mois, sans perte de quali
té.
« Maintenant, quand je les prépare bien, ils peuvent durer plus longtemps. »

Une entreprise qui crée de l’emploi local

Avec l’augmentation de la production et la diversification des produits, l’activité d’Anne-Marie a pris une nouvelle dimension. L’entreprise, autrefois portée uniquement par elle, emploie désormais trois personnes qui l’accompagnent au quotidien dans les différentes étapes du travail, notamment la transformation, le conditionnement et la commercialisation.

Cette création d’emplois locaux témoigne du passage d’une activité informelle à une véritable micro-entreprise structurée, capable de générer des revenus non seulement pour sa promotrice, mais aussi pour d’autres ménages.

Une explosion des ventes et une clientèle nationale

Grâce à l’amélioration de la qualité des produits, du conditionnement et de la stratégie commerciale, l’entreprise d’Anne-Marie connaît une croissance remarquable.
« Depuis ma collaboration avec JBB, j’ai déjà produit plus de 500 casiers, que j’ai entièrement vendus. Les commandes viennent de Cotonou, du Nord-Bénin, de Bohicon… tout s’écoule très vite maintenant. »

Cette dynamique commerciale renforce la notoriété de ses produits et consolide la viabilité économique de son entreprise.

Une autonomie économique renforcée par la diversification

Les bénéfices générés par la vente des jus permettent aujourd’hui à Anne-Marie d’investir dans d’autres activités économiques.

« J’ai pu lancer de petites activités commerciales : je vends des produits de première nécessité, des provendes pour porcs et lapins, des sacs de charbon, du maïs, du soja, de la farine de manioc et du sucre. »

Cette diversification constitue une stratégie de résilience économique, réduisant sa vulnérabilité face aux fluctuations du marché.

JBB Bénin : une réponse concrète au défi de l’emploi

Le parcours d’Anne-Marie VODOUNON illustre l’impact concret du projet JBB Bénin dans la lutte contre le chômage et la précarité économique. À travers la formation, l’accompagnement technique, le coaching entrepreneurial et la mise en réseau commerciale, JBB permet à de nombreux jeunes et femmes de transformer leurs micro-activités en entreprises viables, durables et créatrices de valeur.

Aujourd’hui, Anne-Marie se dit épanouie, confiante et reconnaissante.

« Merci à DEDRAS ONG et à son partenaire Woord en Daad pour leur appui à travers le projet JBB. Aujourd’hui, je suis épanouie et très reconnaissante. »

Son histoire démontre que l’investissement dans le capital humain, combiné à un accompagnement adapté, reste l’un des leviers les plus puissants du développement durable et de la création d’emplois au Bénin.