Résilience climatique dans l’Alibori : le PRCI engagé à ne laisser personne de côté

Résilience climatique dans l’Alibori : le PRCI engagé à ne laisser personne de côté

La salle des fêtes de la mairie de Banikoara a servi de cadre, le mardi 30 juin 2026, à un atelier de partage d’expériences sur la réduction inclusive des risques de catastrophes. Organisée par DEDRAS-ONG dans le cadre du Projet de Résilience Climatique Inclusive (PRCI), mis en œuvre dans l’Alibori avec l’appui de CBM, la rencontre a réuni autorités administratives et communales et organisations de personnes handicapées et partenaires techniques autour du bilan des actions menées, et des propositions pour une meilleure intégration du handicap dans la réduction des risques de catastrophes.

Dans son allocution d’ouverture, le premier adjoint au Maire de Banikoara Bio Sénon Bio N’Goyé a rappelé une réalité profondément ancrée dans les communautés rurales : « Au village, celui qui ne part pas au champ n’a pas droit au partage. Les personnes handicapées, n’ayant souvent pas la possibilité d’effectuer les travaux champêtres, se retrouvent donc lésées. Mais cet atelier montre combien elles sont importantes et qu’elles ne sont pas mises de côté. »

À travers cette image, il a salué l’approche inclusive développée par le PRCI, qui contribue à changer les perceptions et à renforcer la participation des personnes handicapées dans les instances locales de gestion des risques.

À l’ouverture des travaux, Jean Kpétéré, Coordonnateur national de DEDRAS ONG, a rappelé que les communes de l’Alibori sont confrontées à des aléas climatiques majeurs inondations, sécheresses, vents violents qui touchent toutes les couches et face auxquels les personnes handicapées sont particulièrement vulnérables. Elles sont souvent plus exposées et moins prises en compte dans les mécanismes de prévention et de gestion. C’est pour briser ce cycle de vulnérabilité que DEDRAS-ONG, avec l’appui technique et financier de CBM (Christian Blind Mission), a déployé le PRCI, de septembre 2025 à juin 2026. « Quand il fait très chaud ou lorsque les inondations surviennent, nous le ressentons tous. Le PRCI a été conçu pour réduire les effets de ces aléas sur l’ensemble de la communauté, sans exception. Cette rencontre est aussi une occasion de recueillir les recommandations des acteurs afin d’améliorer nos interventions et de préparer leur mise à l’échelle. » a-t-il précisé.

Concentré sur dix villages de la commune de Banikoara (Arbonga, Gah Baka, Kaokao, Gokpadou, Kpessanrou, Niekoumbanta Peulh, Sompérékou Peulh, Kégammarou, Poto et Atabenou), le projet étend certaines de ses actions aux cinq autres communes du département de l’Alibori : Gogounou, Kandi, Karimama, Malanville et Ségbana.

PRCI : une approche innovante au service de l’inclusion

L’objectif général du PRCI est de contribuer à la résilience sociale, économique et environnementale des personnes vulnérables, en particulier les personnes handicapées, à travers le renforcement des capacités des communautés à anticiper et à se relever durablement des aléas climatiques et des catastrophes naturelles. Pour y parvenir, le PRCI a engagé plusieurs actions, notamment le renforcement des plateformes communales et locales de réduction des risques de catastrophes et d’adaptation au changement climatique (RRC-ACC), l’accompagnement des Organisations de Personnes Handicapées, la promotion de la participation des personnes handicapées aux mécanismes locaux de gouvernance, la réalisation d’initiatives favorisant une résilience inclusive, l’accompagnement des personnes handicapées pour leur autonomisation et les sensibilisation-formation des communautés face aux changements climatiques.

Albert KORA SABI, Directeur de Projet à DEDRAS-ONG, a tenu à rappeler l’ampleur du chemin parcouru en moins d’un an. « En neuf mois d’intervention, nous avons pu recenser et accompagner 100 personnes handicapées pour réaliser des activités génératrices de revenus, redynamiser dix plateformes locales désormais inclusive, accompagner les plateformes communales de RRC ACC. Seize ménages sinistrés ont reçu un soutien direct certains pour la reconstruction de leurs habitats et d’autres pour des kits alimentaires et un fonds AGR. De plus, plus de 3 256 personnes ont été sensibilisées à la gestion des risques de catastrophes et à l’inclusion du handicap et une cartographie des zones à risque d’inondation a été conduite avec l’Agence Béninoise de Protection Civile (ABPC) dans les six communes du département de l’Alibori. Par ailleurs, les OPH sont accompagnées pour se conformer aux nouvelles lois afin de se donner une existence formelle et légale.

Ce sont des résultats encourageants, mais nous savons qu’il reste encore beaucoup à faire pour couvrir l’ensemble des besoins du département », a-t-il indiqué.

Parmi les acquis salués lors de la rencontre figurent la participation effective des organisations de personnes handicapées aux cadres de concertation des plateformes communales de RRC/ACC, ainsi que l’implication des personnes handicapées dans la mise en œuvre même des activités, notamment les sensibilisations et le choix des bénéficiaires.

Un changement de regard et de vie

Au-delà des statistiques, c’est l’impact humain qui a marqué les esprits lors des échanges. Au nom des bénéficiaires, Bakari Idrissou, président de l’Organisation des personnes handicapées de la commune de Malanville, témoigne d’une véritable transformation : « Grâce à l’accompagnement de DEDRAS-ONG et de CBM, nos organisations ont pu se formaliser, avec désormais une reconnaissance et une existence légale. Nous sommes davantage visibles dans nos communautés et nous avons renforcé notre confiance en nos capacités », confie-t-il avec émotion.

Le Point Focal RRC-ACC, Yacoubou Torou de Malanville a notamment souligné les avancées enregistrées dans sa commune : « Nous sommes en train de plaider auprès des autorités pour réviser l’arrêté portant création de la plateforme communale afin que l’Organisation des Personnes Handicapées devienne un membre à part entière de cette instance. »

Fort de ses quinze années d’expérience dans la gestion des risques de catastrophes, il a également salué l’originalité du PRCI : « En quinze ans d’expérience dans la Réduction des Risques de Catastrophes, c’est le premier projet, à ma connaissance au niveau national, qui met un accent spécifique sur les personnes handicapées. C’est une véritable satisfaction pour nous. »

Des défis de taille pour renforcer l’inclusion

Malgré ces avancées, des défis subsistent : barrières socioculturelles, faible autonomie de plusieurs organisations de personnes handicapées, faible représentativité dans certaines instances de décision et ressources financières insuffisantes pour étendre les actions aux six communes de l’Alibori, malgré la persistance des besoins communautaires. L’atelier a aussi été l’occasion de tirer des leçons : les organisations de personnes handicapées se révèlent être des partenaires techniques essentiels, mais leur accompagnement demeure indispensable pour qu’elles puissent conduire des activités porteuses d’autonomisation ; le faible accès à l’information sur le handicap continue, par ailleurs, d’accentuer les défis d’inclusion sur le terrain.

Les participants ont formulé plusieurs recommandations prioritaires destinées aux pouvoirs publics, aux collectivités territoriales, aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’aux organisations de la société civile. Parmi les principales figurent :

  • Le renforcement du plaidoyer pour intégrer le handicap dans le décret régissant les plateformes communales RRC
  • L’accompagnement des communes dans l’élaboration de plans d’inclusion ;
  • Le renforcement des capacités des OPH ;
  • La promotion de l’éducation inclusive

Procédant à la clôture des travaux, le représentant du préfet de l’Alibori Bio Djimbé Orou Séko, a salué l’engagement de DEDRAS-ONG et de CBM : « Je tiens à remercier chaleureusement DEDRAS-ONG, son partenaire CBM ainsi que l’ensemble des participants pour la qualité des échanges, qui ont permis de formuler des recommandations contribuant à une meilleure prise en compte du handicap dans les politiques de réduction des risques de catastrophes », a-t-il déclaré.

À travers cet atelier, DEDRAS ONG réaffirme son engagement à promouvoir une gouvernance inclusive des risques de catastrophes où les personnes handicapées sont pleinement reconnues comme des acteurs du développement et de la résilience communautaire.

Les recommandations issues des échanges contribueront à renforcer les interventions du Projet de Résilience Climatique Inclusive et alimenteront les réflexions nationales sur une gestion des risques de catastrophes plus équitable, participative et accessible à tous.


Journée de l’Enfant Africain 2026 : dans le Borgou et l’Atacora, l’approche famille hôte redonne dignité et espoir aux enfants vulnérables

Journée de l’Enfant Africain 2026 : dans le Borgou et l’Atacora, l’approche famille hôte redonne dignité et espoir aux enfants vulnérables

 

Chaque 16 juin, l’Afrique célèbre la Journée de l’Enfant Africain pour rappeler l’importance de protéger les droits des enfants et de leur garantir un environnement sûr, protecteur et favorable à leur épanouissement. Cette journée est aussi une occasion de mettre en lumière les initiatives qui contribuent à lutter contre toutes les formes de violence, d’exploitation et de négligence à l’égard des enfants.

Dans le Borgou et l’Atacora, l’approche famille hôte, mise en œuvre par DEDRAS-ONG dans le cadre du projet « Briser les chaînes du travail et de l’exploitation domestique des enfants au Bénin et au Burkina Faso » (BCTEDE), avec l’appui de Woord en Daad et de la Fondation AFAS, s’impose aujourd’hui comme un modèle communautaire efficace de protection de l’enfance. Elle place la solidarité familiale au cœur de la prise en charge des enfants victimes d’abus ou exposés à des situations de vulnérabilité.

623 enfants protégés en deux ans

Depuis le démarrage du projet en 2023, 623 enfants ont été accueillis par des familles hôtes. En 2024, 363 enfants, dont 240 garçons et 123 filles, ont bénéficié de cette mesure de protection. En 2025, 260 autres enfants, dont 87 garçons et 173 filles, ont été pris en charge.

Ces résultats témoignent non seulement de l’ampleur des défis liés à la protection de l’enfance, mais aussi de l’efficacité d’un modèle qui privilégie un cadre familial sécurisant plutôt que l’institutionnalisation.

Pour Soulé Adamou, Directeur du projet :

« Nous ne pouvons garantir l’avenir de ces enfants vulnérables sans des familles hôtes mieux préparées, plus informées et capables d’assurer un encadrement sain. C’est pourquoi, en deux ans, nous avons organisé deux ateliers de formation et de renforcement des capacités de ces familles recrutées afin de consolider leurs compétences pour une prise en charge plus sécurisée et plus humaine. »

Il ajoute :

« Nous voulons que chaque enfant placé en famille hôte retrouve la dignité, la sécurité et l’espoir. Et cela passe par des familles renforcées, engagées et mieux accompagnées. »

Pour Marie Chantal Tottin Assavèdo, Cheffe du Service de la Protection de l’Enfant et de la Famille à la Direction Départementale des Affaires Sociales et de la Microfinance du Borgou :

« Les familles hôtes deviennent souvent le dernier refuge des enfants dont les droits ont été bafoués. C’est une mission noble mais exigeante. »

Elle rappelle également que :

« La protection de l’enfant est une responsabilité partagée. Chaque acteur doit jouer pleinement sa partition. »

Un appui financier essentiel pour les familles hôtes

Afin de garantir une prise en charge adéquate des enfants accueillis, DEDRAS-ONG apporte un appui financier forfaitaire aux familles hôtes pour couvrir les besoins essentiels et réduire la pression économique.

Boniface Biégua témoigne :

« Grâce à l’appui de DEDRAS, de Woord en Daad et de la Fondation AFAS, nous arrivons mieux à répondre aux besoins des enfants. Nous leur disons merci pour cet accompagnement. Ce renforcement de capacité vient à point nommé. Lorsque nous faisons face à des enfants capricieux ou difficiles à gérer, nous devons faire recours au GUPS. »

En cette Journée de l’Enfant Africain, cette expérience menée dans le Borgou et l’Atacora rappelle qu’aucun enfant ne devrait être confronté à l’exploitation, à la violence ou à l’abandon. Elle démontre également que lorsque les communautés, les familles, les services sociaux et les partenaires unissent leurs efforts, il est possible d’offrir à chaque enfant la protection, la dignité et les opportunités auxquelles il a droit.

Car protéger l’enfant aujourd’hui, c’est construire l’Afrique de demain.

Cette version est plus institutionnelle, plus émotionnelle et surtout mieux ancrée dans le message du 16 juin, ce qui la rend plus adaptée à une publication sur le site web et les réseaux sociaux de DEDRAS. Elle met davantage l’accent sur les droits de l’enfant, la protection et l’engagement communautaire tout en valorisant les résultats du projet.


MIGRATION · PROTECTION SOCIALE

MIGRATION · PROTECTION SOCIALE

 

À Kandi, des chiffres pour mieux protéger ceux qui ont tout quitté

DEDRAS ONG a réuni à Kandi les acteurs de terrain pour valider des données sur les migrants et déplacés de l’Alibori. L’objectif : orienter des actions concrètes vers les personnes les plus vulnérables. 

Ils ont fui la violence au Sahel, traversé des frontières fermées, et trouvé refuge dans des communes de l’Alibori qui n’étaient pas préparées à les accueillir. Mais combien sont-ils réellement ? D’où viennent-ils ? Et surtout, de quoi ont-ils besoin pour survivre et se reconstruire ?

C’est pour répondre à ces questions que DEDRAS ONG a organisé, le jeudi 2 avril 2026 à Kandi, un atelier de validation des données sur les migrants et les personnes déplacées internes (PDI).

Une région sous pression depuis 2023

Depuis la fermeture des frontières entre le Bénin, le Burkina Faso et le Niger en juillet 2023, les communes de Banikoara, Malanville et Kandi font face à une arrivée croissante de populations fuyant l’insécurité dans le Sahel. Cette situation exerce une pression importante sur les infrastructures sociales de base, notamment les écoles, les centres de santé, les marchés et les ressources en eau.

Pour les acteurs humanitaires, une réponse efficace passe d’abord par une bonne connaissance des réalités. L’atelier s’inscrit ainsi dans une logique claire : identifier avec précision les populations les plus vulnérables afin de mieux orienter les interventions.

Des profils variés selon les communes

Les données présentées lors de l’atelier révèlent des différences importantes selon les localités.

À Malanville, les déplacés proviennent d’origines diverses. Un peu plus d’un tiers, soit 37,5 %, viennent du Nigéria. Ils sont suivis de près par des personnes originaires de Karimama, qui représentent 35,4 % des déplacés recensés. Les migrants venus du Niger constituent 16,7 %, tandis que ceux en provenance du Burkina Faso représentent une part plus faible, estimée à 6,3 %.

À Banikoara, la situation est nettement différente. La grande majorité des déplacés, soit 70,8 %, vient du Burkina Faso. Les ressortissants du Niger représentent quant à eux 11,8 % des personnes recensées.

Ces variations montrent que les réalités migratoires diffèrent fortement d’une commune à une autre. Elles impliquent des besoins spécifiques, notamment en matière de langue, d’intégration sociale et d’accès aux services. Une réponse uniforme ne serait donc ni efficace ni adaptée.

La faim, une réalité quotidienne

Au-delà des origines géographiques, les données mettent en lumière une situation alimentaire préoccupante, en particulier dans la commune de Banikoara.

Près de 5 % des ménages déclarent dormir régulièrement sans avoir trouvé de repas. Par ailleurs, environ un tiers des familles interrogées ne consomme qu’un seul repas par jour, révélant une forte insécurité alimentaire.

En comparaison, seulement 42,7 % des ménages atteignent les trois repas quotidiens recommandés. Ces chiffres, issus du recensement FMM 2 réalisé en 2026 par DEDRAS ONG, confirment l’urgence d’une intervention ciblée.

Pour les acteurs présents à l’atelier, il devient indispensable de renforcer les activités génératrices de revenus afin de permettre aux ménages les plus vulnérables de retrouver une certaine autonomie alimentaire.

Définir les priorités d’intervention

L’atelier n’a pas seulement servi à présenter des données. Il a également permis aux participants de travailler concrètement sur les critères d’identification des bénéficiaires des aides.

Représentants des Directions départementales de la planification, chefs d’arrondissement et responsables des Guichets uniques de protection sociale (GUPS) ont été mobilisés pour définir des indicateurs clairs permettant de cibler les personnes les plus vulnérables.

Ils ont également relevé certaines limites dans la collecte des données et formulé des recommandations pour améliorer les prochains recensements. Un travail technique, mais essentiel pour garantir l’efficacité et l’équité des interventions futures.

Des outils concrets pour mieux accompagner

La rencontre s’est achevée par la remise d’imprimantes aux GUPS des communes concernées. Ces structures, en première ligne dans l’accueil et l’accompagnement des déplacés, manquent souvent d’équipements de base.

Pour ces guichets, qui enregistrent les bénéficiaires et délivrent des documents administratifs, une imprimante représente un outil indispensable au bon fonctionnement des services.

Le chef de Guichet unique de protection sociale (GUPS) de Banikoara, Luc Tovignon n’a pas manqué d’exprimer sa profonde gratitude envers DEDRAS ONG. « Nous ne pouvons que dire merci à DEDRAS ONG pour son soutien continue. Cette dotation est la bienvenue car elle vient nous soulager. Je tiens à les remercier sincèrement pour leur appui à la communauté en général et au GUPS en particulier » déclare-t-il.

Un projet régional structurant

Cet atelier s’inscrit dans le cadre du projet régional d’appui à la protection et à l’autonomisation des migrants et des populations transfrontalières (FMM 2). Ce programme est porté par la CEDEAO, financé par l’Union européenne et mis en œuvre au Bénin par DEDRAS ONG avec l’appui de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). C’est une activité saluée de tous compte tenu de son importance. Selon Adam Bachirou, Chef d’Arrondissement de Sompérékou dans la commune de Banikoara, « la qualité des présentations et les résultats sont vraiment satisfaisants. Il ne fait aucun doute qu’un travail minutieux a été fait sur le terrain ». L’objectif est de renforcer la protection des migrants, améliorer la gouvernance locale de la migration et favoriser l’insertion économique des populations migrantes et des communautés hôtes dans les zones frontalières.

Des données pour orienter l’action

Les données validées à Kandi serviront désormais de base pour orienter les actions en faveur des populations les plus vulnérables. Elles permettront également d’identifier les besoins encore non couverts et d’ajuster les interventions au plus près des réalités du terrain.

Pour DEDRAS ONG, cette démarche repose sur une conviction forte : une action efficace commence toujours par une bonne compréhension des réalités. Derrière les chiffres, ce sont des vies humaines qu’il s’agit de protéger, accompagner et reconstruire.

 


Tchaourou : Deux écolières sauvées d’un réseau de traite vers le Nigeria grâce à la vigilance communautaire

Tchaourou : Deux écolières sauvées d’un réseau de traite vers le Nigeria grâce à la vigilance communautaire

 

À Sébou-Gah, dans la commune de Tchaourou, le pire a été évité de justesse. Deux fillettes de 11 et 12 ans, prêtes à suivre un trafiquant vers le Nigeria, ont été secourues grâce à la réactivité d’une camarade d’école et à l’intervention du Comité de Veille Villageoise. Récit d’une arrestation nocturne.

Tout commence par les manœuvres d’un courtier aux promesses rutilantes. Safiatou (12 ans) et Koumo (11 ans), toutes deux élèves en classe de CM2 à l’école primaire publique de Sébou-Gah, sont approchées par cet homme qui leur fait miroiter une « rémunération attractive ». L’objectif affiché : les convaincre de le suivre au Nigeria pour y devenir travailleuses domestiques. Séduites par ce plan, les deux amies acceptent de quitter leur foyer en secret.

L’alerte donnée par le gouvernement scolaire

C’est un « grain de sable » dans l’engrenage du trafiquant qui va sauver les fillettes. Selon les faits rapportés, la jeune Koumo, incapable de garder ce lourd secret, finit par se confier à une amie proche. Cette dernière, membre du gouvernement scolaire et sensibilisée aux risques d’exploitation par le projet BC-TEDE, comprend immédiatement la gravité de la situation. Elle choisit alors d’alerter son père, lui-même membre du Comité de Veille Villageoise (CVV).

Comme le souligne le récit de l’incident, cet acte de bravoure a permis de mettre immédiatement en place un dispositif de surveillance autour des familles.

Une interception nocturne au pied d’un pont

Le dénouement se joue dans la nuit du mercredi 17 décembre 2025. Constatant l’absence des deux filles après l’heure du coucher, les membres du CVV engagent des recherches. Grâce aux informations précises de la camarade ayant donné l’alerte, les pisteurs se dirigent vers la sortie du village, à environ 3 km de là, près d’un pont. C’est là que les deux enfants attendaient leur « passeur ».

Dissimulés dans l’obscurité, les membres du comité ont attendu l’arrivée du trafiquant aux environs de minuit. Alors que ce dernier commençait à discuter des modalités du départ avec les victimes, les membres du CVV sont intervenus pour procéder à son arrestation en flagrant délit.

La justice saisie, les enfants retournent à l’école

Le suspect n’a pas tardé à être remis aux forces de l’ordre. Il est actuellement poursuivi devant le Tribunal de Première Instance de Parakou pour traite d’enfants. Quant à Safiatou et Koumo, elles ont pu reprendre le chemin des classes et continuent normalement leur scolarité.

Pour les acteurs locaux, cette réussite est la preuve que « la protection des enfants est l’affaire de tous ». Ils estiment que la combinaison de la vigilance communautaire et des programmes de sensibilisation, comme ceux portés par le projet BC-TEDE, reste le meilleur rempart contre l’exploitation des plus vulnérables.

 


Art oratoire contre le mariage forcé : des élèves du Zou et des Collines s'engagent

Art oratoire contre le mariage forcé : des élèves du Zou et des Collines s'engagent

 

DEDRAS ONG a organisé des olympiades d’art oratoire dans deux départements du Bénin dans le cadre du projet SPAD PIIA. Une occasion offerte à des centaines d’élèves de prendre la parole pour défendre les droits des enfants.

Des concours pour parler de mariage forcé

Des apprenants des écoles primaires publiques des départements du Zou et des Collines ont participé aux olympiades d’art oratoire organisées par le programme SPAD PIIA. Ce concours de génie en herbe a eu lieu respectivement les 26 mars 2026 à Bohicon et le 27 mars 2026 à Dassa. Le thème retenu était : « Non au mariage forcé des enfants ».

L’évènement entre dans le cadre du projet SPAD financé par Plan International Bénin et mis en œuvre par DEDRAS ONG. Ces olympiades visent à donner aux enfants un espace pour s’exprimer, argumenter et défendre leurs droits.

À Bohicon, une élève remporte la première place

Dans le département du Zou, la phase finale a rassemblé les meilleurs candidats des différentes communes. Jennifer Dossa, élève de l’EPP Zogba/A, a remporté la première place. Elle a parlé des conséquences du mariage précoce sur l’avenir des jeunes filles : abandon scolaire, dépendance économique et perte de chances.

Mireille Tonoukouin, de l’EPP Don-Zoukoutoudja, a terminé deuxième. Elle a axé son discours sur le rôle des parents et des communautés dans la protection des enfants. Libéré Adjakossa, de l’EPP Zazin, a complété le podium. Dans le public, les réactions ont été vives. « On ne s’attend pas à entendre des enfants parler avec autant de conviction de sujets aussi importants », a confié un enseignant présent dans la salle.

À Dassa, un score de 19,66 pour la première place

Dans le département des Collines, dix finalistes ont concouru à l’EPP Dassa Carrefour. Edwige Dossa, de l’EPP Bétou A, a remporté la compétition avec un score de 19,66. Son discours portait sur les conséquences sociales et psychologiques du mariage forcé. Léa C. Djimba, de l’EPP Adougou-Agah, et Benjamine Tonoukoin, de l’EPP Lokossa A, ont partagé la deuxième place.

Des compétences utiles au-delà du concours

Ces olympiades ont permis aux élèves de développer des compétences concrètes : prise de parole en public, esprit critique et confiance en soi. Pour les organisateurs, l’objectif dépasse la compétition. En donnant la parole aux enfants, le programme SPAD PIIA vise à faire d’eux des acteurs capables d’influencer leur entourage sur des questions sociales importantes.

Le mariage forcé reste une réalité dans certaines zones du Bénin. Ces compétitions constituent un outil de sensibilisation directe auprès des communautés, à travers la voix des enfants eux-mêmes.

 


Éducation au Bénin : DEDRAS se distingue lors du lancement des projets pilotes de l’IFADEM avec les ONGs locales.

Éducation au Bénin : DEDRAS se distingue lors du lancement des projets pilotes de l’IFADEM avec les ONGs locales

 

Les acteurs du secteur éducatif se sont réunis à Parakou, le vendredi 27 mars 2026 pour le lancement officiel des projets pilotes de l’Initiative francophone pour la formation à distance des maîtres (IFADEM). Cette étape marque une avancée dans les efforts de renforcement des compétences des enseignants au Bénin. La cérémonie s’inscrit dans la continuité d’un processus participatif ayant mobilisé plusieurs parties prenantes, notamment des ONG locales, des cadres éducatifs et des partenaires techniques issus des départements du Borgou, de l’Alibori, de l’Atacora, de la Donga et du Couffo.

En amont, un atelier de co-construction a permis de poser les bases opérationnelles des interventions. Conduit par APEFE, en collaboration avec le Ministère des Enseignements Maternel et Primaire à travers l’INFRE, ce cadre d’échanges a également bénéficié de l’appui d’organisations internationales telles que Handicap International, Educo et Plan Bénin.

Les participants ont unanimement salué la qualité des travaux, mettant en avant la pertinence des orientations définies et la forte implication des acteurs. Le bilan de cet atelier a été jugé satisfaisant, avec des perspectives claires pour le déploiement des projets pilotes sur le terrain.

DEDRAS ONG, une proposition qui fait la différence

Lors de la cérémonie de lancement, les ONG locales ont présenté leurs plans d’action. Parmi elles, DEDRAS ONG a particulièrement retenu l’attention. Portée par le Directeur du projet Éducation Parrainage, Arthur Bio Sika, la présentation de l’organisation s’est distinguée par sa rigueur méthodologique, son caractère innovant et son alignement avec les objectifs de l’IFADEM. Au cœur de ce plan d’action figure notamment une activité intitulée « Article de la semaine », pensée pour renforcer l’appropriation du règlement intérieur par les élèves. Chaque lundi, lors de la cérémonie des couleurs, un(e) animateur(rice) de DEDRAS consacre dix minutes à la lecture d’un article du règlement, suivi d’un débat ouvert, d’un exemple concret tiré de la vie scolaire locale, puis d’un engagement collectif des élèves à travers un slogan ou un geste symbolique. Une démarche hebdomadaire, structurée et participative, qui aborde des thématiques aussi essentielles que le genre, le handicap, la paix, l’environnement et le numérique.

En associant enseignants et direction à chaque séance, DEDRAS inscrit cette initiative dans une dynamique communautaire et orientée vers des changements de comportement durables. Une prestation saluée par plusieurs participants, qui y ont vu une approche structurée et orientée vers des résultats concrets.

Prenant la parole, Pierre Chanou, Secrétaire exécutif de l’IFADEM et Directeur de l’INFRE, a souligné l’importance stratégique de cette phase pilote. Représentant le Ministre des Enseignements Maternel et Primaire, il a officiellement lancé les projets, tout en félicitant les ONG pour la qualité du travail préparatoire.

 

Un engagement constant en faveur de l’éducation

Déjà bien implantée dans le secteur éducatif, DEDRAS ONG multiplie les initiatives visant à améliorer la gouvernance et la qualité de l’enseignement. L’organisation met notamment en œuvre le projet PRO-RePEM, axé sur le renforcement du rôle des organisations de la société civile dans les politiques éducatives.

La présence de ce projet lors de la cérémonie illustre la cohérence stratégique de DEDRAS ONG, ainsi que sa capacité à articuler ses interventions autour de priorités nationales.

Un programme ambitieux pour transformer l’enseignement

Cofinancée par la Coopération belge fédérale, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), l’IFADEM repose sur une approche innovante combinant formation à distance, accompagnement pédagogique et outils numériques.

À travers le lancement de ces projets pilotes, une nouvelle dynamique est enclenchée pour améliorer durablement la qualité de l’enseignement au Bénin. L’implication active des ONG locales, à l’image de DEDRAS ONG, apparaît comme un levier essentiel pour atteindre les résultats attendus sur le terrain.

 


Dassa-Zoumè : les alumni se mobilisent pour accélérer la mise en œuvre de leurs plans d’action

Dassa-Zoumè : les alumni se mobilisent pour accélérer la mise en œuvre de leurs plans d’action

 

Les représentants des réseaux d’alumni de plusieurs départements du Bénin ont pris part à une conférence nationale consacrée à l’évaluation et à l’opérationnalisation de leurs plans d’action. Réunis les 2 et 3 avril 2026 à Dassa-Zoumè, cette rencontre stratégique visait à renforcer la coordination entre les réseaux, identifier les défis et définir des solutions concrètes pour une mise en œuvre plus efficace de leurs initiatives en faveur des jeunes et des communautés.

 

Un cadre d’évaluation et de réorientation stratégique

Pendant deux jours, les participants ont travaillé dans une approche participative axée sur l’analyse critique des actions menées jusque-là. L’objectif principal était d’évaluer les plans d’action existants, d’identifier les activités réalisées, celles en cours et celles non exécutées, puis de proposer des ajustements réalistes.

Trois réseaux départementaux Couffo, Zou et Collines ont ainsi présenté leurs bilans respectifs, mettant en lumière à la fois les progrès enregistrés et les difficultés rencontrées.

À l’issue des travaux, une reprogrammation des activités a été effectuée, avec l’élaboration d’un plan opérationnel pour le deuxième trimestre de l’année 2026. Cette planification vise à accélérer la mise en œuvre des actions prioritaires, tout en clarifiant les responsabilités de chaque membre.

 

Un projet soutenu pour renforcer l’engagement des jeunes

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet SPAD CLO, mis en œuvre avec l’appui financier de Plan International Bénin.

À travers ce soutien, le projet vise à renforcer le leadership des jeunes, en particulier des anciens bénéficiaires (alumni), afin qu’ils deviennent des acteurs engagés dans le développement de leurs communautés.

L’atelier de Dassa-Zoumè apparaît ainsi comme une étape clé pour consolider les acquis du projet, structurer les réseaux et garantir une mise en œuvre efficace des plans d’action définis par les jeunes eux-mêmes.

 

Des avancées concrètes, mais des défis persistants

Pour Raoul Edah, organisateur général du réseau du Couffo, cet atelier a permis de renforcer la dynamique collective et d’apporter plus de clarté dans l’action :

« Nous avons évalué nos activités et réorganisé celles qui restaient à faire. Aujourd’hui, chaque membre sait clairement ce qu’il doit faire pour rendre le plan d’action opérationnel. »

Il souligne également les progrès réalisés par son réseau, notamment la formalisation de leur association, la mise en place d’un répertoire des alumni et l’accompagnement scolaire des élèves à travers des travaux dirigés.

Cependant, malgré ces avancées, plusieurs défis subsistent, notamment en matière de mobilisation des membres et de ressources financières.

 

L’éducation et la sensibilisation au cœur des priorités

Les réseaux d’alumni entendent jouer un rôle actif dans l’amélioration des conditions d’apprentissage des jeunes. À ce titre, plusieurs activités prioritaires ont été retenues pour le trimestre en cours par le réseau du Couffo.

Il s’agit notamment de l’accompagnement des élèves dans la préparation des examens (CEP, BEPC et BAC), à travers l’organisation de travaux dirigés et de sessions de renforcement de capacités.

Par ailleurs, les participants ont mis un accent particulier sur la sensibilisation des parents et des adolescents aux questions de santé et d’éducation à la vie familiale.
« Nous voulons amener les parents à discuter avec leurs enfants des questions de sexualité, afin de mieux les préparer et les protéger », a expliqué Raoul Edah.
Des initiatives environnementales et citoyennes, telles que des activités de reboisement et des campagnes de sensibilisation contre les violences faites aux enfants, figurent également dans les perspectives.

 

Renforcer la coordination et passer à l’action

Au-delà des activités de terrain, la conférence a mis en évidence la nécessité de renforcer la collaboration entre les différents réseaux d’alumni. Du côté des réseaux du Zou et des Collines, les défis sont les difficultés et défis sont les mêmes.

Pour Angélique Ganvidé, présidente du réseau des Collines, l’enjeu principal reste l’organisation interne et la mobilisation des membres :

« L’enregistrement officiel de notre réseau est une priorité. Mais nous faisons face à des difficultés liées aux distances entre nos localités et aux moyens financiers, qui compliquent les regroupements. »

Afin de surmonter ces obstacles, les participants ont convenu de la mise en place d’un cadre de communication commun, notamment à travers la création d’un groupe WhatsApp inter-départemental.

« Cela facilitera le partage d’expériences et la coordination de nos activités », a-t-elle ajouté.

Dans cette dynamique, le superviseur du projet SPAD CLO, Grâce Idjalaoué, a insisté sur la nécessité de passer à l’action. Il a exhorté les alumni à rendre compte des recommandations issues de l’atelier, à dynamiser leurs réseaux respectifs et à s’engager pleinement dans la mise en œuvre effective de leurs plans d’action.

Selon elle, la réussite du projet dépendra de la capacité des participants à transformer les engagements pris en résultats concrets et visibles dans leurs communautés.

 

Une dynamique prometteuse pour l’avenir

Cette conférence nationale marque une étape importante dans la structuration des réseaux d’alumni au Bénin. En favorisant l’échange d’expériences, la mutualisation des efforts et la planification stratégique, elle contribue à renforcer leur rôle en tant qu’acteurs de changement. Au-delà des discussions, les participants repartent avec une vision claire, des priorités définies et un engagement renouvelé à agir.

Dans un contexte où les défis liés à l’éducation, à l’insertion des jeunes et à la protection des enfants demeurent importants, l’implication des alumni apparaît comme un levier essentiel pour impulser des solutions durables et adaptées aux réalités locales.

 


PRO-RePEM : un plan de désengagement structuré pour garantir l’avenir de l’Observatoire de l’Éducation

 

PRO-RePEM : un plan de désengagement structuré pour garantir l’avenir de l’Observatoire de l’Éducation

 

À quelques mois de sa clôture, le Projet de Renforcement des OSC pour la Redevabilité des Politiques Éducatives et leur Mise en œuvre (PRO-RePEM) anticipe l’avenir. Réunis à Dassa-Zoumè les 1er et 2 avril 2026, les acteurs de l’éducation ont validé une feuille de route stratégique visant à assurer la continuité de l’Observatoire de l’Éducation (OE) et de ses démembrements. Entre priorisation des actions, mobilisation des ressources et transfert de compétences, le projet amorce une sortie structurée pour pérenniser ses acquis dans les 77 communes du Bénin.

Mis en œuvre depuis avril 2022 par le Consortium DEDRAS-ONG et Social Watch Bénin (SWB), le PRO-RePEM accompagne l’Observatoire de l’Éducation ainsi que ses structures décentralisées les Observatoires Départementaux de l’Éducation (ODE) et les Observatoires Communaux de l’Éducation (OCE) dans leur mission de suivi des politiques éducatives à l’échelle nationale, couvrant les 77 communes et les 12 départements du Bénin.

À l’approche de sa clôture, le projet anticipe sa sortie à travers une démarche structurée. L’enjeu est de taille : garantir que les acquis ne disparaissent pas avec la fin du financement, mais s’inscrivent dans la durée.

Deux jours de travaux pour définir les priorités

L’atelier a réuni 25 participants, dont l’équipe projet, les membres du consortium, les présidents des ODE, des représentants des OCE, les membres du comité de pilotage de l’OE ainsi que des organisations partenaires notamment la CBO-EPT et APRETECTRA.

Les échanges, conduits selon une approche participative, ont permis d’examiner le plan de désengagement élaboré avec l’appui d’un consultant. Les participants ont ensuite procédé à une priorisation des actions essentielles à mettre en œuvre d’ici la fin du projet.

Au terme des travaux, neuf actions prioritaires ont été retenues avec un budget estimatif et une responsabilisation des acteurs.

Neuf actions pour garantir la pérennité

La feuille de route adoptée s’articule autour de neuf actions clés :

Il s’agit d’abord d’élaborer un plan d’actions participatif et réaliste sous la responsabilité de la présidente de l’OE, à finaliser d’ici fin avril 2026. Ensuite, un renforcement des capacités est prévu au profit de l’OE et de ses démembrements sur des thématiques telles que l’élaboration de projets, la mobilisation de ressources, la négociation et le plaidoyer, avant fin juillet 2026.

Parallèlement, l’OE sera appuyé dans la définition d’une stratégie de mobilisation de ressources d’ici fin juin 2026. Des micro-projets seront également mis en œuvre dans chaque département par les OCE, sur appel à projets, avant fin août 2026.

Le plan prévoit aussi la signature d’un protocole-cadre entre les responsables de la CBO-EPT, DEDRAS et SWB au profit de l’OE et de ses démembrements, d’ici fin octobre 2026 afin d’encourager les différentes structures membres à prendre le relai.

Un pool de formateurs sera constitué pour renforcer les capacités des OCE, tandis qu’un mécanisme de communication interne sera opérationnalisé. Enfin, un système participatif de suivi-évaluation et un plan de transfert de compétences du projet vers l’OE seront mis en place d’ici mi-mai 2026.

Des participants satisfaits et engagés

Les participants ont salué la qualité des travaux et la pertinence des décisions prises.

Le Dr Florentin Bocovo, Président de l’ODE du Zou, a souligné :

« Depuis hier, nous avons examiné les activités du plan de désengagement et priorisé celles à mettre en œuvre pour assurer la pérennisation des acquis. Aujourd’hui, nous avons finalisé la sélection. »

Il identifie trois axes majeurs : le renforcement des capacités, le transfert de compétences et la mobilisation de ressources propres. « Si les observatoires communaux arrivent à mobiliser leurs propres ressources, ils pourront poursuivre leurs activités après le 31 décembre 2026 », a-t-il ajouté.

De son côté, Arsène Adifon, Directeur Exécutif de l’ONG Racines et Président du Conseil d’Administration de la CBO-EPT, a salué une démarche anticipative.

« C’est rare de voir des partenaires penser à l’après-projet. Nous avons travaillé sur la manière dont l’OE pourra continuer après la fin du financement », a-t-il déclaré.

Il précise que les neuf actions ont été hiérarchisées pour s’adapter aux contraintes financières :

« Si tous les financements ne sont pas disponibles, les priorités sont clairement définies, et d’autres partenaires pourront être mobilisés. »

Une mise en œuvre déjà en cours

Selon Sylvain Aloubani, Directeur du PRO-RePEM, les résultats de l’atelier sont déjà pris en compte dans la planification opérationnelle.

« Nous actualisons notre plan de travail annuel en intégrant les activités retenues, avant de le soumettre au partenaire », a-t-il indiqué.

Il ajoute que le projet poursuivra à la fois ses activités programmatiques et celles liées au désengagement, avec une évaluation finale prévue.

Vers une autonomie durable de l’Observatoire

Cet atelier constitue une étape clé dans le processus de clôture du PRO-RePEM. En définissant des actions claires, assorties de délais et de responsabilités, les acteurs posent les bases d’une transition réussie.

Au-delà du désengagement, l’ambition est de garantir que les Observatoires Départementaux et Communaux de l’Éducation continuent de jouer leur rôle de veille citoyenne sur les politiques éducatives dans toutes les communes du Bénin.

Une dynamique qui traduit une volonté forte : faire de l’Observatoire de l’Éducation une structure autonome, durable et pleinement ancrée dans le paysage éducatif national.

 


Sauver la vie des mères et des nouveau-nés : DEDRAS ONG forme des agents de santé sur les SONU en situation humanitaire

 

Sauver la vie des mères et des nouveau-nés : DEDRAS ONG forme des agents de santé sur les SONU en situation humanitaire

 

Du 10 au 13 mars 2026, la ville de Kandi a accueilli une formation intensive sur les Soins Obstétricaux et Néonataux d’Urgence (SONU) en situation humanitaire qui est une innovation qui s’adapte à la situation des départements de l’Atacora et de l’Alibori. Organisée par DEDRAS ONG dans le cadre du Projet de Réduction de la Mortalité Maternelle et Infantile (PRMMI), cette formation réunissait 30 agents de santé venant des Zones sanitaires de Malanville Karimama, Tanguiéta Matéri Cobly et Banikoara et Ségbana.

Un projet né d’une urgence humaine

Lancé en juillet 2025 pour une durée de deux ans, le PRMMI de DEDRAS ONG vise à améliorer durablement la santé des femmes et des enfants dans deux des départements les plus touchés par l’insécurité au nord du Bénin, l’Alibori et l’Atacora. 

Méré Chabi Boum Orou Bodéidjo, Directeur du Projet affirme que « cette formation s’inscrit dans une démarche globale de réduction des décès maternels et infantiles. Dans nos communes d’intervention, une hémorragie du post-partum mal gérée peut être fatale en quelques minutes. Renforcer les compétences des agents de santé, c’est donner une chance supplémentaire à chaque mère, à chaque nouveau-né. ». La formation a démarré avec a démarré avec une présentation sur les principes humanitaires adaptés aux soins de santé pour le renforcement des cliniques mobiles.

Quatre journées intenses de partage entre théorie et pratique

Cette formation a alterné exposés théoriques, études de cas cliniques et travaux pratiques intensifs, encadrés par une équipe de formatrices du système sanitaire de haut niveau. 

Présentation du contexte humanitaire, gestion des hémorragies obstétricales aux différents trimestres, soins essentiels aux nouveau-nés et prise en charge des infections, protocoles liés à l’hypertension artérielle de la grossesse (protocole Sulfate de Magnésium), la réanimation néonatale et la gestion de l’hémorragie du post-partum immédiat tout y était. Les travaux pratiques, ont mis les participants en situation réelle : prise en charge de la prématurité, réanimation sur mannequins, simulations cliniques d’accouchement et d’urgences obstétricales.

 

« En situation humanitaire, les agents de santé font face à des conditions souvent dégradées, avec des ressources limitées. Cette formation leur donne des outils concrets pour agir vite et bien. On offre des formations régulièrement sur les SONU mais en situation humanitaire, c’est bien différent et cette formation est une première pour nos participants. Ils ressortent satisfaits et le bilan que nous faisions est positifs car ils repartent prêts à affronter leur réalité du terrain et avec les compétences nécessaires. » nous dira, Bintou Kora Zaki Gniré, Championne SONU/CDSMEN Atacora et formatrice durant l’activité. 

N’P Voko Cécile, Pédiatre et elle également formatrice, a conduit les sessions sur la réanimation néonatale, les infections néonatales et la prise en charge de la prématurité en contexte de crise. Sa maîtrise des protocoles adaptés aux situations humanitaires a été saluée par l’ensemble des participants.

 

Des participants engagés, des territoires à transformer

Parmi les professionnels de santé mobilisée, des profils variés reflétant la réalité du terrain. Amina Orou Séko, Responsable des Soins Obstétricaux de la Zone Sanitaire de Banikoara, est venue avec des attentes précises et elles sont comblées. « Je repars avec des protocoles actualisés et une confiance renforcée pour intervenir en situation humanitaire. Nous remercions vraiment DEDRAS ONG et son partenaire ERIKS Development Partner pour avoir pensé à nous. » précise-t-elle.

Yvette Séfandé, Infirmière au Centre de Santé de Karimama, partage ce sentiment en affirmant « Ce qui m’a le plus marqué, c’est la partie pratique, les simulations sur mannequins, les mises en situation. Désormais, je me sens mieux préparée à gérer une urgence néonatale. »

 

Des acquis mesurés, une dynamique enclenchée

Un pré-test en début de formation et un post-test à la clôture ont permis de mesurer objectivement la progression des participants sur les connaissances théoriques et les compétences pratiques. Les résultats ont confirmé une nette amélioration des acquis sur l’ensemble des thématiques abordées.

Au-delà des chiffres, c’est une dynamique de qualité des soins qui a été insufflée tout au long des quatre jours : respect des droits des femmes et des nouveau-nés, communication bienveillante, résilience des services de santé et culture de la référence rapide et efficace.  Pour DEDRAS ONG et ses partenaires ERIKS Development Partner et RadioAid, cette formation innovante marque une étape importante dans la mise en œuvre du PRMMI. Mais elle n’est qu’un maillon d’une chaîne plus longue.


PRMMI : Quand les cliniques mobiles deviennent des boucliers contre la mortalité maternelle et infantile

 

PRMMI : Quand les cliniques mobiles deviennent des boucliers contre la mortalité maternelle et infantile

 

Dans le cadre du Projet de Réduction de la Mortalité Maternelle et Infantile (PRMMI), DEDRAS ONG, en partenariat avec ERIKS Development Partner, met en œuvre depuis juillet 2025 une approche innovante visant à rapprocher les soins de santé des populations les plus vulnérables dans les départements de l’Alibori et de l’Atacora : Les cliniques mobiles. Le projet intervient spécifiquement dans les communes de Banikoara, Karimama, Malanville, Matéri, Cobly et Tanguiéta, des zones marquées par des défis d’accès aux soins, notamment pour les Personnes Déplacées Internes (PDI) cible principale du projet.

Une innovation basée sur la proximité et la collaboration

Le caractère innovant des cliniques mobiles réside dans leur approche coordonnée et collaborative pour aller dans les localités à l’accès difficile ou hostile. Dans toutes les communes d’intervention, les sorties sont réalisées avec l’accompagnement des Zones Sanitaires, garantissant ainsi une complémentarité avec le système de santé local et une meilleure continuité des soins. Plutôt que d’attendre les patientes dans des centres de santé parfois éloignés, les équipes médicales vont directement vers les communautés. Cette proximité permet de lever plusieurs barrières : distance, insuffisance de moyens financiers, manque d’information ou contraintes socioculturelles.

Des services vitaux pour les femmes et les enfants

Les cliniques mobiles permettent de réaliser au profit des PDI et des populations vulnérables :

    1. Les CPN (Consultations Prénatales) ;
    1. Les CPON (Consultations Postnatales) ;
    1. Des séances de sensibilisation sur la santé maternelle et infantile et la planification familiale.

À ce jour, plus de 15 sorties ont été effectuées dans le cadre du projet avec plus 566 bénéficiaires. Grâce à ces interventions, de nombreuses femmes ont bénéficié d’un dépistage et d’un suivi à temps des grossesses, évitant ainsi des complications graves à l’accouchement. Une action stratégique pour la réduction durable de la mortalité. Au-delà des chiffres, les cliniques mobiles représentent un levier stratégique majeur dans la lutte contre la mortalité maternelle et infantile. En assurant un dépistage précoce des grossesses à risque, en orientant rapidement les cas compliqués vers les formations sanitaires adaptées et en renforçant les connaissances des femmes sur les signes de danger, le projet agit à la fois sur la prévention et sur la prise en charge. Cette action contribue également à réduire les inégalités d’accès aux soins, restaurer la confiance entre communautés particulièrement des PDI et services de santé, renforcer le système sanitaire local et promouvoir des comportements favorables à la santé maternelle et néonatale.

A. Modibo, bénéficiaire à Malanville, confie : « ce que vous nous apporter est énorme. Honnêtement nous ici à Dèguè Dèguè, on ignorait beaucoup de chose sur la grossesse et même comment prendre soin des enfants. Beaucoup ne vont même pas à l’hôpital. Mais aujourd’hui c’est totalement différent grâce à votre intervention ».

D. E. Nagnitchédé, Responsable de la maternité de Gomparou, commune de Banikoara ajoute que : « ces sorties sont très utiles car beaucoup de femmes, ici à Gomparou par exemple, ont été consultées et certaines affections ont été détectées à temps pour éviter le pire. Nous remercions DEDRAS ONG et son partenaire ERIKS Development Partner pour cette initiative salvatrice ».

Le PRMMI, une intervention communautaire innovante qui va au-delà des cliniques mobiles

Les cliniques mobiles ne constituent qu’un volet du PRMMI. Le projet mène également plusieurs autres actions complémentaires, notamment des stratégies avancées, des séances de sensibilisation intensives sur la santé de la mère et de l’enfant mais aussi sur la santé sexuelle et reproductive. A cela s’ajoute, le renforcement des capacités des acteurs sanitaires locaux.

Le projet ne compte pas s’arrêter là. L’ambition est d’intensifier les sorties, d’élargir la couverture géographique et de consolider davantage le partenariat avec les autorités sanitaires locales afin d’accroître l’impact du projet dans l’Alibori et l’Atacora. DEDRAS ONG et son partenaire réaffirment leur engagement à sauver des vies et à offrir à chaque femme et chaque enfant une chance réelle de vivre en bonne santé.