Alibori : l’inclusion au cœur de la résilience climatique avec DEDRAS et CBM
Alibori : l’inclusion au cœur de la résilience climatique avec DEDRAS et CBM
Le département de l’Alibori, l’un des plus vulnérables face aux aléas climatiques au Bénin, est au centre des préoccupations des ONG et des acteurs du développement. Pour réfléchir aux solutions et intégrer les besoins des personnes handicapées dans la gestion des catastrophes, un atelier de formation s’est tenu du 26 au 28 novembre à Parakou, au siège de DEDRAS. Organisé par DEDRAS avec l’appui financier et technique de Christian Blind Mission (CBM), il a réuni une trentaine d’acteurs locaux.
Un contexte de vulnérabilité persistante
Dans l’Alibori, les changements climatiques se traduisent par la hausse des températures, l’irrégularité des pluies, des vents violents, des sécheresses prolongées et des inondations très fréquentes. Ces aléas climatiques affectent de milliers de ménages causant des catastrophes qui accentuent davantage la vulnérabilité parmi lesquelles figurent les personnes handicapées, souvent marginalisées dans les stratégies locales. Le Projet de Résilience Climatique Inclusive (PRCI Alibori) mis en œuvre par DEDRAS ONG avec l’appui de CBM a été lancé pour répondre à cette réalité et placer l’inclusion au cœur des politiques locales.
L’inclusion au cœur de la stratégie
Pour Joas N’Biyou, responsable de programme à CBM Togo et Bénin, l’atelier avait un objectif clair :
« Nous voulons que les personnes handicapées ne soient plus oubliées dans les stratégies de prévention et de réponse aux catastrophes. L’atelier vise à renforcer les capacités des participants y compris les personnes handicapées sur
les concepts de base sur le handicap, les cadres directeurs et les lois pertinentes sur l’inclusion des personnes handicapées, l’évaluation des risques inclusifs, la planification et les plaidoyers pour des politiques inclusives en matière de réduction du risque de catastrophe. Dans le même esprit, Ibrahim Soumaila, conseiller en inclusion du handicap à CBM, insiste sur la nécessité de lever les barrières à la participation :
« L’une des thématiques majeures est l’inclusion du handicap dans la réduction des risques. Les résultats attendus sont clairs : leur implication active dans toutes les activités de prévention et de gestion des catastrophes, mais aussi la promotion de pratiques agricoles durables et inclusives, comme l’agroécologie. »
Ces propos traduisent la volonté de CBM de faire de l’inclusion un principe incontournable, non seulement dans la gestion des catastrophes, mais aussi dans les pratiques de développement durable.
L’engagement des acteurs locaux
Le Dr. Feliciano Tohho, Directeur des Affaires domaniales et environnementales de la mairie de Banikoara, souligne l’importance de l’appropriation du projet par les collectivités :
« Ce projet est une opportunité pour renforcer nos capacités et donner la priorité aux personnes handicapées. Nous allons réaliser une cartographie des zones à risque et mettre en place des mécanismes de prévention et de réponse rapide. Banikoara est une commune pilote, mais notre vision est d’étendre cette expérience à tout le département. »
De leur côté, les associations de personnes handicapées se disent prêtes à jouer un rôle moteur. Soumaila Kelessi, président du réseau départemental Alibori des personnes handicapées, exprime sa satisfaction :
« Notre implication directe dans cette formation prouve que nous sommes des acteurs essentiels. Nous nous engageons à restituer les acquis dans nos communes et à accompagner activement toutes les étapes du projet. C’est une grande satisfaction de voir que nos préoccupations seront désormais placées au centre des décisions pour la résilience climatique. »
Ces engagements montrent que la mobilisation est collective, impliquant à la fois les autorités locales et les organisations représentatives des personnes handicapées.
Le plaidoyer comme outil de changement
Pour Albert Kora, Directeur de Projet à DEDRAS, l’enjeu dépasse la simple sensibilisation :
« Il ne s’agit pas seulement de protéger, mais de garantir que la voix des plus marginalisés, en particulier les personnes handicapées, soit entendue dans l’élaboration de toutes nos politiques climatiques. »
Le plaidoyer inclusif apparaît ainsi comme une condition indispensable pour des politiques efficaces et équitables, capables de répondre aux défis climatiques tout en respectant la justice sociale.
Vers une dynamique collective
Au-delà des discours, l’atelier a permis de créer une synergie entre les Organisations des personnes handicapées OPH, collectivités locales et médias. Les participants repartent avec des outils concrets pour transformer la sensibilisation en plaidoyer structuré et efficace. Grâce à cette dynamique, les stratégies locales pourront désormais anticiper les crises climatiques avec davantage de pertinence et d’équité.
Cet atelier marque une étape décisive pour l’Alibori. À travers des formations, des cartographies des zones à risque et l’élaboration de plans communaux inclusifs, le projet PRCI Alibori entend bâtir une résilience durable et équitable. Pour les bailleurs et partenaires, il s’agit d’un investissement stratégique : soutenir une démarche qui conjugue justice sociale, inclusion et efficacité climatique, afin de bâtir des communautés plus fortes face aux défis environnementaux.



Ensemble contre l’exploitation : DEDRAS et ADDAD outillent les acteurs du placement
Ensemble contre l’exploitation : DEDRAS et ADDAD outillent les acteurs du placement
Le 27 juin dernier, au siège de DEDRAS ONG, s’est tenue une rencontre déterminante sur l’avenir du travail domestique au Bénin. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la tournée nationale de l’Association de Défense des Droits des Aide-ménagères et Domestiques (ADDAD), menée dans plusieurs communes du pays, notamment Parakou et Natitingou dans le nord, ainsi que Ouinhi et Sèmè-Podji dans le sud du Bénin. Cette tournée, appuyée techniquement et financièrement par le projet Briser les Chaînes du Travail et de l’Exploitation Domestique des Enfants (BC-TEDE) au Bénin et au Burkina Faso, soutenu par Woord en Daad et AFAS Fondation, vise à sensibiliser et renforcer les acteurs clés du secteur domestique. Elle a réuni à Parakou 26 participants majoritairement des femmes pour débattre des lois, des réalités de terrain et de l’urgence d’une meilleure protection des travailleurs domestiques.
“Ils ne bénéficient ni de repos ni de droits”
Dans une ambiance conviviale, la Présidente de ADDAD Bénin, Adjiho Patricia, a ouvert la séance avec chaleur, pédagogie et franchise. Grâce à des brise-glaces et des témoignages authentiques, elle a instauré un climat de confiance qui a favorisé des échanges ouverts. Le ton est monté en intensité avec l’intervention de l’inspecteur de travail Léon N’TchaA N’Dah, représentant la Direction Départementale du Travail. Il a dressé un constat alarmant :<?
“Lors de nos descentes, nous avons vu des enfants domestiques privés d’instruction, accablés de corvées, sans aucun respect pour leurs droits élémentaires.”
Le représentant du directeur du projet Briser les Chaînes du Travail et de l’Exploitation Domestique des Enfants de DEDRAS ONG, Aloni Mora, est revenu sur les ambitions du projet BC-TEDE mis en œuvre en collaboration avec ADDAD.
“Notre ambition est claire : retirer les enfants des situations d’exploitation domestique et les réinsérer dignement, soit en les ramenant à l’école, soit en les orientant vers l’apprentissage d’un métier de leur choix.”
Ces propos ont été renforcés par l’intervention de Pascaline Agassounon, Secrétaire générale adjointe de l’ADDAD, qui a présenté les actions menées par l’association, dénoncé les dérives observées sur le terrain et partagé les principaux textes juridiques encadrant le travail domestique.
Un témoignage particulièrement marquant a été apporté par la représentante du GUPS 1. En comparant les revenus et les conditions de vie des enfants placés dans différents pays, elle a mis en lumière les inégalités criantes et les dérives du placement non encadré :
“Certains enfants sont mieux traités à l’étranger qu’ici. Et pourtant, sans suivi ni structure, ils finissent souvent oubliés.”
Elle a plaidé pour la création d’associations locales chargées du suivi des placements et invité ADDAD à renforcer les forums communautaires.
Une rencontre constructive
Les retours des participants ont été très positifs. La diversité des intervenants et la pertinence des thématiques abordées ont permis de renforcer les connaissances sur les droits et devoirs liés au travail domestique. La Direction Départementale du Travail et de la Fonction Publique a encouragé chacun à signaler les situations observées sur le terrain afin d’obtenir un accompagnement adéquat.
Plusieurs recommandations ont été formulées : intensifier les campagnes de sensibilisation en milieux urbain et rural pour vulgariser les lois encadrant le travail domestique ; encourager la formalisation des relations professionnelles au moyen de contrats de travail ; créer des plateformes d’écoute et de médiation pour les travailleuses domestiques ; et veiller à l’application stricte des textes en vigueur pour prévenir toute forme d’abus. L’idée de mettre en place des associations de femmes ou des structures relais a également été fortement soutenue pour assurer un suivi plus durable et structuré.
En somme, cette journée fut bien plus qu’un atelier : un appel collectif à la dignité, à la justice et au respect pour celles et ceux qui, souvent dans l’ombre, contribuent au fonctionnement des foyers béninois.
La tournée, en couvrant Parakou, Natitingou, Ouinhi et Sèmè-Podji, montre l’ampleur et la détermination des acteurs engagés à changer durablement les conditions de vie des travailleurs et travailleuses domestiques au Bénin.




Des jeux éducatifs pour apprendre autrement : DEDRAS et un de ces partenaires néerlandais soutiennent 1191 élèves des écoles ‘’Flambeau’’
Des jeux éducatifs pour apprendre autrement : DEDRAS et un de ces partenaires néerlandais soutiennent 1191 élèves des écoles ‘’Flambeau’’
L’ONG DEDRAS, et un de ces partenaires des Pays-Bas, offrent du matériel pédagogique et des jeux éducatifs à 1191 élèves des écoles Flambeau et de la Fraternité de Banikoara. Une initiative qui allie apprentissage, plaisir et développement intellectuel.
L’ONG DEDRAS a procédé à une distribution de matériels pédagogiques et de jeux d’éveil éducatif au profit de 1191 élèves issus des écoles Flambeau de Parakou, Tchaourou, Kilibo, Bembérékè, Natitingou et de l’école la Fraternité de Banikoara. Cette initiative vise à améliorer les conditions d’apprentissage et à stimuler le développement intellectuel et créatif des enfants à travers des outils modernes et ludiques.
Un partenariat pour le sourire et l’intelligence des enfants
Selon Jean Pierre Séni, Chargé de l’Education à DEDRAS, cette activité s’inscrit dans le cadre du partenariat avec un donateur néerlandais. Il explique :
« Ce partenaire a offert ces dons à DEDRAS pour qu’ils soient redistribués dans les écoles appuyées par l’organisation. Ces cadeaux comprennent des supports pédagogiques pour les enseignants et des jeux d’éveil pour les enfants, favorisant l’apprentissage et le développement intellectuel », a-t-il expliqué.
Les dons sont composés notamment de globes terrestres, de documents de lecture et de plusieurs jeux éducatifs comme Devine Tête, Entendre, Voir, Parler, Cinq secondes, Ni Oui Ni Non, SPIN MASTER, Badaboule et Triops et Dinosaure.
Des élèves reconnaissants et enthousiastes
« Bonjour chers donateurs, soyez les bienvenus dans notre école les bras chargés. Nous vous disons merci de nous honorer par ces cadeaux. Nous vous assurons qu’ils seront utilisés avec beaucoup de sagesse », a déclaré Précieux Changotadé, élève du Complexe scolaire Flambeau de Natitingou.
« Il est grand, ma joie de recevoir ces différents cadeaux. Nous promettons d’en faire bon usage. Cela contribuera à une meilleure concentration, surtout en mathématiques », a affirmé Aïda Dakin, apprenante au Complexe scolaire Flambeau de Parakou.
Les enfants ont exprimé leur bonheur à travers des chants et des sourires, preuve que le jeu reste un outil d’apprentissage puissant et universel.
Une action saluée par les acteurs locaux de l’éducation
« Ces cadeaux vont permettre aux enfants de se sentir aimés. Et comme ce sont des documents éducatifs, ils vont aussi développer leur intelligence. Je remercie DEDRAS et ses partenaires pour ce noble geste », a souligné Patricia Houhakou, présidente de l’Observatoire communal de l’Éducation à Natitingou.
La distribution a eu lieu en présence des parents d’élèves, des enseignants et des autorités locales, témoignant de la transparence et de la dimension communautaire de cette initiative.
Pour un apprentissage plus vivant et inclusif
Cette action, marque une nouvelle étape dans l’engagement de DEDRAS à rendre l’éducation plus accessible, attrayante et inclusive. Les dons remis entreront désormais dans le patrimoine pédagogique de chaque école, afin que tous les élèves puissent en bénéficier durablement.
« À travers ce que nous venons de voir, ces différents jeux vont permettre de développer un certain nombre d’attitudes positives chez les enfants », a apprécié Olive Hounsou, un responsable des parents d’élèves
Avec cette initiative, DEDRAS et ses partenaires nerlandais démontrent qu’investir dans l’éducation des enfants, c’est investir dans l’avenir du Bénin. Entre apprentissage et plaisir, les élèves des écoles Flambeau et de la Fraternité de Banikoara apprennent désormais en s’amusant, le sourire aux lèvres et la tête pleine de rêves.


Quand leurs voix ont brisé mon silence : Le récit poignant d’un imam transformé par la souffrance des enfants mariées trop tôt
« J’ai perdu mon bébé parce que je ne savais rien. Rien sur mon corps, ni sur les soins à avoir. J’ai été marié de force », confie Fatima 15 ans, les yeux embués. À ses côtés, Aïcha murmure : « J’avais 13 ans quand on m’a donnée en mariage à un homme qui avait l’âge de mon père. Il me battait. J’ai fui. »
Dans une salle silencieuse ce jour-là devant un public attentif à Bétérou, dans la commune de Tchaourou, les témoignages des enfants ne tombent pas dans l’oreille d’un sourd. Car parmi ceux qui écoutent, se trouve Inoussa Bio, imam du village de Wari Samba, bouleversé pour la première fois par ce qu’il refuse d’appeler une simple “tradition”.
Pendant des années, l’imam célébrait des mariages entre hommes adultes et jeunes filles, parfois sans jamais demander l’âge réel des épouses. Il avait assisté à des sensibilisations, entendu les discours et vu passer les projets. Mais rien ne l’avait ébranlé jusqu’à ce que DEDRAS-ONG, à travers le projet ‘’ Briser les chaînes du travail et de l’exploitation domestique des enfants ’’, introduise une nouvelle méthode : faire entendre les survivantes.
« Ce n’était pas des chiffres ni des discours. C’étaient des jeunes filles réelles, devant moi, détruites par ce système auquel j’avais participé. Et là, j’ai vraiment écouté. », confie-t-il, la voix chargée d’émotion. « J’ai compris ce jour-là que je n’étais pas un simple témoin : j’étais complice. »
Depuis ce moment, le vieil homme refuse de célébrer un mariage sans avoir vérifié l’acte de naissance de la jeune fille, garantissant qu’elle est en âge légal de se marier. Il consacre également ses prêches, ses échanges avec les familles, et même les réunions villageoises à relayer l’histoire de Fatima et d’Aïcha avec leur autorisation pour susciter, lui aussi, la prise de conscience. Il a décidé de devenir la voix des silencieuses.
« Leur courage ne sera pas vain. Leur parole sauvera d’autres filles. Moi, je parlerai pour elles, je défendrai leur enfance. »
Nord Bénin : DEDRAS ONG lance un projet pour sauver des vies maternelles et infantiles dans un contexte d’insécurité
Nord Bénin : DEDRAS ONG lance un projet pour sauver des vies maternelles et infantiles dans un contexte d’insécurité
DEDRAS ONG lance en juillet 2025 un projet humanitaire de deux ans dans le nord du Bénin. Il s’agit du projet Réduction de la Mortalité Maternelle et Infantile dans l’Alibori et l’Atacora. D’une durée de deux ans, ce projet bénéficie de l’appui technique de ERIKS Development Partner et du financement de RadioAid. L’objectif est de réduire la mortalité maternelle et infantile dans ces localités où l’insécurité compromet chaque jour l’accès aux soins de santé.
Le Bénin enregistre des taux élevés de mortalité maternelle et infantile, estimés à 371 décès pour 100 000 naissances vivantes. Cette situation est aggravée par l’insécurité persistante et les difficultés d’accès aux services de santé. Dans plusieurs localités, les femmes enceintes, les nouvelles mères, les enfants et les jeunes paient le prix fort, faute d’informations suffisantes, de structures sanitaires fonctionnelles ou d’un accompagnement adapté.
Un projet ancré dans la communauté
Le Projet Réduction de la Mortalité Maternelle et Infantile dans l’Alibori et l’Atacora cible trois zones de santé particulièrement touchées par les violences : Banikoara et Malanville-Karimama dans l’Alibori, ainsi que Matéri-Tanguiéta-Cobly dans l’Atacora. Il s’adresse en priorité aux populations vulnérables, notamment les personnes déplacées internes, les femmes enceintes, les nouvelles accouchées, les nouveau-nés, les adolescentes et les jeunes. Les agents de santé qui continuent d’assurer la continuité des soins dans ces zones font également partie des bénéficiaires.
L’approche choisie est intégrée et participative. Elle associe les autorités locales, les zones sanitaires, les organisations de la société civile, ainsi que les leaders communautaires et religieux afin de créer un environnement favorable à la santé maternelle et infantile. Le Coordonnateur National de DEDRAS ONG, Jean Kpetere, souligne à cet effet : « Sur le terrain, des acteurs font un effort remarquable. Il est très important de les intégrer dans notre plan de travail. Ce projet travaillera en synergie avec les relais communautaires, les ONG et programmes déjà présents. Ensemble, nous pouvons sauver des vies et promouvoir le développement humain des populations vulnérables. »
Des actions concrètes et ciblées
Pour atteindre ses objectifs, le projet combine plusieurs approches complémentaires. Il renforce l’accès aux services de santé maternelle et infantile à travers la prise en charge des frais de transport pour les consultations prénatales et postnatales, l’appui financier aux femmes vulnérables et le soutien aux structures sanitaires locales. Il intensifie les actions de sensibilisation et d’information auprès des communautés, notamment sur la santé sexuelle et reproductive, tout en mobilisant les jeunes et les femmes autour des bonnes pratiques. Enfin, il renforce les compétences des prestataires de santé grâce à des formations sur les soins obstétricaux et néonatals d’urgence, tout en leur fournissant le matériel nécessaire pour assurer des soins de qualité.
Des résultats attendus pour une santé durable
L’ambition du projet est d’améliorer durablement l’accès aux services de santé pour les populations vulnérables et d’accroître la sensibilisation sur les questions de santé sexuelle et reproductive. Il vise également à produire un impact concret et mesurable sur la santé des mères, des enfants et des jeunes dans le nord du Bénin. Ce projet représente plus qu’une réponse d’urgence. C’est une stratégie pour renforcer le système de santé dans un contexte de crise.
En combinant expertise technique, mobilisation communautaire et soutien humanitaire international, DEDRAS ONG et ses partenaires offrent aux mères et aux enfants du nord Bénin une chance réelle de survie et de dignité. Ce projet jette les bases d’un système de santé plus résilient, inclusif et proche des communautés, dans une région où chaque geste peut sauver une vie.
Restaurer la terre, restaurer la dignité : Impact de l’Initiative Bande Verte durable au Bénin dans le cadre du programme AFR 100
Restaurer la terre, restaurer la dignité : Impact de l’Initiative Bande Verte durable au Bénin dans le cadre du programme AFR 100
Un projet panafricain au service des communautés rurales
« Restaurer la terre, c’est restaurer la dignité humaine », affirmait Wangari Maathai, figure emblématique du World Resources Institute. Cette vision prend corps au Bénin à travers l’Initiative Bande Verte Durable, lancée en juin 2022 par l’ONG DEDRAS. Ce projet s’inscrit dans le cadre de l’Initiative Régionale AFR100, un programme panafricain ambitieux de restauration de 100 millions hectares de terres et des paysages, soutenu par One Tree Planted, Realize Impact et le World Ressources Institute, et dont le Bénin est parti pour un objectif de 500 milles hectares.
Implémenté dans onze communes réparties sur les départements du Borgou, de l’Alibori, de l’Atacora et de la Donga, le projet vise à renforcer la résilience écologique et économique des communautés locales à travers la plantation d’essences agroforestières à haute valeur ajoutée, notamment l’anacardier et le karité.
Des bénéficiaires engagés et formés
Sur le terrain, les témoignages des producteurs traduisent un réel engouement et une appropriation progressive du projet.
À Djougou, dans la Donga, Inoussa Chabi, producteur local, témoigne :
« J’aime les anacardiers, j’en ai fait la demande et DEDRAS, à travers le projet, en a mis à ma disposition. On m’a formé et coaché, et j’ai même été sollicité comme producteur relai pour former et accompagner d’autres producteurs à planter des anacardiers. »
À Copargo, toujours dans la Donga, Zakari Biao se réjouit de l’évolution de ses plantations :
« Les 200 plants d’anacardier et les 200 plants de karité que j’ai reçus ont bien prospéré. Aujourd’hui, j’ai une véritable plantation, ce qui est très bénéfique pour moi. »
Dans le département de l’Atacora, à Kouandé, Imorou Yérima N’Gobi partage son expérience :
« J’ai entendu parler du projet par la radio et par des amis. J’ai reçu 200 plants d’anacardiers en apportant entre autres contribution 200 bidons pour l’irrigation. On nous a aussi formés sur le piquetage, les fouilles et l’entretien des plants. 2ans après la mise en terre, j’ai déjà récolté 60 kilos d’anacarde. Ce n’est pas beaucoup, mais c’est un début prometteur. »
Malgré les résultats encourageants, plusieurs bénéficiaires évoquent des difficultés persistantes : mortalité de certains plants due aux aléas climatiques, ou autres perturbations écologiques comme humaines telles que les sols dégradés, les attaques de termites et la divagation d’animaux. Face à ces difficultés les producteurs ont dévéloppés des initiatives avec l’appui du projet Pour limiter les dégâts. Au nombre de ces mesures nous pouvons citer la plantation en ceinture du campêche, une espèce épineuse utilisée comme barrière naturelle, l’utilisation des systèmes d’irrigation goutte-à-goutte, des sensibilisations par les médias locaux, etc.
Un accompagnement technique et communautaire
Le projet ne se limite pas à la mise à disposition à prix accessible de plants. Il repose sur un accompagnement technique structuré et continu. Selon Gilles Tawéma, chargé du suivi-évaluation du projet à DEDRAS ONG :
« Nous avons mis en place un dispositif de coaching agricole dans chaque commune. Les cellules communales ont été également impliquées dès l’évaluation des besoins jusqu’au suivi des plantations. »
Il souligne également que :
« Ce projet est un exemple de synergie entre les acteurs locaux et les partenaires internationaux. Il ne s’agit pas seulement de planter des arbres, mais de reconstruire des écosystèmes et des moyens de subsistance durables. »
Le rôle joué par les Cellules communales agricoles est central dans cette démarche multi-acteurs. En effet à Ségbana, Corneille Kinkpé, le Chef de la Cellule Communale (CCeC), explique :
« Nous avons participé dès les premières étapes, notamment dans l’évaluation des besoins, l’identification des bénéficiaires et le suivi de la mise en œuvre des différentes activités retenues pour chaque campagne. Dans ce cadre, 24 020 plants d’essences forestières ont été mis en place, dont 22 100 plants d’anacardier et 1 920 plants de karité. »
Au cœur du dispositif, les pépiniéristes assurent la production de plants vigoureux à haute performance, greffés ou polyclonaux, et facilitent leur disponibilité auprès des bénéficiaires dans les différentes régions. La majorité des plants livrés au projet étaient des anacardiers greffés, ou plants polyclonaux selon le cas pour répondre à la difficulté liée à la fragilité des plants gréffés. Malgré que le projet ne soit pas directement intervenu sur la production des plants, car c’est les pépiniéristes qui les produisent et les fournissent simplement, il a contribué à créer de déboucher pour leurs plants.
Des résultats concrets malgré les défis
Malgré les nombreux obstacles rencontrés tels que les aléas climatiques, sols appauvris, ravageurs, divagation animale, le projet a su s’adapter et générer des résultats tangibles. Les bénéficiaires, mieux formés et accompagnés, ont progressivement adopté les bonnes pratiques agricoles. Ce changement de comportement par l’adoption des bonnes pratiques est l’un des acquis les plus précieux du programme qui a favorisé le taux de mortalité globalement autour des 15%.
Après trois années de mise en œuvre, les résultats sont impressionnants affirme Gilles Tawéma. « Sur une cible initiale de 250 000 plants à mettre en terre, DEDRAS ONG a dépassé les attentes avec un total de 251 784 plants effectivement plantés, dont 243 922 plants de cajou et 7 862 plants de karité ». Ces chiffres traduisent l’engagement des acteurs locaux et la rigueur du suivi technique. Globalement les taux de mortalité des plants surtout ceux des anacardiers est autour de 15%.
Un impact socio-économique mesurable
Au-delà de la reforestation, le projet a généré des retombées économiques significatives. Quarante-cinq emplois directs ont été créés, mobilisant des agents techniques, des pépiniéristes et des animateurs communautaires. À cela s’ajoutent de nombreux emplois indirects dans les domaines du transport, de la logistique et de la transformation des produits forestiers.
Il faut également noter les noix de cajou qui ont déjà commencé à être récolté çà et là par les producteurs dans les plantations datant de 2022.
A en croire le suivi évaluateur, la superficie restaurée à ce jour s’élève à 1 641,58 hectares, répartie dans les différentes communes d’intervention. Ce chiffre témoigne de l’ampleur du travail accompli et du potentiel de régénération des terres dégradées.
DEDRAS ONG et ses partenaires Realize Impact, World Ressources Institute et One Tree Planted peuvent légitimement se réjouir des résultats obtenus. Le projet Initiative Bande Verte Durable ne se contente pas de planter des arbres : il plante des espoirs, des opportunités et des solutions durables pour les générations futures. Grâce à cette synergie entre acteurs locaux et partenaires internationaux, le Bénin avance résolument vers une résilience écologique renforcée et une dignité humaine restaurée.





Sompérékou Yorou-Non : 30 enfants vulnérables soutenus par la solidarité des femmes AVE&C
Sompérékou Yorou-Non : 30 enfants vulnérables soutenus par la solidarité des femmes AVE&C
Dans les ruelles du quartier Sompérékou Yorou-Non, dans la commune de Banikoara, les rires ont remplacé les inquiétudes. À l’orée de la rentrée scolaire 2025-2026, un geste de solidarité et d’amour maternel a illuminé les visages de 30 enfants issus de familles vulnérables.
Les 32 femmes membres du groupe AVE&C, installé par DEDRAS ONG dans le cadre du projet Filles, Santé, Sexualité financé par ERIKS, ont uni leurs forces pour leur offrir des kits scolaires.
Grâce à une gestion rigoureuse et solidaire, le groupe a mobilisé un total de 997.600 FCFA, dont 106.500 FCFA issus de leur fonds de solidarité et 300.000 FCFA provenant des intérêts sur les prêts internes. Sur cette somme, 82.000 FCFA ont été spécifiquement consacrés à l’achat de fournitures : cahiers, stylos, ardoises, vrais dessinateurs et autres outils indispensables pour bien démarrer l’année scolaire.
En parallèle, les intérêts des prêts ont été redistribués équitablement entre les membres, selon la mise de chacune, renforçant ainsi l’esprit de justice et de transparence au sein du groupe.
Au-delà de l’aspect matériel, ce geste traduit une valeur forte : la cohésion sociale et l’importance des initiatives communautaires portées par les femmes. Le projet Filles, Santé, Sexualité ne se limite pas à la sensibilisation ; il agit concrètement dans la vie des familles, en plaçant les femmes au cœur du changement.
Le groupe AVE&C de Sompérékou Yorou-Non prouve ainsi que la solidarité locale, même avec des moyens modestes, peut transformer des réalités et offrir un avenir plus lumineux aux enfants. Leur engagement inspire et rappelle que, parfois, il suffit de peu pour changer beaucoup.


REMISE DE KITS SCOLAIRES AUX ENFANTS VULNERABLES
Remise de kits scolaires aux enfants vulnérables
Une rentrée sereine pour des enfants vulnérables grâce au projet BCTEDE de DEDRAS ONG
À Parakou, Natitingou, Tanguiéta, Toucountouna et Tchaourou, 165 enfants vulnérables ont démarré la rentrée avec le sourire grâce au projet Briser les Chaines du travail et de l’Exploitation Domestique des Enfants au Bénin et au Burkina Faso BCTEDE de DEDRAS ONG. Cette action a soulagé de nombreux parents qui n’auront plus à s’inquiéter des fournitures scolaires. Les enfants, heureux et motivés, ont promis de bien travailler à l’école, tandis que leurs parents se sont engagés à les accompagner tout au long de l’année pour favoriser leur réussite.
Retrouvez la vidéo de la cérémonie de remise des kits à Parakou, avec les impressions de quelques enfants bénéficiaires.
Quand les radios et les communautés deviennent les voix de l’enfance
Quand les radios et les communautés deviennent les voix de l’enfance
Dans les communes de Tchaourou, Tanguiéta, Natitingou et Toucountouna, les ondes ont porté un message fort : celui de la lutte contre le travail et l’exploitation domestique des enfants. À travers le projet « Briser les chaînes », mis en œuvre par DEDRAS ONG dans les départements de l’Atacora et du Borgou, des émissions grand public ont été organisées pour sensibiliser les populations rurales sur les dangers de ces pratiques et l’importance de la déclaration de naissance.
Grâce à des partenariats stratégiques avec ses radios communautaires, le projet a organisé des débats publics animés par des journalistes locaux, des experts en protection de l’enfance tels que : les responsables GUPS, des sage-femmes et des agents de l’état civil des mairies.
« Ces échanges au niveau de l’arbre à palabre avec les personnes ressources m’ont permis de mieux comprendre l’importance de l’acte de naissance. Je vais faire enregistrer mes enfants le plus tôt que possible car c’est une pièce capitale et son absence peut hypothéquer leur avenir ! » témoigne Lamatou, mère de trois enfants à Guinirou.
Les émissions ont été conçues pour être participatives, avec des jeux de questions-réponses et des récompenses (gadgets, pâtes alimentaires, pains de savon) pour encourager l’implication directe des populations sorties nombreuses pour prendre part à l’activité.
Un engagement communautaire renforcé
« Nous avons voulu que les communautés soient actrices du changement. Les radios locales sont des relais puissants pour faire passer nos messages là où les réseaux sociaux ne vont pas », explique Soulé Adamou, Directeur du projet ‘’Briser les Chaines du Travail et de l’exploitation Domestique des Enfants’’ BCTEDE à DEDRAS ONG.
Les conseillers en protection de l’enfance ont sillonné les villages pour mobiliser les populations, avec l’appui des chefs locaux. Les émissions ont permis de renforcer les liens entre les autorités, les médias et les citoyens, créant un espace de dialogue inédit.
Déclaration de naissance : un droit fondamental mis en lumière
L’un des volets les plus marquants de la campagne a été la sensibilisation sur l’établissement des actes de naissance sécurisés. Sans ce document, les enfants sont invisibles aux yeux de l’administration et de l’Etat, privés d’éducation, de soins et de protection sociale.
« Beaucoup de parents ne savent pas que l’acte de naissance est la clé de tous les droits. Grâce à cette émission, nous avons vu des familles se rendre dans les arrondissements quelques jours après », confie Rémi Yokossi rédacteur en chef à radio Nanto Fm de Natitingou.
Des résultats concrets et prometteurs
Au total, 4 émissions grand public ont été réalisées et diffusées, touchant 589 personnes dans les zones ciblées soit 140 hommes, 278 femmes et 170 enfants. Les premiers retours indiquent une meilleure compréhension des enjeux liés au travail des enfants et une augmentation des démarches de déclaration de naissance.
DEDRAS ONG espère que cette initiative servira de modèle pour d’autres régions confrontées aux mêmes défis. En mobilisant les radios communautaires, les autorités locales et les citoyens, le projet sous-régional « Briser les chaînes de l’Exploitation des Enfants au Bénin et au Burkina Faso » montre qu’il est possible de changer les mentalités et protéger les enfants, un message qui résonne bien au-delà des frontières du Bénin et du Burkina Faso.






Le Programme d’Amélioration Scolaire transforme l’éducation chrétienne au Bénin
Le Programme d’Amélioration Scolaire transforme l’éducation chrétienne au Bénin
Une initiative internationale aux racines béninoises
Le Programme d’Amélioration Scolaire (P.A.S) est une initiative portée par l’Association Internationale des Écoles Chrétiennes (ACSI), présente sur tous les continents. En Afrique, ACSI intervient depuis plus de trente ans dans 33 pays africains répartis en cinq régions géographiques 33 pays africains répartis dans cinq régions géographiques à savoir en Afrique centrale, Afrique de l’Ouest francophone, Afrique de l’Ouest anglophone, Afrique de l’Est et Afrique australe. Au Bénin, c’est l’ONG DEDRAS qui a été identifiée et autorisée par ACSI comme Partenaire Hôte Local (PHL) pour implémenter le programme. Cette reconnaissance s’appuie sur l’engagement de DEDRAS en faveur de l’éducation chrétienne, notamment à travers la formation des enseignants, l’organisation de camps bibliques et la création de clubs d’éducation chrétienne dans les écoles.
Une formation de longue haleine pour une transformation durable
Commencée le 12 avril 2023, la première cohorte du programme a achevé ses six sessions de formation le 19 juillet 2025, soit deux ans et trois mois d’apprentissage intensif. Deux formateurs agréés, formés par ACSI, ont accompagné quatre formateurs candidats dans le renforcement des capacités de 29 leaders issus de dix écoles chrétiennes réparties dans plusieurs localités du Bénin, dont Parakou, Kilibo, Bembérékè, Natitingou, Sinendé, Djougou, Pédarou et Banikoara.
Sous la coordination du PHL, représenté par Jean Pierre Séni, les participants ont été formés sur sept normes fondamentales : les fondements bibliques, le leadership personnel, l’enseignement et l’apprentissage, la gestion des finances et des infrastructures, la santé et la sécurité, la formation spirituelle, la culture de l’école, ainsi que le plan continu d’amélioration scolaire. Ces normes visent à renforcer la qualité de l’éducation chrétienne en mettant l’accent sur la transformation holistique des élèves, enseignants et parents, à la lumière des vérités bibliques.
Des écoles engagées dans le changement
Les établissements participants ont amorcé des réformes concrètes. Le complexe scolaire privé SWAA GEA de Sinendé, par exemple, a revu sa philosophie éducative, élaboré une déclaration de vision et de mission, mis en place une équipe pédagogique chrétienne et instauré une politique de gestion des conflits. Ces changements ont permis de poser des bases solides pour une éducation centrée sur les valeurs bibliques, avec un impact déjà perceptible sur les élèves et l’environnement scolaire.
Angèle Adom, formatrice candidate, exprime sa reconnaissance : « Ce programme m’a permis de revoir ma manière d’enseigner et d’aider les autres à transformer le cœur des enfants pour la gloire de Dieu. » Elle souligne l’importance de cette formation dans sa compréhension de l’école chrétienne et son rôle dans la transformation des jeunes.
Tabé Pierre Timothé, membre du comité d’administration du complexe SWAA GEA, témoigne de la transformation de son établissement : « Nous avons rétabli notre école sur des bases bibliques solides. Une transformation positive est déjà perceptible. »
Odé Oluwatogni Stéphane, leader au CSPE Le Flambeau Kilibo, partage son expérience personnelle : « Grâce aux sessions du PAS, j’ai appris à mieux gérer mon temps et à enseigner selon la vision biblique du monde. Mes apprenants, autrefois insupportables, sont en train d’être transformés. J’ai la foi que cette transformation sera continuelle. »
Une célébration et des perspectives
La dernière session de formation s’est clôturée par une célébration festive au cours de laquelle les participants ont reçu leurs attestations. Les regards sont désormais tournés vers les prochaines étapes du programme, notamment la phase d’accréditation des écoles chrétiennes par ACSI. Cette reconnaissance internationale viendra couronner les efforts déployés et renforcer l’impact du programme sur le système éducatif béninois.













