Tchaourou : Deux écolières sauvées d’un réseau de traite vers le Nigeria grâce à la vigilance communautaire

 

À Sébou-Gah, dans la commune de Tchaourou, le pire a été évité de justesse. Deux fillettes de 11 et 12 ans, prêtes à suivre un trafiquant vers le Nigeria, ont été secourues grâce à la réactivité d’une camarade d’école et à l’intervention du Comité de Veille Villageoise. Récit d’une arrestation nocturne.

Tout commence par les manœuvres d’un courtier aux promesses rutilantes. Safiatou (12 ans) et Koumo (11 ans), toutes deux élèves en classe de CM2 à l’école primaire publique de Sébou-Gah, sont approchées par cet homme qui leur fait miroiter une « rémunération attractive ». L’objectif affiché : les convaincre de le suivre au Nigeria pour y devenir travailleuses domestiques. Séduites par ce plan, les deux amies acceptent de quitter leur foyer en secret.

L’alerte donnée par le gouvernement scolaire

C’est un « grain de sable » dans l’engrenage du trafiquant qui va sauver les fillettes. Selon les faits rapportés, la jeune Koumo, incapable de garder ce lourd secret, finit par se confier à une amie proche. Cette dernière, membre du gouvernement scolaire et sensibilisée aux risques d’exploitation par le projet BC-TEDE, comprend immédiatement la gravité de la situation. Elle choisit alors d’alerter son père, lui-même membre du Comité de Veille Villageoise (CVV).

Comme le souligne le récit de l’incident, cet acte de bravoure a permis de mettre immédiatement en place un dispositif de surveillance autour des familles.

Une interception nocturne au pied d’un pont

Le dénouement se joue dans la nuit du mercredi 17 décembre 2025. Constatant l’absence des deux filles après l’heure du coucher, les membres du CVV engagent des recherches. Grâce aux informations précises de la camarade ayant donné l’alerte, les pisteurs se dirigent vers la sortie du village, à environ 3 km de là, près d’un pont. C’est là que les deux enfants attendaient leur « passeur ».

Dissimulés dans l’obscurité, les membres du comité ont attendu l’arrivée du trafiquant aux environs de minuit. Alors que ce dernier commençait à discuter des modalités du départ avec les victimes, les membres du CVV sont intervenus pour procéder à son arrestation en flagrant délit.

La justice saisie, les enfants retournent à l’école

Le suspect n’a pas tardé à être remis aux forces de l’ordre. Il est actuellement poursuivi devant le Tribunal de Première Instance de Parakou pour traite d’enfants. Quant à Safiatou et Koumo, elles ont pu reprendre le chemin des classes et continuent normalement leur scolarité.

Pour les acteurs locaux, cette réussite est la preuve que « la protection des enfants est l’affaire de tous ». Ils estiment que la combinaison de la vigilance communautaire et des programmes de sensibilisation, comme ceux portés par le projet BC-TEDE, reste le meilleur rempart contre l’exploitation des plus vulnérables.