Renforcement de la cohésion sociale, et gestion des dynamiques migratoires dans l'Alibori : une centaine de leaders outillés.
Renforcement de la cohésion sociale, et gestion des dynamiques migratoires dans l'Alibori : une centaine de leaders outillés.
Dans un contexte régional marqué par la dégradation de la situation sécuritaire au Sahel et la fermeture de la frontière entre le Bénin, le Burkina-Faso et le Niger depuis juillet 2023, les communes frontalières de Banikoara et de Malanville font face à une intensification des flux migratoires. L’arrivée accrue de migrants, de réfugiés et de personnes déplacées internes (PDI) exerce une pression croissante sur les mécanismes locaux de gouvernance, de cohésion sociale et d’accès aux services sociaux de base.
Pour répondre à ces défis, DEDRAS ONG, à travers le projet « d’Appui à la protection et autonomisation des migrants et des populations transfrontalières », a organisé du 10 au 13 février 2026 deux ateliers communaux de renforcement des capacités des populations locales/leaders communautaires et religieux, élus locaux sur les droits et devoirs des migrants et déplacés dans les communes de Banikoara et de Malanville. Exécuté par DEDRAS ONG au Bénin, ce projet sous-régional est porté par la CEDEAO et mis en œuvre avec l’appui technique de l’Organisation Internationale pour la Migration (OIM) grâce au soutien financier de l’Union européenne (UE).
Une approche stratégique pour prévenir les tensions et renforcer la résilience sociale
Au total, 100 acteurs clés, leaders communautaires et religieux, élus locaux, représentants des populations locales et personnes déplacées, ont été formés sur les droits et devoirs des migrants, personnes déplacées et communautés hôtes, les cadres juridiques nationaux et internationaux, les mécanismes de protection et d’orientation vers les services sociaux de base, ainsi que sur les techniques de prévention et de gestion pacifique des conflits.
Les ateliers ont été facilités par Monsieur Eric Togbe, consultant formateur et Chef service des affaires humanitaires à l’Agence Béninoise de Protection Civile (ABPC), sous la coordination de Abel Borori, Directeur du Projet. L’approche participative adoptée a privilégié les études de cas, les travaux de groupe et les échanges d’expériences contextualisés aux réalités de l’Alibori.
Les participants ont été accompagnés dans la compréhension des concepts clés liés à la migration et au déplacement forcé, tout en explorant les réalités locales des déplacés internes et des réfugiés, ainsi que les cadres juridiques et institutionnels nationaux, régionaux et internationaux encadrant leurs droits et devoirs. Les échanges ont également porté sur les impacts sociaux et communautaires de la migration sur la cohésion sociale, les ressources locales et la gouvernance. Des études de cas ont permis d’analyser des situations concrètes de cohabitation et de conflits. L’atelier a ensuite abordé les responsabilités des migrants, déplacés et communautés hôtes, ainsi que le rôle des leaders et élus locaux dans la médiation, le dialogue et la prévention des conflits. Les participants ont élaboré des messages de sensibilisation et des plans d’action communautaires. L’atelier s’est conclu par la restitution des travaux, des recommandations et la formalisation des engagements pour la protection des droits humains et la promotion du vivre-ensemble, offrant ainsi un cadre d’échanges constructifs et renforçant la capacité des acteurs locaux à accompagner les migrants et déplacés dans le respect de leurs droits.
Les leaders religieux, piliers de la cohésion sociale
A Malanville comme à Banikoara les participants ressortent avec une prise de conscience plus effective. « Dans nos communautés, nous avons la responsabilité morale de rappeler que la dignité humaine ne dépend ni de l’origine ni du statut. Migrant ou autochtone, chaque personne mérite respect, protection et considération. » affirme, le Père Adam Nabissiékou, curé de Malanville.
L’Imam central de Malanville, Oumarou Ibrahim Moustapha, a quant-à lui affirmé : « Nos prêches doivent devenir des espaces de sensibilisation à la paix, à la solidarité et à l’acceptation. Cette formation nous donne des outils concrets pour prévenir les tensions et promouvoir la cohésion sociale.»
Tankoano Yempabou Moussa, représentant des réfugiés de Banikoara, ajoutera que : « Cette formation renforce la confiance entre populations hôtes et migrants. Nous nous sentons considérés comme des acteurs à part entière et non seulement comme des bénéficiaires. Nous allons une fois en communauté faire une restitution et inviter nos pairs à mieux respecter nos devoirs pour mieux jouir de nos droits. »
Un engagement durable pour l’inclusion et la paix
En renforçant les capacités des leaders communautaires, religieux et élus locaux, DEDRAS ONG contribue à améliorer la gouvernance locale de la migration, à consolider la cohésion sociale et à promouvoir un environnement inclusif et respectueux des droits humains dans les communes de Banikoara et de Malanville. La cohésion sociale ne se décrète pas : elle se construit par la connaissance, la responsabilité partagée et l’engagement collectif.
Un bilan positif et des perspectives prometteuses :
Pour Abel Borori, Directeur du Projet, le bilan est positif, l’engagement des acteurs et leur présence prouvent que nous pouvons véritablement compter sur le respect de leur engagement. « Nous avons eu au-delà des 100 personnes attendues et la qualité de la formation a été très appréciée. Le contenu était riche, pratique et le facilitateur a su retenir l’attention de tous. Les participants ont désormais des connaissances approfondies sur les droits et devoirs des migrants et des communautés hôtes », précise-t-il.
En termes de perspectives, l’équipe compte à présent se rapprocher plus des cibles avec l’appui des leaders renforcés pour organiser des séances de sensibilisation dans les localités afin de faire passer le message. Cela confirme l’ambition de DEDRAS de bâtir des communautés plus résilientes, mieux informées et engagées dans la promotion des droits, de la responsabilité partagée et du vivre-ensemble durable face aux défis migratoires en Afrique de l’Ouest.




Plateau : 875 Relais communautaires et 30 ASCQ officiellement équipés
Plateau : 875 Relais communautaires et 30 ASCQ officiellement équipés
Une nouvelle étape pour la santé communautaire avec l’appui du gouvernement des États-Unis
Le département du Plateau a franchi un cap décisif dans le renforcement de son système de santé à la base. Le mardi 17 février 2026, 875 Relais communautaires (RC) et 30 Agents de Santé Communautaire Qualifiés (ASCQ) ont reçu un important lot de matériels et d’équipements destinés à améliorer leurs interventions au sein des ménages.
Organisée par DEDRAS ONG, la cérémonie s’est déroulée sous la présidence effective du Préfet du Plateau, en présence des autorités sanitaires, des maires des communes du département, des représentants de l’Ambassade des États-Unis d’Amérique au Bénin, ainsi que des autorités locales. Cette remise officielle marque également le démarrage effectif des activités des Relais communautaires dans le département, conformément à la Politique Nationale de Santé Communautaire.
Un projet structurant pour quatre départements
Dans son allocution, le Coordonnateur national de DEDRAS ONG, Jean KPETERE, a souligné l’importance stratégique de cette initiative.
« Cette cérémonie revêt une importance capitale pour DEDRAS ONG et ses partenaires. Grâce au soutien du gouvernement des Etats-Unis, ces équipements permettront aux relais communautaires d’accomplir pleinement leurs missions et ainsi de sauver des vies au sein de nos communautés », a-t-il déclaré.
Le projet « Renforcement de la Santé Communautaire », mis en œuvre par DEDRAS avec l’appui financier du Gouvernement des États-Unis, couvre quatre départements notamment, l’Atacora, la Donga, le Mono et le Plateau et s’étend sur 22 communes. Au total, 673 381 ménages sont ciblés par les activités du projet, dont 199 682 ménages pour le département du Plateau. Les 875 relais communautaires déployés dans ce département auront pour mission d’assurer des services préventifs de proximité à des dizaines de milliers de ménages, à travers des visites à domicile régulières, l’animation de séances de causeries éducatives, la détection précoce des maladies en communauté ainsi que le référencement des cas vers les structures sanitaires compétentes.
Jean KPETERE a exhorté les participants à ce projet à faire « bon usage » de ces équipements, rappelant qu’ils constituent « un investissement significatif pour répondre concrètement aux problèmes de santé des ménages ».
Une coopération saluée par les autorités préfectorales
Prenant la parole, le Préfet du Plateau, Daniel Valère SETONNOUGBO, a qualifié l’événement « d’étape importante dans l’amélioration de la santé des populations » du département.
Selon lui, la remise de ces équipements permet le démarrage effectif des interventions de santé communautaire basées sur l’approche « Une seule santé », intégrant la santé humaine, animale et environnementale.
Il a salué la vision du gouvernement béninois pour l’opérationnalisation de la Politique Nationale de Santé Communautaire, tout en remerciant le Gouvernement américain pour son accompagnement technique et financier.
« Ces matériels, loin d’être de simples objets, constituent de véritables outils nécessaires pour le renforcement de la demande et de l’offre des services et soins de santé de qualité en milieu communautaire », a-t-il insisté.
Le préfet a également appelé les relais communautaires à faire preuve de responsabilité dans la gestion et l’entretien des équipements afin d’en garantir la durabilité et l’impact sur le long terme.
457 millions FCFA d’équipements pour sauver des vies
Représentant l’Ambassade des États-Unis près le Bénin, la mission diplomatique américaine a réaffirmé son engagement aux côtés du gouvernement béninois pour l’amélioration durable de la santé des populations.
D’une valeur globale de 457 006 255 francs CFA, les équipements remis comprennent 30 ordinateurs portables destinés aux Agents de Santé Communautaire Qualifiés ainsi que 875 kits complets pour les Relais communautaires. Ces kits sont composés notamment de tablettes numériques, de vélos pour faciliter les déplacements vers les ménages, de matériels médicaux techniques, d’ustensiles destinés aux démonstrations culinaires dans le cadre de la promotion nutritionnelle, ainsi que d’équipements de protection individuelle indispensables à l’exercice sécurisé de leurs missions.
Selon le représentant de l’Ambassade, cette dotation s’inscrit dans une coopération étroite avec les autorités sanitaires du Bénin et vise à permettre aux acteurs communautaires de « remplir convenablement leurs missions ».
Vers des communautés plus résilientes
Au-delà de la remise symbolique d’équipements, cette cérémonie traduit une ambition plus large : rapprocher durablement les services de santé des populations.
En renforçant les capacités logistiques et techniques des acteurs de première ligne, le projet entend consolider un système de santé communautaire plus résilient, plus réactif et plus inclusif. Comme l’a résumé le Coordonnateur national de DEDRAS, l’objectif demeure clair : « sauver davantage de vies » et bâtir des communautés mieux protégées, au service du développement durable du Bénin.





Du jus d’ananas à l’entrepreneuriat structuré : comment le projet JBB Bénin transforme le parcours de Charlotte BIDA
Du jus d’ananas à l’entrepreneuriat structuré : comment le projet JBB Bénin transforme le parcours de Charlotte BIDA
En mars 2024, un simple coup de fil allait bouleverser le quotidien de Charlotte BIDA. Transformatrice artisanale de jus et cocktails de fruits à Zè, elle ignorait encore que cet appel du projet Job Business Booster Bénin (JBB Bénin) marquerait le début d’une profonde transformation professionnelle et personnelle.
« C’est la conseillère du projet JBB qui m’a appelée pour un entretien. Après notre rencontre, j’ai été sélectionnée pour la phase de formation. C’est ainsi que tout a commencé », raconte-t-elle avec émotion.
Une sélection exigeante, une formation structurante
Sélectionnée parmi plusieurs candidat(e)s, Charlotte bénéficie alors d’un programme intensif de quatre mois, composé de trois mois de formation théorique suivis d’un mois de pratique.
Les modules abordés couvrent aussi bien les aspects techniques que managériaux : transformation des fruits, production de jus naturels, cocktails, sirops, confitures, règles d’hygiène alimentaire, mais aussi entrepreneuriat, marketing et gestion d’entreprise.
« Nous avons appris à transformer les fruits en plusieurs produits : cocktails, jus, sirops, confitures et agrumes. Mais aussi comment gérer une entreprise, améliorer la qualité de nos produits et mieux vendre », explique-t-elle.
D’une activité artisanale à une unité structurée
Avant son intégration au projet JBB, l’activité de Charlotte restait artisanale et peu structurée, reposant essentiellement sur l’expérience et l’intuition.
« Avant, mes jus d’ananas étaient très simples. Je mettais seulement “jus d’ananas” sur l’étiquette avec mon numéro de téléphone et mon adresse », confie-t-elle.
Grâce aux enseignements reçus, elle professionnalise progressivement sa production. Désormais, chaque produit répond à des standards précis :
• indication des dates de fabrication et de péremption,
• amélioration de l’étiquetage et du packaging,
• choix et entretien adéquats des bouteilles,
• mise en place d’un cahier de gestion rigoureux.
« Aujourd’hui, je tiens un cahier de stock. J’y note les entrées et sorties, les pesées, les quantités produites et les ventes. Chaque étape est bien suivie, du début jusqu’à la fin », précise-t-elle.
JBB Bénin, un levier d’autonomisation économique
Mis en œuvre par DEDRAS ONG, avec l’appui du partenaire Woord en Daad, le projet JBB Bénin vise à renforcer l’autonomie économique des jeunes et des femmes, notamment dans des secteurs porteurs comme la transformation agroalimentaire, la production agricole, l’artisanat et les services.
Ses objectifs sont clairs :
• renforcer les capacités techniques et entrepreneuriales ;
• faciliter l’insertion professionnelle durable ;
• encourager la création et la structuration de micro-entreprises ;
• promouvoir l’emploi décent et la résilience économique locale.
À travers un accompagnement structuré mêlant formation, coaching, suivi post-formation et opportunités de mise en marché, JBB permet aux bénéficiaires de passer de l’informel à des unités économiques viables.
Un produit phare et une montée en puissance
Pour Charlotte, l’impact du projet est immédiat. Son activité connaît un tournant décisif avec la mise au point d’un produit phare : le cocktail ananas–gingembre.
« Grâce à JBB, mon produit phare est désormais le cocktail ananas-gingembre. Nous avons développé plusieurs recettes : ananas-gingembre, ananas-pastèque, ananas-tamarin, ananas-orange, ananas-orange-pastèque… »
Entre novembre 2024 et juin 2025, elle estime avoir produit environ 600 cartons de cocktails, un volume révélateur de la croissance rapide de son entreprise.
Elle produit également du jus concentré pur de gingembre, sans sucre, exclusivement sur commande, avec déjà 8 à 9 cartons écoulés sur la période.
« Mon chiffre d’affaires a augmenté et j’arrive à améliorer peu à peu mon unité de transformation. Je suis confiante : l’avenir s’annonce encore meilleur », affirme-t-elle.
Une entreprise qui crée désormais de l’emploi
À mesure que la production augmente, l’activité de Charlotte ne repose plus uniquement sur ses propres efforts. Elle emploie aujourd’hui quatre collaborateurs, mobilisés à différentes étapes de la chaîne de production : lavage et découpe des fruits, transformation, conditionnement, étiquetage et commercialisation.
« Seule, je ne pouvais plus suivre le rythme. Avec l’augmentation des commandes, j’ai dû m’entourer. Aujourd’hui, nous sommes quatre à travailler ensemble, ce qui nous permet d’aller plus vite, de respecter les délais et d’assurer une meilleure qualité », explique-t-elle.
Cette dynamique collective améliore la célérité du travail, renforce la régularité de la production et positionne l’unité de Charlotte comme une micro-entreprise créatrice d’emplois locaux, en parfaite cohérence avec la vision du projet JBB Bénin.
Une vitrine commerciale décisive : la foire de l’ATDA 7
L’accompagnement de JBB ne s’est pas limité à la formation. Charlotte a également bénéficié d’opportunités de visibilité, notamment lors de la foire organisée par l’ATDA 7 à Calavi en juin 2025.
« J’ai participé à cette foire grâce à JBB. C’était une très belle expérience et j’ai même reçu une attestation de participation. Cela m’a permis de faire connaître mes produits à un public plus large », se réjouit-elle.
Ces espaces constituent un levier stratégique pour la commercialisation, la prospection de nouveaux clients et la création de partenariats durables.
Un impact social et économique tangible
Le parcours de Charlotte BIDA illustre concrètement l’impact du projet JBB Bénin : transformer des initiatives individuelles en entreprises structurées, capables de créer de la valeur économique et sociale.
À travers l’amélioration de la qualité des produits, la rigueur dans la gestion, la montée en compétences des bénéficiaires et la création d’emplois, JBB contribue activement à la lutte contre le chômage des jeunes et la précarité économique des femmes.
Reconnaissante, Charlotte conclut avec gratitude :
« Je remercie sincèrement DEDRAS ONG et Woord en Daad. Grâce à eux, j’ai appris, grandi et renforcé mon entreprise ».
Son témoignage incarne l’espoir porté par des centaines de jeunes et de femmes au Bénin : un avenir économique bâti sur la compétence, la résilience et l’innovation locale.



Du jus d’ananas à l’entreprise florissante : le projet JBB Bénin, catalyseur du succès d’Anne-Marie VODOUNON
Du jus d’ananas à l’entreprise florissante : le projet JBB Bénin, catalyseur du succès d’Anne-Marie VODOUNON
Pendant longtemps, Anne-Marie VODOUNON transformait artisanalement l’ananas en jus, sans véritable structuration ni stratégie de gestion. Comme beaucoup de jeunes entrepreneures béninoises, elle faisait preuve de courage et de détermination, mais manquait d’outils techniques et managériaux pour faire prospérer durablement son activité.
Tout a changé lorsqu’elle découvre le projet Job Business Booster Bénin (JBB Bénin).
« Quand j’ai connu le projet JBB, ils m’ont expliqué comment faire pour que mon entreprise puisse bien avancer. Ils m’ont aussi appris à ne pas mélanger l’argent de mon entreprise avec mon argent personnel », raconte-t-elle.
Une formation complète pour structurer l’entrepreneuriat féminin
Mis en œuvre par DEDRAS ONG, avec l’appui de son partenaire Woord en Daad, le projet Job Business Booster Bénin (JBB Bénin) vise à renforcer les capacités entrepreneuriales des jeunes et des femmes, notamment dans les secteurs de la transformation agroalimentaire, de la production végétale et animale, ainsi que de l’artisanat.
Anne-Marie a bénéficié d’une formation complète axée sur :
• la gestion financière,
• la tenue des documents comptables,
• le marketing et la fidélisation de la clientèle,
• la qualité sanitaire des produits,
• la diversification de la production.
« Avec le projet JBB, j’ai appris à tenir mon cahier de production et à tout noter correctement. Aujourd’hui, je sais faire le point sur ma production et mes ventes », explique-t-elle
De la transformation artisanale à la maîtrise technologique
Avant son intégration au projet JBB, Anne-Marie ne produisait que du jus d’ananas, avec des méthodes empiriques de conservation..
« Avant, je ne savais faire que le jus d’ananas. Maintenant, je sais préparer le jus de basilic, de pastèque, les cocktails, les sirops et les confitures. »
L’un des changements majeurs concerne la maîtrise de la pasteurisation, un élément clé pour garantir la sécurité sanitaire et la durabilité des jus.
« Avant, je chauffais mes jus à 60 ou 65 degrés. Mais avec le projet JBB, j’ai appris que pour bien pasteuriser, il faut aller jusqu’à 70 ou 80 degrés, voire entre 90 et 100 degrés pour un bon résultat. »
Grâce à ces nouvelles compétences, ses jus, qui se gâtaient autrefois après trois ou quatre mois, peuvent désormais se conserver jusqu’à douze mois, sans perte de quali
té.
« Maintenant, quand je les prépare bien, ils peuvent durer plus longtemps. »
Une entreprise qui crée de l’emploi local
Avec l’augmentation de la production et la diversification des produits, l’activité d’Anne-Marie a pris une nouvelle dimension. L’entreprise, autrefois portée uniquement par elle, emploie désormais trois personnes qui l’accompagnent au quotidien dans les différentes étapes du travail, notamment la transformation, le conditionnement et la commercialisation.
Cette création d’emplois locaux témoigne du passage d’une activité informelle à une véritable micro-entreprise structurée, capable de générer des revenus non seulement pour sa promotrice, mais aussi pour d’autres ménages.
Une explosion des ventes et une clientèle nationale
Grâce à l’amélioration de la qualité des produits, du conditionnement et de la stratégie commerciale, l’entreprise d’Anne-Marie connaît une croissance remarquable.
« Depuis ma collaboration avec JBB, j’ai déjà produit plus de 500 casiers, que j’ai entièrement vendus. Les commandes viennent de Cotonou, du Nord-Bénin, de Bohicon… tout s’écoule très vite maintenant. »
Cette dynamique commerciale renforce la notoriété de ses produits et consolide la viabilité économique de son entreprise.
Une autonomie économique renforcée par la diversification
Les bénéfices générés par la vente des jus permettent aujourd’hui à Anne-Marie d’investir dans d’autres activités économiques.
« J’ai pu lancer de petites activités commerciales : je vends des produits de première nécessité, des provendes pour porcs et lapins, des sacs de charbon, du maïs, du soja, de la farine de manioc et du sucre. »
Cette diversification constitue une stratégie de résilience économique, réduisant sa vulnérabilité face aux fluctuations du marché.
JBB Bénin : une réponse concrète au défi de l’emploi
Le parcours d’Anne-Marie VODOUNON illustre l’impact concret du projet JBB Bénin dans la lutte contre le chômage et la précarité économique. À travers la formation, l’accompagnement technique, le coaching entrepreneurial et la mise en réseau commerciale, JBB permet à de nombreux jeunes et femmes de transformer leurs micro-activités en entreprises viables, durables et créatrices de valeur.
Aujourd’hui, Anne-Marie se dit épanouie, confiante et reconnaissante.
« Merci à DEDRAS ONG et à son partenaire Woord en Daad pour leur appui à travers le projet JBB. Aujourd’hui, je suis épanouie et très reconnaissante. »
Son histoire démontre que l’investissement dans le capital humain, combiné à un accompagnement adapté, reste l’un des leviers les plus puissants du développement durable et de la création d’emplois au Bénin.



Projet SPAD-CNO : les anciens enfants parrainés s’organisent pour renforcer l’éducation et la protection des enfants
Projet SPAD-CNO : les anciens enfants parrainés s’organisent pour renforcer l’éducation et la protection des enfants
Œuvrer durablement pour l’accès et le maintien des enfants à l’école, en particulier des filles. Tel est l’engagement réaffirmé par les anciens enfants parrainés de Plan International Bénin, réunis dans le cadre des regroupements d’alumni, organisées dans les communes de Dassa-Zoumè, Bohicon et Aplahoué, sous la coordination de DEDRAS ONG, dans le cadre du projet SPAD-CNO / SPADFIA financé par Plan International Bénin.
Durant deux jours, ces jeunes, issus de différents villages et arrondissements, tous anciens bénéficiaires du programme de parrainage de Plan Bénin, ont pris part à une dynamique collective. Ce regroupement vise à structurer leur engagement citoyen, renforcer leur leadership et contribuer activement au développement de leurs communautés.
Au fil des années, le programme de parrainage de Plan International Bénin a permis à de nombreux enfants vulnérables d’accéder à l’éducation, de développer leurs compétences et de s’insérer progressivement dans la vie active. Aujourd’hui devenus autonomes, ces jeunes refusent de rompre le lien de solidarité avec leurs communautés d’origine.
Réunis sous la bannière des alumni, ils constituent désormais un réseau de jeunes engagés, conscients de leur rôle de modèles et déterminés à poursuivre les actions en faveur de l’éducation et de la protection des enfants.
« Grâce au parrainage, j’ai pu rester à l’école malgré les difficultés. Aujourd’hui, je me sens redevable envers ma communauté et je veux agir pour que d’autres enfants, surtout les filles, aient la même chance que moi », confie Bernice Kèdote, alumni originaire de Covè, actuellement étudiante en physique-chimie
Trois communes, un même combat pour l’éducation
À Dassa-Zoumè, Bohicon et Aplahoué, les Assemblées Générales ont offert aux alumni un cadre d’échanges et de réflexion collective sur les défis éducatifs persistants : déscolarisation des filles, mariages précoces, grossesses non désirées, charges domestiques et pauvreté des ménages.
Pour Angélique Ganvidé, alumni de Ouèssè et photographe de profession, ces rencontres ont permis de renforcer les liens entre anciens enfants parrainés :
« Pendant ces deux jours, nous avons partagé nos expériences, appris à mieux nous connaître et renforcé des valeurs comme la solidarité, le respect, la responsabilité et le vivre-ensemble. Cela nous donne la force d’agir ensemble pour nos communautés », explique-t-elle.
À l’issue des travaux, elle a été élue présidente du réseau local, une responsabilité qu’elle entend assumer dans un esprit de leadership participatif.
« Un bon leader ne décide pas seul. Il écoute, consulte et agit avec son équipe. C’est ce que nous avons appris ici », ajoute-t-elle.
L’éducation des filles au cœur des priorités
Les échanges ont largement mis en lumière la situation préoccupante des filles, encore trop souvent contraintes d’abandonner l’école. Les alumni se sont engagés à mener des actions de sensibilisation communautaire, de mentorat scolaire et de plaidoyer local en faveur de l’éducation et du leadership féminin.
Christiane Atchékou, apprentie en coiffure esthétique et ancienne enfant parrainée, a insisté sur la responsabilité des parents :
« Il ne faut pas penser que seuls les garçons doivent aller à l’école. Les filles aussi ont droit à l’éducation. Il faut lutter contre les mariages précoces et l’exploitation des enfants », a-t-elle plaidé.
De son côté, Raoul Edah, alumni de la commune d’Aplahoué, a salué l’initiative qui permet aux anciens enfants parrainés de se retrouver et de s’organiser :
« Se retrouver entre anciens enfants parrainés, c’est prendre conscience de notre parcours et comprendre que nous pouvons agir ensemble pour accompagner les plus jeunes », souligne-t-il.
Structurer les alumni pour renforcer l’impact communautaire
Conscients que l’engagement individuel a ses limites, les alumni ont opté pour une structuration formelle de leurs regroupements. Les Assemblées Générales ont permis la mise en place d’organes de coordination élus, l’élaboration de statuts et règlements intérieurs et la définition de plans d’action concertés.
Ces plans prévoient, entre autres, des actions d’appui scolaire (travaux dirigés, accompagnement des candidats aux examens), la promotion de la déclaration des naissances, la sensibilisation sur la santé sexuelle et reproductive, l’hygiène et l’assainissement, ainsi que des initiatives économiques locales.
Le projet SPAD-CNO / SPADFIA : un cadre structurant pour la protection de l’enfance
Superviseure du projet à DEDRAS ONG, Grâce Idjalahoué a rappelé que le projet SPADFIA, mis en œuvre en partenariat avec Plan International Bénin, est un programme axé sur la protection de l’enfance et le maintien des enfants, surtout des filles de moins de 18 ans, dans le système scolaire.
« Ces Assemblées Générales s’inscrivent dans le résultat 3 du projet SPAD-CNO, qui vise à renforcer les capacités organisationnelles et institutionnelles des alumni. Ils sont un maillon important pour assurer la durabilité des actions de Plan dans les communautés », a-t-elle expliqué.
Elle a salué l’engagement des participants et la qualité des échanges, estimant que les objectifs des sessions ont été atteints.
Une dynamique nationale en perspective
À l’issue des rencontres, les alumni ont été identifiés et mobilisés par commune, des bureaux élus installés et des rapports validés produits. Prochaine étape : l’organisation d’une Assemblée Générale nationale des alumni, afin d’évaluer à mi-parcours la mise en œuvre des plans d’action et renforcer la coordination à l’échelle nationale.
Plan International Bénin et DEDRAS ONG entendent également appuyer certaines activités communautaires des associations pour accroître leur visibilité et leur impact.
À travers cette initiative, les anciens enfants parrainés deviennent un pont entre les bénéficiaires d’hier et ceux d’aujourd’hui, contribuant activement à bâtir un environnement plus juste, où chaque enfant, fille comme garçon, a droit à l’éducation et à un avenir meilleur.



Alibori : l’inclusion au cœur de la résilience climatique avec DEDRAS et CBM
Alibori : l’inclusion au cœur de la résilience climatique avec DEDRAS et CBM
Le département de l’Alibori, l’un des plus vulnérables face aux aléas climatiques au Bénin, est au centre des préoccupations des ONG et des acteurs du développement. Pour réfléchir aux solutions et intégrer les besoins des personnes handicapées dans la gestion des catastrophes, un atelier de formation s’est tenu du 26 au 28 novembre à Parakou, au siège de DEDRAS. Organisé par DEDRAS avec l’appui financier et technique de Christian Blind Mission (CBM), il a réuni une trentaine d’acteurs locaux.
Un contexte de vulnérabilité persistante
Dans l’Alibori, les changements climatiques se traduisent par la hausse des températures, l’irrégularité des pluies, des vents violents, des sécheresses prolongées et des inondations très fréquentes. Ces aléas climatiques affectent de milliers de ménages causant des catastrophes qui accentuent davantage la vulnérabilité parmi lesquelles figurent les personnes handicapées, souvent marginalisées dans les stratégies locales. Le Projet de Résilience Climatique Inclusive (PRCI Alibori) mis en œuvre par DEDRAS ONG avec l’appui de CBM a été lancé pour répondre à cette réalité et placer l’inclusion au cœur des politiques locales.
L’inclusion au cœur de la stratégie
Pour Joas N’Biyou, responsable de programme à CBM Togo et Bénin, l’atelier avait un objectif clair :
« Nous voulons que les personnes handicapées ne soient plus oubliées dans les stratégies de prévention et de réponse aux catastrophes. L’atelier vise à renforcer les capacités des participants y compris les personnes handicapées sur
les concepts de base sur le handicap, les cadres directeurs et les lois pertinentes sur l’inclusion des personnes handicapées, l’évaluation des risques inclusifs, la planification et les plaidoyers pour des politiques inclusives en matière de réduction du risque de catastrophe. Dans le même esprit, Ibrahim Soumaila, conseiller en inclusion du handicap à CBM, insiste sur la nécessité de lever les barrières à la participation :
« L’une des thématiques majeures est l’inclusion du handicap dans la réduction des risques. Les résultats attendus sont clairs : leur implication active dans toutes les activités de prévention et de gestion des catastrophes, mais aussi la promotion de pratiques agricoles durables et inclusives, comme l’agroécologie. »
Ces propos traduisent la volonté de CBM de faire de l’inclusion un principe incontournable, non seulement dans la gestion des catastrophes, mais aussi dans les pratiques de développement durable.
L’engagement des acteurs locaux
Le Dr. Feliciano Tohho, Directeur des Affaires domaniales et environnementales de la mairie de Banikoara, souligne l’importance de l’appropriation du projet par les collectivités :
« Ce projet est une opportunité pour renforcer nos capacités et donner la priorité aux personnes handicapées. Nous allons réaliser une cartographie des zones à risque et mettre en place des mécanismes de prévention et de réponse rapide. Banikoara est une commune pilote, mais notre vision est d’étendre cette expérience à tout le département. »
De leur côté, les associations de personnes handicapées se disent prêtes à jouer un rôle moteur. Soumaila Kelessi, président du réseau départemental Alibori des personnes handicapées, exprime sa satisfaction :
« Notre implication directe dans cette formation prouve que nous sommes des acteurs essentiels. Nous nous engageons à restituer les acquis dans nos communes et à accompagner activement toutes les étapes du projet. C’est une grande satisfaction de voir que nos préoccupations seront désormais placées au centre des décisions pour la résilience climatique. »
Ces engagements montrent que la mobilisation est collective, impliquant à la fois les autorités locales et les organisations représentatives des personnes handicapées.
Le plaidoyer comme outil de changement
Pour Albert Kora, Directeur de Projet à DEDRAS, l’enjeu dépasse la simple sensibilisation :
« Il ne s’agit pas seulement de protéger, mais de garantir que la voix des plus marginalisés, en particulier les personnes handicapées, soit entendue dans l’élaboration de toutes nos politiques climatiques. »
Le plaidoyer inclusif apparaît ainsi comme une condition indispensable pour des politiques efficaces et équitables, capables de répondre aux défis climatiques tout en respectant la justice sociale.
Vers une dynamique collective
Au-delà des discours, l’atelier a permis de créer une synergie entre les Organisations des personnes handicapées OPH, collectivités locales et médias. Les participants repartent avec des outils concrets pour transformer la sensibilisation en plaidoyer structuré et efficace. Grâce à cette dynamique, les stratégies locales pourront désormais anticiper les crises climatiques avec davantage de pertinence et d’équité.
Cet atelier marque une étape décisive pour l’Alibori. À travers des formations, des cartographies des zones à risque et l’élaboration de plans communaux inclusifs, le projet PRCI Alibori entend bâtir une résilience durable et équitable. Pour les bailleurs et partenaires, il s’agit d’un investissement stratégique : soutenir une démarche qui conjugue justice sociale, inclusion et efficacité climatique, afin de bâtir des communautés plus fortes face aux défis environnementaux.



Ensemble contre l’exploitation : DEDRAS et ADDAD outillent les acteurs du placement
Ensemble contre l’exploitation : DEDRAS et ADDAD outillent les acteurs du placement
Le 27 juin dernier, au siège de DEDRAS ONG, s’est tenue une rencontre déterminante sur l’avenir du travail domestique au Bénin. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la tournée nationale de l’Association de Défense des Droits des Aide-ménagères et Domestiques (ADDAD), menée dans plusieurs communes du pays, notamment Parakou et Natitingou dans le nord, ainsi que Ouinhi et Sèmè-Podji dans le sud du Bénin. Cette tournée, appuyée techniquement et financièrement par le projet Briser les Chaînes du Travail et de l’Exploitation Domestique des Enfants (BC-TEDE) au Bénin et au Burkina Faso, soutenu par Woord en Daad et AFAS Fondation, vise à sensibiliser et renforcer les acteurs clés du secteur domestique. Elle a réuni à Parakou 26 participants majoritairement des femmes pour débattre des lois, des réalités de terrain et de l’urgence d’une meilleure protection des travailleurs domestiques.
“Ils ne bénéficient ni de repos ni de droits”
Dans une ambiance conviviale, la Présidente de ADDAD Bénin, Adjiho Patricia, a ouvert la séance avec chaleur, pédagogie et franchise. Grâce à des brise-glaces et des témoignages authentiques, elle a instauré un climat de confiance qui a favorisé des échanges ouverts. Le ton est monté en intensité avec l’intervention de l’inspecteur de travail Léon N’TchaA N’Dah, représentant la Direction Départementale du Travail. Il a dressé un constat alarmant :<?
“Lors de nos descentes, nous avons vu des enfants domestiques privés d’instruction, accablés de corvées, sans aucun respect pour leurs droits élémentaires.”
Le représentant du directeur du projet Briser les Chaînes du Travail et de l’Exploitation Domestique des Enfants de DEDRAS ONG, Aloni Mora, est revenu sur les ambitions du projet BC-TEDE mis en œuvre en collaboration avec ADDAD.
“Notre ambition est claire : retirer les enfants des situations d’exploitation domestique et les réinsérer dignement, soit en les ramenant à l’école, soit en les orientant vers l’apprentissage d’un métier de leur choix.”
Ces propos ont été renforcés par l’intervention de Pascaline Agassounon, Secrétaire générale adjointe de l’ADDAD, qui a présenté les actions menées par l’association, dénoncé les dérives observées sur le terrain et partagé les principaux textes juridiques encadrant le travail domestique.
Un témoignage particulièrement marquant a été apporté par la représentante du GUPS 1. En comparant les revenus et les conditions de vie des enfants placés dans différents pays, elle a mis en lumière les inégalités criantes et les dérives du placement non encadré :
“Certains enfants sont mieux traités à l’étranger qu’ici. Et pourtant, sans suivi ni structure, ils finissent souvent oubliés.”
Elle a plaidé pour la création d’associations locales chargées du suivi des placements et invité ADDAD à renforcer les forums communautaires.
Une rencontre constructive
Les retours des participants ont été très positifs. La diversité des intervenants et la pertinence des thématiques abordées ont permis de renforcer les connaissances sur les droits et devoirs liés au travail domestique. La Direction Départementale du Travail et de la Fonction Publique a encouragé chacun à signaler les situations observées sur le terrain afin d’obtenir un accompagnement adéquat.
Plusieurs recommandations ont été formulées : intensifier les campagnes de sensibilisation en milieux urbain et rural pour vulgariser les lois encadrant le travail domestique ; encourager la formalisation des relations professionnelles au moyen de contrats de travail ; créer des plateformes d’écoute et de médiation pour les travailleuses domestiques ; et veiller à l’application stricte des textes en vigueur pour prévenir toute forme d’abus. L’idée de mettre en place des associations de femmes ou des structures relais a également été fortement soutenue pour assurer un suivi plus durable et structuré.
En somme, cette journée fut bien plus qu’un atelier : un appel collectif à la dignité, à la justice et au respect pour celles et ceux qui, souvent dans l’ombre, contribuent au fonctionnement des foyers béninois.
La tournée, en couvrant Parakou, Natitingou, Ouinhi et Sèmè-Podji, montre l’ampleur et la détermination des acteurs engagés à changer durablement les conditions de vie des travailleurs et travailleuses domestiques au Bénin.




Des jeux éducatifs pour apprendre autrement : DEDRAS et un de ces partenaires néerlandais soutiennent 1191 élèves des écoles ‘’Flambeau’’
Des jeux éducatifs pour apprendre autrement : DEDRAS et un de ces partenaires néerlandais soutiennent 1191 élèves des écoles ‘’Flambeau’’
L’ONG DEDRAS, et un de ces partenaires des Pays-Bas, offrent du matériel pédagogique et des jeux éducatifs à 1191 élèves des écoles Flambeau et de la Fraternité de Banikoara. Une initiative qui allie apprentissage, plaisir et développement intellectuel.
L’ONG DEDRAS a procédé à une distribution de matériels pédagogiques et de jeux d’éveil éducatif au profit de 1191 élèves issus des écoles Flambeau de Parakou, Tchaourou, Kilibo, Bembérékè, Natitingou et de l’école la Fraternité de Banikoara. Cette initiative vise à améliorer les conditions d’apprentissage et à stimuler le développement intellectuel et créatif des enfants à travers des outils modernes et ludiques.
Un partenariat pour le sourire et l’intelligence des enfants
Selon Jean Pierre Séni, Chargé de l’Education à DEDRAS, cette activité s’inscrit dans le cadre du partenariat avec un donateur néerlandais. Il explique :
« Ce partenaire a offert ces dons à DEDRAS pour qu’ils soient redistribués dans les écoles appuyées par l’organisation. Ces cadeaux comprennent des supports pédagogiques pour les enseignants et des jeux d’éveil pour les enfants, favorisant l’apprentissage et le développement intellectuel », a-t-il expliqué.
Les dons sont composés notamment de globes terrestres, de documents de lecture et de plusieurs jeux éducatifs comme Devine Tête, Entendre, Voir, Parler, Cinq secondes, Ni Oui Ni Non, SPIN MASTER, Badaboule et Triops et Dinosaure.
Des élèves reconnaissants et enthousiastes
« Bonjour chers donateurs, soyez les bienvenus dans notre école les bras chargés. Nous vous disons merci de nous honorer par ces cadeaux. Nous vous assurons qu’ils seront utilisés avec beaucoup de sagesse », a déclaré Précieux Changotadé, élève du Complexe scolaire Flambeau de Natitingou.
« Il est grand, ma joie de recevoir ces différents cadeaux. Nous promettons d’en faire bon usage. Cela contribuera à une meilleure concentration, surtout en mathématiques », a affirmé Aïda Dakin, apprenante au Complexe scolaire Flambeau de Parakou.
Les enfants ont exprimé leur bonheur à travers des chants et des sourires, preuve que le jeu reste un outil d’apprentissage puissant et universel.
Une action saluée par les acteurs locaux de l’éducation
« Ces cadeaux vont permettre aux enfants de se sentir aimés. Et comme ce sont des documents éducatifs, ils vont aussi développer leur intelligence. Je remercie DEDRAS et ses partenaires pour ce noble geste », a souligné Patricia Houhakou, présidente de l’Observatoire communal de l’Éducation à Natitingou.
La distribution a eu lieu en présence des parents d’élèves, des enseignants et des autorités locales, témoignant de la transparence et de la dimension communautaire de cette initiative.
Pour un apprentissage plus vivant et inclusif
Cette action, marque une nouvelle étape dans l’engagement de DEDRAS à rendre l’éducation plus accessible, attrayante et inclusive. Les dons remis entreront désormais dans le patrimoine pédagogique de chaque école, afin que tous les élèves puissent en bénéficier durablement.
« À travers ce que nous venons de voir, ces différents jeux vont permettre de développer un certain nombre d’attitudes positives chez les enfants », a apprécié Olive Hounsou, un responsable des parents d’élèves
Avec cette initiative, DEDRAS et ses partenaires nerlandais démontrent qu’investir dans l’éducation des enfants, c’est investir dans l’avenir du Bénin. Entre apprentissage et plaisir, les élèves des écoles Flambeau et de la Fraternité de Banikoara apprennent désormais en s’amusant, le sourire aux lèvres et la tête pleine de rêves.


Quand leurs voix ont brisé mon silence : Le récit poignant d’un imam transformé par la souffrance des enfants mariées trop tôt
« J’ai perdu mon bébé parce que je ne savais rien. Rien sur mon corps, ni sur les soins à avoir. J’ai été marié de force », confie Fatima 15 ans, les yeux embués. À ses côtés, Aïcha murmure : « J’avais 13 ans quand on m’a donnée en mariage à un homme qui avait l’âge de mon père. Il me battait. J’ai fui. »
Dans une salle silencieuse ce jour-là devant un public attentif à Bétérou, dans la commune de Tchaourou, les témoignages des enfants ne tombent pas dans l’oreille d’un sourd. Car parmi ceux qui écoutent, se trouve Inoussa Bio, imam du village de Wari Samba, bouleversé pour la première fois par ce qu’il refuse d’appeler une simple “tradition”.
Pendant des années, l’imam célébrait des mariages entre hommes adultes et jeunes filles, parfois sans jamais demander l’âge réel des épouses. Il avait assisté à des sensibilisations, entendu les discours et vu passer les projets. Mais rien ne l’avait ébranlé jusqu’à ce que DEDRAS-ONG, à travers le projet ‘’ Briser les chaînes du travail et de l’exploitation domestique des enfants ’’, introduise une nouvelle méthode : faire entendre les survivantes.
« Ce n’était pas des chiffres ni des discours. C’étaient des jeunes filles réelles, devant moi, détruites par ce système auquel j’avais participé. Et là, j’ai vraiment écouté. », confie-t-il, la voix chargée d’émotion. « J’ai compris ce jour-là que je n’étais pas un simple témoin : j’étais complice. »
Depuis ce moment, le vieil homme refuse de célébrer un mariage sans avoir vérifié l’acte de naissance de la jeune fille, garantissant qu’elle est en âge légal de se marier. Il consacre également ses prêches, ses échanges avec les familles, et même les réunions villageoises à relayer l’histoire de Fatima et d’Aïcha avec leur autorisation pour susciter, lui aussi, la prise de conscience. Il a décidé de devenir la voix des silencieuses.
« Leur courage ne sera pas vain. Leur parole sauvera d’autres filles. Moi, je parlerai pour elles, je défendrai leur enfance. »
Nord Bénin : DEDRAS ONG lance un projet pour sauver des vies maternelles et infantiles dans un contexte d’insécurité
Nord Bénin : DEDRAS ONG lance un projet pour sauver des vies maternelles et infantiles dans un contexte d’insécurité
DEDRAS ONG lance en juillet 2025 un projet humanitaire de deux ans dans le nord du Bénin. Il s’agit du projet Réduction de la Mortalité Maternelle et Infantile dans l’Alibori et l’Atacora. D’une durée de deux ans, ce projet bénéficie de l’appui technique de ERIKS Development Partner et du financement de RadioAid. L’objectif est de réduire la mortalité maternelle et infantile dans ces localités où l’insécurité compromet chaque jour l’accès aux soins de santé.
Le Bénin enregistre des taux élevés de mortalité maternelle et infantile, estimés à 371 décès pour 100 000 naissances vivantes. Cette situation est aggravée par l’insécurité persistante et les difficultés d’accès aux services de santé. Dans plusieurs localités, les femmes enceintes, les nouvelles mères, les enfants et les jeunes paient le prix fort, faute d’informations suffisantes, de structures sanitaires fonctionnelles ou d’un accompagnement adapté.
Un projet ancré dans la communauté
Le Projet Réduction de la Mortalité Maternelle et Infantile dans l’Alibori et l’Atacora cible trois zones de santé particulièrement touchées par les violences : Banikoara et Malanville-Karimama dans l’Alibori, ainsi que Matéri-Tanguiéta-Cobly dans l’Atacora. Il s’adresse en priorité aux populations vulnérables, notamment les personnes déplacées internes, les femmes enceintes, les nouvelles accouchées, les nouveau-nés, les adolescentes et les jeunes. Les agents de santé qui continuent d’assurer la continuité des soins dans ces zones font également partie des bénéficiaires.
L’approche choisie est intégrée et participative. Elle associe les autorités locales, les zones sanitaires, les organisations de la société civile, ainsi que les leaders communautaires et religieux afin de créer un environnement favorable à la santé maternelle et infantile. Le Coordonnateur National de DEDRAS ONG, Jean Kpetere, souligne à cet effet : « Sur le terrain, des acteurs font un effort remarquable. Il est très important de les intégrer dans notre plan de travail. Ce projet travaillera en synergie avec les relais communautaires, les ONG et programmes déjà présents. Ensemble, nous pouvons sauver des vies et promouvoir le développement humain des populations vulnérables. »
Des actions concrètes et ciblées
Pour atteindre ses objectifs, le projet combine plusieurs approches complémentaires. Il renforce l’accès aux services de santé maternelle et infantile à travers la prise en charge des frais de transport pour les consultations prénatales et postnatales, l’appui financier aux femmes vulnérables et le soutien aux structures sanitaires locales. Il intensifie les actions de sensibilisation et d’information auprès des communautés, notamment sur la santé sexuelle et reproductive, tout en mobilisant les jeunes et les femmes autour des bonnes pratiques. Enfin, il renforce les compétences des prestataires de santé grâce à des formations sur les soins obstétricaux et néonatals d’urgence, tout en leur fournissant le matériel nécessaire pour assurer des soins de qualité.
Des résultats attendus pour une santé durable
L’ambition du projet est d’améliorer durablement l’accès aux services de santé pour les populations vulnérables et d’accroître la sensibilisation sur les questions de santé sexuelle et reproductive. Il vise également à produire un impact concret et mesurable sur la santé des mères, des enfants et des jeunes dans le nord du Bénin. Ce projet représente plus qu’une réponse d’urgence. C’est une stratégie pour renforcer le système de santé dans un contexte de crise.
En combinant expertise technique, mobilisation communautaire et soutien humanitaire international, DEDRAS ONG et ses partenaires offrent aux mères et aux enfants du nord Bénin une chance réelle de survie et de dignité. Ce projet jette les bases d’un système de santé plus résilient, inclusif et proche des communautés, dans une région où chaque geste peut sauver une vie.









