Glazoué : DEDRAS renforce la production rizicole de 107 jeunes avec des kits agricoles
Glazoué : DEDRAS renforce la production rizicole de 107 jeunes avec des kits agricoles
107 jeunes producteurs de riz ont reçu, mercredi 12 août 2026, des kits d’intrants agricoles dans le cadre du projet RIZAO. La cérémonie de remise de kits s’est déroulée à Glazoué dans le département des Collines. Mis en œuvre au centre et au nord du Bénin par DEDRAS ONG, cet appui vise à améliorer la productivité des exploitations et à renforcer progressivement la chaîne de valeur du riz local.
À Glazoué, les jeunes producteurs de riz repartent avec de quoi préparer plus sereinement leur campagne agricole. La remise des kits, organisée par DEDRAS ONG dans le cadre du projet RIZAO (Riz Afrique de l’Ouest), a réuni des jeunes femmes et hommes producteurs venus des six communes des Collines.
Au total, 107 bénéficiaires ont reçu chacun un kit comprenant 20 kg de semences de riz IR841, deux sacs de NPK, un sac d’urée, deux litres de Garil, ainsi qu’un service de labour d’un hectare soit, à l’échelle de l’opération, 214 sacs de NPK, 107 sacs d’urée, 214 litres de Garil et le labour de 107 hectares de terres renforcer la production de riz paddy.
Un appui qui va au-delà des intrants
Pour DEDRAS, cette remise de kits s’inscrit dans une démarche plus large d’accompagnement des jeunes producteurs afin de renforcer leurs capacités productives et d’améliorer durablement la productivité rizicole.
Directeur du projet RIZAO à DEDRAS ONG, Luc Gouroubera précise que l’intervention de l’organisation ne se limite pas à la mise à disposition d’intrants. « Notre accompagnement s’inscrit dans les quatre composantes du pilier 2 : Le renforcement des coopératives, les unions de producteurs et les inter-professions ; la promotion des bonnes pratiques agricoles à grande échelle ; la fourniture de services mécanisés et la promotion de l’innovation digitale », explique-t-il. Pour le responsable du projet, présent lors de la cérémonie aux côtés des différents acteurs et partenaires engagés dans la mise en œuvre de RIZAO, cet accompagnement stratégique doit permettre aux jeunes bénéficiaires de consolider leurs initiatives entrepreneuriales : « Il s’agit pour eux d’améliorer leur production en appliquant les bonnes pratiques agricoles, afin d’obtenir un riz paddy de haute qualité, conforme aux exigences de l’agrégateur URFER-C. »
L’objectif affiché est de permettre aux jeunes producteurs de disposer de meilleurs moyens pour conduire leurs exploitations, accroître leurs rendements et, à terme, améliorer leurs revenus.
Le riz paddy au cœur de la chaîne
L’appui aux producteurs intéresse également les autres acteurs du cluster riz. Dans les Collines, l’Union régionale des femmes étuveuses de riz du département des Collines (URFER-C) intervient comme organisation bénéficiaire du projet et comme agrégateur auquel les jeunes producteurs livrent leur riz paddy. Son activité dépend directement de la disponibilité de cette matière première : une production plus importante et de meilleure qualité peut ainsi contribuer à sécuriser l’approvisionnement des unités d’étuvage et à améliorer progressivement la compétitivité du riz local.
Pour les bénéficiaires, la dotation représente surtout une possibilité de réduire certaines charges de production. Le labour d’un hectare, notamment, vient compléter les intrants remis et facilite la préparation des parcelles.
Produire davantage pour créer des emplois
RIZAO est un projet régional mis en œuvre au Sénégal, au Bénin, au Togo et en Côte d’Ivoire. Il cible notamment les jeunes de 18 à 35 ans, avec une attention particulière accordée aux jeunes femmes et aux personnes en situation de handicap. Pour l’ensemble du projet, l’ambition est de contribuer à la création de 441 000 emplois, dont 70 % pour les jeunes femmes et 5% de jeune personnes en situation d’handicap. Au Bénin seul, l’objectif est fixé à 53 721 emplois pour les jeunes.
Initiative de MEDA, mise en œuvre en consortium avec AfricaRice, Partners in Food Solutions et 350 Nord, RIZAO s’appuie sur le terrain sur des clusters riz réunissant, outre l’URFER-C, l’ESOP Savalou, l’ESOP Ouaké et la Société coopérative ISSO HANA. DEDRAS en est le partenaire de mise en œuvre (PMO).
À travers son intervention dans les Collines, DEDRAS entend contribuer à structurer une chaîne de valeur du riz plus performante, inclusive et créatrice d’emplois. La synergie avec MEDA et les autres acteurs du secteur doit permettre d’agir aussi bien sur la production que sur la transformation et la commercialisation.
À Glazoué, la remise des kits apparaît ainsi comme un maillon d’une stratégie plus large : produire davantage, améliorer les pratiques agricoles et renforcer les revenus des acteurs de la filière rizicole, particulièrement les jeunes et les femmes.





Éducation : à Cotonou, la société civile veut ancrer durablement la veille citoyenne dans les communes
Éducation : à Cotonou, la société civile veut ancrer durablement la veille citoyenne dans les communes
Après Parakou, Natitingou et Bohicon, c’est au tour de la zone Sud d’accueillir, le 13 août 2026 à Cotonou, le forum des partenaires de l’Observatoire de l’Éducation. Autorités locales, services déconcentrés de l’État, ONG et partenaires techniques et financiers s’y sont retrouvés pour une même préoccupation : que faire de l’Observatoire de l’Éducation et de ses démembrements quand le projet qui les a portés jusqu’ici arrivera à son terme le 31décembre 2026 ?
L’éducation, pilier du développement, est l’affaire de tous. Au Bénin, les organisations de la société civile s’investissent depuis plusieurs années pour renforcer le suivi des politiques éducatives. DEDRAS ONG et Social Watch Bénin accompagnent notamment l’Observatoire de l’Éducation à travers la veille citoyenne et le plaidoyer, dans le cadre du Projet de renforcement des OSC pour la redevabilité des politiques éducatives et leur mise en œuvre (PRO-RePEM), soutenu par le Partenariat mondial pour l’éducation via le fonds Education Out Loud.
À quelques mois de la fin de ce projet, les acteurs qui se sont réunis à Cotonou pour les départements de l’Atlantique, du Littoral, du Mono et de l’Ouémé ont dressé un bilan sans détour, entre acquis à préserver et défis actuels.
Des résultats tangibles sur le terrain
Pour Rigobert Orou Ganni, président de Social Watch Bénin, les OCE font un travail non moins négligeable qu’il faut apprécier à sa juste valeur. « Il y a par exemple des localités où les enfants n’avaient pas de manuels, le plaidoyer est fait et les écoliers ont été dotés de manuels. Dans plusieurs communes du Bénin où, suite à une intempérie, les enfants étaient sans abri, le plaidoyer a permis de vite réaliser pour vraiment sauver la vie des enfants à l’école », a-t-il témoigné.
Un constat que partage Alphonse Kinkponwé Agossa, président du conseil d’administration de DEDRAS ONG, qui rappelle le chemin parcouru : « On a capacité beaucoup d’observatoires à tous les niveaux. Nous avons hérité de 17 observatoires au niveau des communes. Avec ce projet, nous sommes arrivés à couvrir tout le territoire. Les 77 communes ont des structures de plaidoyer, d’accompagnement de nos autorités. »
Ces résultats, les deux responsables le reconnaissent, n’auraient pas été possibles sans l’appui des autorités communales et départementales. Porte-parole des préfets des départements de la zone Sud, Gilbert Déou Malè a tenu à rappeler la responsabilité qui incombe désormais aux collectivités locales : « Il appartient à chacun de, dans son domaine de compétence, de prendre le relais afin que l’Observatoire de l’éducation continue, bien après la fin du projet, à jouer pleinement son rôle auprès et au service de nos enfants. »
L’après-projet, une équation à résoudre ensemble
Car c’est bien là tout l’enjeu de ce forum : le projet touche à sa fin, et il faut désormais consolider et pérenniser les acquis. « Qu’est-ce que nous voulons de ces autorités communales ? Désormais, inscrire l’action des OCE dans le plan de travail annuel », a lancé Rigobert Orou Ganni.
Même appel du côté de DEDRAS ONG. « À l’endroit des autorités, je voulais les exhorter à nous aider à sauvegarder les acquis et que nous puissions collaborer, que nous soyons intégrés dans les instances de prise de décisions », a plaidé Alphonse Kinkponwé Agossa.
John Hounsa, maire de la commune de Lokossa, a pour sa part salué un partenariat qu’il entend voir se poursuivre bien au-delà du calendrier du projet : « Les OCE sur le terrain nous accompagnent beaucoup à travers leurs activités et leurs actions. Vu que ce projet vient à terme le 31 décembre 2026, mon plaidoyer, c’est que ces OCE continuent leurs actions. » Il est allé plus loin, en prenant un engagement personnel : « qu’on arrive à trouver une possibilité d’ouverture de ligne budgétaire, afin d’accompagner ces OCE sur le terrain. »
Des freins encore réels, mais des pistes concrètes
Au-delà des discours d’ouverture, la journée a surtout été celle des travaux de groupes, où chaque catégorie d’acteurs a pu confronter ses expériences. Les représentants des observatoires communaux et départementaux ont salué la mise en place d’infrastructures scolaires rendue possible par la collaboration entre OCE/ODE et autorités locales, tout en pointant des obstacles persistants notamment : l’insécurité foncière qui fragilise certains projets d’infrastructures scolaires. Parmi les pistes retenues figurent l’élaboration d’une cartographie des besoins en mobilier et en salles de classe assortie d’un plan triennal, ainsi qu’un accompagnement plus soutenu du budget de l’État à travers le transfert de compétences vers les communes.
Du côté des organisations non gouvernementales locales, le message a été tout aussi clair : les OCE constituent une véritable valeur ajoutée pour l’accès à l’information et la production de données fiables, qui nourrissent aussi bien la collecte de données que les actions de plaidoyer. Aussi, ont-ils plaidé pour des positions communes, portées par un consortium d’organisations et appuyées sur des données de terrain, jugées plus efficaces auprès des décideurs et des bailleurs.
Les partenaires techniques et financiers présents parmi lesquels DIRECT-AID, WeWorld, Plan International Bénin, Handicap International et l’Agence française de développement (AFD) ont, quant à eux, passé en revue les opportunités de financement mobilisables au profit de l’Observatoire et de ses démembrements, qu’il s’agisse d’appuis directs, d’accompagnement technique ou de projets déjà en cours dans les domaines de l’éducation, de la protection de l’enfance ou de l’accès à l’eau. Une synergie renforcée avec l’AFD, chef de file du groupe thématique éducation, a été identifiée comme un levier à activer sans tarder.
Une dynamique à inscrire dans la durée
En clôture des travaux, un fil conducteur s’est dégagé : inscrire durablement les ressources destinées à la veille citoyenne dans les outils de planification locale, plans de développement communaux, plans de travail annuels, budgets et amener les organes politiques communaux à valider ces lignes budgétaires. Autant d’engagements que la CBO-EPT, DEDRAS ONG et Social Watch Bénin comptent transformer, dans les prochaines semaines, en protocoles d’accord concrets avec les collectivités et leurs partenaires.
Une dynamique que ces organisations veulent, plus que jamais, inscrire dans la durée bien après la fin annoncée du projet, en décembre 2026.




Au Bénin, les Observatoires de l’Éducation veulent survivre aux projets : les collectivités appelées à prendre le relais.
Au Bénin, les Observatoires de l’Éducation veulent survivre aux projets : les collectivités appelées à prendre le relais.
Autorités préfectorales, maires, responsables éducatifs, organisations de la société civile et partenaires se sont retrouvés autour d’un même enjeu à Bohicon : garantir la pérennité de l’Observatoire de l’Éducation et de ses démembrements après la fin du projet PRO-RePEM. Au-delà du bilan, le forum de la zone Centre a surtout cherché à transformer les acquis en engagements durables, notamment à travers leur intégration dans les budgets locaux.
L’enjeu dépasse la simple clôture d’un projet. Dans quelques mois, l’appui du projet de Renforcement des OSC pour la Redevabilité des Politiques Éducatives et leur Mise en œuvre (PRO-RePEM) prendra fin. Mais sur le terrain, les problèmes auxquels répond l’Observatoire de l’Éducation, eux, ne disparaîtront pas avec le calendrier du projet. C’est tout le sens du forum des partenaires de l’Observatoire de l’Éducation et de ses démembrements, organisé dans la zone Centre. La rencontre a réuni des autorités préfectorales, des maires, des représentants de la société civile et des partenaires autour d’une question devenue urgente : comment faire vivre l’Observatoire au-delà de 2026 ?
Depuis mai 2022, le Consortium DEDRAS-ONG et Social Watch Bénin accompagne l’Observatoire de l’Éducation dans le cadre de PRO-RePEM, avec un financement du Partenariat mondial pour l’éducation à travers le Fonds Éducation à voix haute (Education Out Loud). Le projet vise notamment à renforcer la participation de la société civile à la transparence et à la redevabilité des politiques éducatives. Mais au fil des années, l’Observatoire n’est plus seulement présenté comme un mécanisme de veille citoyenne. Il s’est progressivement installé dans le paysage éducatif local comme un espace capable de documenter les difficultés, de produire des données et de mettre autour de la même table les acteurs chargés d’y apporter des réponses.
De 17 observatoires communaux à un dispositif présent dans les 77 communes
Dans son intervention, Alphonse Kinkponhoué, président du Conseil d’administration de DEDRAS-ONG, a insisté sur l’ampleur du chemin parcouru. « L’Observatoire de l’Éducation (OE) existe aujourd’hui dans les 77 communes du Bénin », a-t-il rappelé, avant de poser la véritable question : comment faire pour que ce dispositif continue d’exister après la fin du projet ?
Selon lui, le passage à l’échelle constitue l’un des résultats majeurs de l’accompagnement engagé depuis 2022. D’un dispositif qui comptait initialement 17 observatoires communaux, le réseau s’est étendu à l’ensemble des 77 communes du pays. Douze observatoires départementaux complètent aujourd’hui cette architecture.
Des histoires de succès comme preuves d’efficacité
Lors de ce forum, les présidents des observatoires départementaux de l’éducation (ODE) ont présenté des success stories concrètes démontrant l’impact de la veille citoyenne sur le terrain. Dans le département du Zou, l’observatoire communal de l’éducation OCE de Za-Kpota a obtenu l’inscription budgétaire pour la clôture des écoles situées le long des voies majeures après un accident tragique. À Bohicon, le plaidoyer a mené à la construction de foyers améliorés dans 30 écoles à cantine, économisant 60 % d’énergie et protégeant la santé des cuisinières. À Covè, une pénurie de manuels scolaires datant de 15 ans a été résolue par la distribution de 7 000 ouvrages.
Le département des Collines a brillé par sa réactivité : à Ouèssè, l’OCE a mobilisé les bonnes volontés pour réhabiliter en un temps record un bâtiment endommagé par une tornade, sauvant ainsi le centre d’examen du BEPC. À Bantè, l’action citoyenne a permis l’acquisition de 900 tables-bancs et l’intégration des dimensions de genre et d’inclusion dans les documents de planification communale pour 2026. Dans le Plateau, l’ODE a réussi à faire proscrire totalement les « faux frais » non réglementaires dans les collèges, protégeant ainsi les familles défavorisées et augmentant le taux d’inscription des filles.
L’Observatoire, une vigie au service des communes
Pour les élus locaux présents au forum, l’intérêt des observatoires apparaît particulièrement dans leur capacité à fournir des informations précises sur les réalités scolaires. Le maire de Savalou, Dr François Houèdo Védonou, considère ainsi l’Observatoire comme un véritable outil d’aide à la décision pour les communes. Selon lui, les maires disposent de plusieurs relais administratifs sur le territoire, mais ceux-ci n’ont pas nécessairement pour mission de suivre spécifiquement les questions éducatives. L’Observatoire vient donc combler cet espace en apportant des informations ciblées sur les difficultés rencontrées dans les écoles.
« L’Observatoire est un instrument conseil en matière d’éducation auprès du maire », a-t-il expliqué. Cette proximité avec le terrain peut faire la différence lorsqu’un problème exige une réponse rapide. Le maire reconnaît que certaines solutions nécessitent des procédures administratives et des dépenses publiques qui peuvent prendre du temps. Dans certaines situations, cependant, des réponses locales peuvent être trouvées plus rapidement grâce à la mobilisation des acteurs et à la collaboration entre la mairie et l’Observatoire.
Après les projets, le défi du financement
C’est probablement l’une des questions les plus sensibles soulevées au cours du forum : qui financera le fonctionnement de la veille citoyenne lorsque l’appui du projet prendra fin ?. Le PRO-RePEM doit entrer dans sa phase de clôture le 31 décembre 2026. Le processus engagé vise donc à anticiper le retrait du consortium et à garantir la continuité des actions. La présidente de l’Observatoire de l’Éducation, Claudine Lawson Daïzo, a appelé les différents acteurs à ne pas laisser les acquis s’éteindre avec le projet. Pour elle, l’Observatoire constitue aujourd’hui un mécanisme de veille citoyenne qui permet de mobiliser les acteurs locaux et nationaux autour des questions éducatives.
Laurent Zomaï, Préfet du Zou au nom des Préfets des Collines, du Couffo et du Plateau, a invité les collectivités « à prendre le relais et à prévoir, dans leurs prochains budgets, les ressources nécessaires à l’accompagnement des mécanismes de veille citoyenne ». L’objectif est de ne pas laisser la dynamique créée par le projet dépendre exclusivement des financements extérieurs. Le préfet s’est également engagé à suivre les recommandations issues du forum et à veiller à ce que la feuille de route de transition institutionnelle et financière élaborée à cette occasion fasse l’objet d’un suivi au niveau départemental.




Education à Natitingou : la course contre la montre pour ancrer la veille citoyenne
Education à Natitingou : la course contre la montre pour ancrer la veille citoyenne
À moins de six mois de la clôture du projet PRO-RePEM, prévue le 31 décembre prochain, les acteurs de l’éducation se sont réunis à Natitingou pour dresser le bilan des observatoires de l’éducation au Bénin. Au-delà des chiffres, l’enjeu de la rencontre était ailleurs : éviter que ce mécanisme de veille citoyenne ne s’éteigne avec le départ des partenaires internationaux. Maires, acteurs du système éducatif, organisations de la société civile et autorités préfectorales de l’Atacora et de la Donga ont posé, ensemble, les bases d’une transition vers une appropriation locale et durable du dispositif.
« L’éducation n’est pas une faveur, c’est un droit »
Portant la voix de la présidente de l’Observatoire de l’Éducation, Cossi Kakpo a d’emblée recadré le débat sur le terrain des principes. Pour lui, ce forum est bien plus qu’une rencontre technique : c’est une plateforme de mobilisation et de responsabilité partagée. Depuis sa création en 2013, l’Observatoire s’est donné pour mission de porter la voix des communautés, des parents et des enseignants.
Son message aux décideurs a été sans détour : la durabilité ne s’improvise pas à la dernière minute. Pour Kakpo, l’éducation n’est pas une faveur mais un droit fondamental, et les mécanismes de suivi et de dialogue politique ne doivent donc pas s’éteindre avec les financements extérieurs. Ils doivent au contraire être portés, renforcés et institutionnalisés par les acteurs locaux eux-mêmes.
Désamorcer la suspicion, convaincre les mairies de payer
Ce plaidoyer trouve un écho dans le discours de Bètchiwé N’Tcha, qui représentait les préfets de l’Atacora et de la Donga. Conscient des réticences que peut susciter le contrôle citoyen, il a tenu à rassurer l’assistance : ce dispositif de veille n’est pas un outil de suspicion, mais un espace de rencontre, de partenariat et d’échange. Il y voit un véritable système d’alerte précoce, capable de signaler une contre-performance avant qu’elle ne s’aggrave.
N’Tcha s’est montré concret dans ses recommandations aux maires : explorer l’inscription d’une ligne budgétaire dédiée à la veille citoyenne, que ce soit sur ressources propres ou via le FADeC. Pour lui, intégrer les données de terrain produites par les citoyens dans les plans de développement communaux constitue une opportunité stratégique pour l’administration locale – un point qui reste toutefois à concrétiser, dans un contexte de budgets communaux généralement serrés.
Un réseau passé de 17 à 77 observatoires
Sylvain Aloubani, représentant le coordonnateur national de DEDRAS-ONG, a rappelé le chemin parcouru depuis 2022 : le nombre d’Observatoires Communaux de l’Éducation est passé de 17 à 77, signe d’un ancrage désormais national du dispositif. Il a salué l’engagement, souvent bénévole, des membres de l’Observatoire, qui ont permis de documenter des réalités de terrain parfois invisibles aux statistiques officielles. L’enjeu du forum était précisément de préparer la passation, en identifiant les relais financiers et institutionnels susceptibles de reprendre le flambeau, pour que ce capital humain ne se dissipe pas une fois le projet achevé.
Sur le terrain, des statistiques qui deviennent des trajectoires de vie
Dans l’Atacora, le président de l’Observatoire départemental de l’Éducation (ODE), Dipatri N’Dah, souligne un contraste frappant. Le taux brut de scolarisation atteint 113,86 %, un chiffre supérieur à 100 % parce qu’il comptabilise aussi les enfants scolarisés hors de leur tranche d’âge officielle, redoublants compris. Mais derrière ce dynamisme apparent, le système reste fragile : le taux d’abandon scolaire s’élève à 15,54 %, touchant en priorité les filles et les enfants vulnérables.
C’est précisément là que la veille citoyenne transforme des statistiques en victoires concrètes. À Tanguiéta, le plaidoyer de l’Observatoire communal a permis d’engager la régularisation de 347 enfants privés d’acte de naissance, leur rendant leur identité administrative et le droit de composer aux examens. À Boukoumbé, une mobilisation communautaire intense pour le renforcement scolaire a fait bondir le taux de réussite au CEP de 58 % en 2022 à plus de 93 % en 2026.
Du côté de la Donga, où l’abandon scolaire touche près de 13 % des élèves, le président de l’Observatoire, Jean Zato, met en avant des solutions très concrètes : la remise en service de 39 forages en panne dans les écoles à cantine a permis de garantir l’accès à l’eau potable sur plus de 85 % des sites identifiés. À Copargo, cette dynamique s’est traduite par la distribution de plus de 1 300 kits scolaires aux familles les plus démunies.
Ces résultats, nés d’une synergie entre mairies, ONG et communautés, illustrent ce que les discours institutionnels résument en une phrase : sans suivi indépendant des besoins réels, ces avancées n’auraient probablement pas vu le jour.
Les maires prennent l’engagement de la relève
Ces résultats ont trouvé un écho favorable auprès des maires présents. Plusieurs ont pris la parole pour reconnaître l’utilité du travail des observatoires sur leur territoire et pour s’engager à en soutenir la poursuite, en explorant les pistes évoquées par Bètchiwé N’Tcha : ligne budgétaire communale, ressources du FADeC, ou encore une place réservée à l’Observatoire dans les cadres de concertation existants.
C’est le maire de Kèrou, Wari Brisso, qui a porté la voix de l’ensemble de ses homologues de l’Atacora et de la Donga pour clore la journée. Il a salué l’effort du consortium DEDRAS-ONG et Social Watch Bénin, estimant que les échanges avaient permis aux maires de mieux mesurer tout ce que l’Observatoire avait apporté à leurs administrés. Il n’a toutefois pas éludé la question de fond : les partenaires techniques et financiers partiront un jour, comme tout projet à durée déterminée, alors que le besoin, lui, restera entier tant que des enfants continueront d’aller à l’école.
Pour Wari Brisso, c’est désormais aux maires, en tant que décideurs locaux, de porter cette vision. « Ce sont des hommes de bonne facture qui conçoivent et qui conduisent le développement, et pour avoir ces hommes, il faut forcément passer par l’éducation », a-t-il rappelé, avant d’assurer que les engagements des maires se traduiraient bientôt en actes concrètes. « Vous pouvez compter sur la volonté des maires à poursuivre ces actions », a-t-il conclu.
Ce qu’il reste à faire avant le 31 décembre
Reste maintenant à transformer ces déclarations d’intention en décisions budgétaires. D’ici la clôture officielle du projet PRO-RePEM, les 77 Observatoires Communaux de l’Éducation devront savoir concrètement sur quelles ressources ils pourront compter en 2027 : lignes budgétaires communales, financements FADeC, ou autres relais restant à identifier. C’est de cette transition, plus que des discours de clôture, que dépendra la survie du dispositif.




À Parakou, le Borgou et l'Alibori préparent l'après-PRO-RePEM pour l'Observatoire de l'Éducation
À Parakou, le Borgou et l'Alibori préparent l'après-PRO-RePEM pour l'Observatoire de l'Éducation
Maires, autorités préfectorales et société civile se sont retrouvés mardi 28 juillet 2026 pour un même objectif : garantir que la veille citoyenne en éducation survive au projet qui l’a fait naître.
Le Forum départemental des partenaires de l’Observatoire de l’Éducation (OE), zone Borgou-Alibori, s’est tenu à Parakou ce mardi 28 juillet 2026. Autour de la table : maires, directeurs départementaux, partenaires techniques et financiers, présidents d’Observatoires communaux et départementaux. Tous répondaient à la même invitation, lancée par le Consortium DEDRAS-ONG et Social Watch Bénin dans le cadre du Projet de Renforcement des OSC pour la Redevabilité des Politiques Éducatives et leur Mise en Œuvre (PRO-RePEM), financé par le Partenariat Mondial pour l’Éducation via le Fonds Education Out Loud : réfléchir ensemble à ce que deviendra la veille citoyenne en éducation quand le projet cessera de la financer.
Trois voix pour ouvrir la journée
Le Coordonnateur National de DEDRAS-ONG, Jean Kpétéré, a ouvert le bal par un mot de bienvenue. Il a rappelé que le PRO-RePEM, à l’œuvre depuis avril 2022 sur les douze départements et les soixante-dix-sept (77) communes du pays, a permis de porter le nombre d’Observatoires Communaux de l’Éducation de dix-sept à soixante-dix-sept, soit une couverture communale intégrale, tout en installant douze Observatoires Départementaux. Le projet arrivant à son terme en décembre 2026, la rencontre devait servir, selon ses mots, « à vous présenter le bilan et la valeur ajoutée de l’Observatoire, à identifier avec vous les relais financiers et institutionnels disponibles au niveau local, et à recueillir vos intentions d’accompagnement pour la période post-2026 ». Il a profité de l’occasion pour saluer l’engagement des membres de l’OE et de ses démembrements, qui se sont approprié les outils de la veille citoyenne, souvent bénévolement.
Après lui, c’est le représentant de l’Observatoire de l’Éducation, Johson Mahoudi qui a pris la parole, sur un ton plus offensif. Pour lui, la question de la durabilité ne se négocie pas : « Les efforts consentis ne doivent pas s’éteindre avec la fin d’un projet, ils doivent être portés, renforcés et institutionnalisés », a-t-il lancé, avant d’appeler les partenaires présents à un « engagement technique et financier », sans lequel l’Observatoire ne pourra pas continuer à jouer son rôle de catalyseur de politiques inclusives. Le droit à l’éducation, a-t-il insisté, « n’est pas une faveur, mais un droit fondamental », et ce forum, un « appel à l’action collective ».
Restait à donner un caractère officiel à l’ouverture. C’est le Secrétaire Général de la Préfecture du Borgou, Sanni Bio Bayé, qui s’en est chargé, en représentant les Préfets du Borgou et de l’Alibori, tous deux absents ce jour-là. Il a prononcé le discours d’ouverture et déclaré le forum ouvert, non sans rappeler ce que l’Observatoire n’est pas : « Ce n’est pas un dispositif de suspicion ; c’est un dispositif de partenariat », qui « ne se substitue pas à l’administration », mais « l’éclaire ». Aux maires présents dans la salle, il a suggéré une piste concrète : trouver, dans leurs budgets communaux ou dans les ressources du FADeC, « une ligne dédiée au fonctionnement de la veille citoyenne de l’éducation » sur leur territoire. Il a terminé en prenant, au nom des deux préfectures, l’engagement de suivre de près la feuille de route de transition attendue à l’issue des travaux.
Au Borgou, l’eau courante et des écoles rouvertes
Les discours passés, place aux chiffres et aux histoires de terrain. Le président de l’ODE Borgou, Antoine Yaï, a ouvert cette séquence avec un état des lieux du département : huit cent vingt-quatre (824) écoles couvertes par l’Observatoire, cinq mille neuf cent soixante-dix-neuf (5 979) enseignants, un taux de scolarisation de cent six pour cent (106 %) et un taux d’achèvement de cinquante-deux virgule cinquante-neuf pour cent (52,59 %).
Trois exemples ont particulièrement retenu l’attention de la salle. À Kpassagambou, dans la commune de Parakou, des écoles à cantine restaient privées d’eau courante ; un plaidoyer né des dialogues communaux a débouché sur la remise effective des compteurs de la SONEB, avec des points d’eau désormais programmés à Kokoma et à Béyérou, et des résultats comparables obtenus à Bembèrèkè et à Nikki. À Sinendé, c’est le centre de composition du CEP de Sikki qui menaçait de perdre sa vocation ; des cours de rattrapage organisés pour les élèves de CM1 ont permis de faire passer le nombre de candidats de cent cinquante-huit (158) en 2022 à trois cents (300) l’année suivante. À Tchaourou enfin, une école non autorisée a été fermée à Gbéyékérou pendant que l’école régulière du même village rouvrait ses portes, avec des situations similaires réglées à Kalalé et à Pèrèrè. « Ce sont des résultats obtenus grâce à un plaidoyer fondé sur des besoins réels », a résumé Antoine Yaï, avant de plaider pour que ces partenariats se poursuivent au-delà du projet.
À l’Alibori, des toits réparés en deux mois au lieu d’un an
Le Borgou avait ouvert la voie ; l’Alibori n’a pas manqué de faire valoir ses propres avancées. Le président de l’ODE, Alidou Gounou, a situé son département : sept cent soixante-quatre (764) écoles suivies par l’Observatoire, deux mille huit cent soixante (2 860) enseignants mobilisés, un taux de scolarisation de soixante-dix-neuf virgule soixante-dix-neuf pour cent (79,79 %) et un taux d’achèvement de trente-huit virgule quatre-vingt-cinq pour cent (38,85 %).
C’est à Banikoara que le résultat a le plus marqué les esprits. Chaque rentrée, une vingtaine d’écoles s’y retrouvaient décoiffées faute d’entretien. Grâce au plaidoyer mené auprès des autorités communales, la commune s’est dotée d’un mécanisme qui a fait passer le délai de réparation d’un an à deux mois : l’ambition affichée étant désormais zéro école décoiffée à chaque rentrée. Le même travail de plaidoyer a permis de sécuriser les domaines scolaires : le nombre d’arrêtés d’affectation délivrés à Banikoara est passé de trente-quatre (34) en 2023 à quatre-vingt-deux (82) en 2025, et le nombre d’écoles balisées de zéro à trente et une (31). Alidou Gounou a aussi raconté le cas des enseignants du CEG Sompérékou, longtemps contraints de vivre à plus de vingt kilomètres de leur poste faute de logement : un seul domicile de directeur y existait avant 2023, contre huit aujourd’hui, un accompagnement qui a fait passer le taux moyen de réussite aux examens de ces établissements de quarante-cinq à soixante pour cent (45 % à 60 %). Il n’a cependant pas caché les limites du dispositif, pointant l’insuffisance des moyens financiers qui continue de brider l’action des observatoires communaux.
« Nous ne pouvons pas laisser retomber cet acquis » : les maires s’engagent
Ces résultats, plusieurs élus locaux les ont pris comme argument pour s’engager publiquement. Un à un, maires et représentants de mairies ont affirmé que le soutien aux Observatoires Communaux de l’Éducation ne s’arrêterait pas avec la fin du projet. Le maire de Kalalé a été l’un des plus directs : « Ce que l’OCE a permis de rétablir dans nos écoles n’a pas de prix ; nous ne pouvons pas laisser retomber cet acquis à la fin du projet. Je m’engage, au nom de ma commune, à inscrire une ligne budgétaire pour accompagner notre Observatoire communal et à rester à ses côtés dans son travail de veille », a-t-il déclaré. D’autres élus ont pris le même engagement à sa suite, chacun rappelant que l’éducation reste une priorité pour leurs administrations.




Résilience climatique dans l’Alibori : le PRCI engagé à ne laisser personne de côté
Résilience climatique dans l’Alibori : le PRCI engagé à ne laisser personne de côté
La salle des fêtes de la mairie de Banikoara a servi de cadre, le mardi 30 juin 2026, à un atelier de partage d’expériences sur la réduction inclusive des risques de catastrophes. Organisée par DEDRAS-ONG dans le cadre du Projet de Résilience Climatique Inclusive (PRCI), mis en œuvre dans l’Alibori avec l’appui de CBM, la rencontre a réuni autorités administratives et communales et organisations de personnes handicapées et partenaires techniques autour du bilan des actions menées, et des propositions pour une meilleure intégration du handicap dans la réduction des risques de catastrophes.
Dans son allocution d’ouverture, le premier adjoint au Maire de Banikoara Bio Sénon Bio N’Goyé a rappelé une réalité profondément ancrée dans les communautés rurales : « Au village, celui qui ne part pas au champ n’a pas droit au partage. Les personnes handicapées, n’ayant souvent pas la possibilité d’effectuer les travaux champêtres, se retrouvent donc lésées. Mais cet atelier montre combien elles sont importantes et qu’elles ne sont pas mises de côté. »
À travers cette image, il a salué l’approche inclusive développée par le PRCI, qui contribue à changer les perceptions et à renforcer la participation des personnes handicapées dans les instances locales de gestion des risques.
À l’ouverture des travaux, Jean Kpétéré, Coordonnateur national de DEDRAS ONG, a rappelé que les communes de l’Alibori sont confrontées à des aléas climatiques majeurs inondations, sécheresses, vents violents qui touchent toutes les couches et face auxquels les personnes handicapées sont particulièrement vulnérables. Elles sont souvent plus exposées et moins prises en compte dans les mécanismes de prévention et de gestion. C’est pour briser ce cycle de vulnérabilité que DEDRAS-ONG, avec l’appui technique et financier de CBM (Christian Blind Mission), a déployé le PRCI, de septembre 2025 à juin 2026. « Quand il fait très chaud ou lorsque les inondations surviennent, nous le ressentons tous. Le PRCI a été conçu pour réduire les effets de ces aléas sur l’ensemble de la communauté, sans exception. Cette rencontre est aussi une occasion de recueillir les recommandations des acteurs afin d’améliorer nos interventions et de préparer leur mise à l’échelle. » a-t-il précisé.
Concentré sur dix villages de la commune de Banikoara (Arbonga, Gah Baka, Kaokao, Gokpadou, Kpessanrou, Niekoumbanta Peulh, Sompérékou Peulh, Kégammarou, Poto et Atabenou), le projet étend certaines de ses actions aux cinq autres communes du département de l’Alibori : Gogounou, Kandi, Karimama, Malanville et Ségbana.
PRCI : une approche innovante au service de l’inclusion
L’objectif général du PRCI est de contribuer à la résilience sociale, économique et environnementale des personnes vulnérables, en particulier les personnes handicapées, à travers le renforcement des capacités des communautés à anticiper et à se relever durablement des aléas climatiques et des catastrophes naturelles. Pour y parvenir, le PRCI a engagé plusieurs actions, notamment le renforcement des plateformes communales et locales de réduction des risques de catastrophes et d’adaptation au changement climatique (RRC-ACC), l’accompagnement des Organisations de Personnes Handicapées, la promotion de la participation des personnes handicapées aux mécanismes locaux de gouvernance, la réalisation d’initiatives favorisant une résilience inclusive, l’accompagnement des personnes handicapées pour leur autonomisation et les sensibilisation-formation des communautés face aux changements climatiques.
Albert KORA SABI, Directeur de Projet à DEDRAS-ONG, a tenu à rappeler l’ampleur du chemin parcouru en moins d’un an. « En neuf mois d’intervention, nous avons pu recenser et accompagner 100 personnes handicapées pour réaliser des activités génératrices de revenus, redynamiser dix plateformes locales désormais inclusive, accompagner les plateformes communales de RRC ACC. Seize ménages sinistrés ont reçu un soutien direct certains pour la reconstruction de leurs habitats et d’autres pour des kits alimentaires et un fonds AGR. De plus, plus de 3 256 personnes ont été sensibilisées à la gestion des risques de catastrophes et à l’inclusion du handicap et une cartographie des zones à risque d’inondation a été conduite avec l’Agence Béninoise de Protection Civile (ABPC) dans les six communes du département de l’Alibori. Par ailleurs, les OPH sont accompagnées pour se conformer aux nouvelles lois afin de se donner une existence formelle et légale.
Ce sont des résultats encourageants, mais nous savons qu’il reste encore beaucoup à faire pour couvrir l’ensemble des besoins du département », a-t-il indiqué.
Parmi les acquis salués lors de la rencontre figurent la participation effective des organisations de personnes handicapées aux cadres de concertation des plateformes communales de RRC/ACC, ainsi que l’implication des personnes handicapées dans la mise en œuvre même des activités, notamment les sensibilisations et le choix des bénéficiaires.
Un changement de regard et de vie
Au-delà des statistiques, c’est l’impact humain qui a marqué les esprits lors des échanges. Au nom des bénéficiaires, Bakari Idrissou, président de l’Organisation des personnes handicapées de la commune de Malanville, témoigne d’une véritable transformation : « Grâce à l’accompagnement de DEDRAS-ONG et de CBM, nos organisations ont pu se formaliser, avec désormais une reconnaissance et une existence légale. Nous sommes davantage visibles dans nos communautés et nous avons renforcé notre confiance en nos capacités », confie-t-il avec émotion.
Le Point Focal RRC-ACC, Yacoubou Torou de Malanville a notamment souligné les avancées enregistrées dans sa commune : « Nous sommes en train de plaider auprès des autorités pour réviser l’arrêté portant création de la plateforme communale afin que l’Organisation des Personnes Handicapées devienne un membre à part entière de cette instance. »
Fort de ses quinze années d’expérience dans la gestion des risques de catastrophes, il a également salué l’originalité du PRCI : « En quinze ans d’expérience dans la Réduction des Risques de Catastrophes, c’est le premier projet, à ma connaissance au niveau national, qui met un accent spécifique sur les personnes handicapées. C’est une véritable satisfaction pour nous. »
Des défis de taille pour renforcer l’inclusion
Malgré ces avancées, des défis subsistent : barrières socioculturelles, faible autonomie de plusieurs organisations de personnes handicapées, faible représentativité dans certaines instances de décision et ressources financières insuffisantes pour étendre les actions aux six communes de l’Alibori, malgré la persistance des besoins communautaires. L’atelier a aussi été l’occasion de tirer des leçons : les organisations de personnes handicapées se révèlent être des partenaires techniques essentiels, mais leur accompagnement demeure indispensable pour qu’elles puissent conduire des activités porteuses d’autonomisation ; le faible accès à l’information sur le handicap continue, par ailleurs, d’accentuer les défis d’inclusion sur le terrain.
Les participants ont formulé plusieurs recommandations prioritaires destinées aux pouvoirs publics, aux collectivités territoriales, aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’aux organisations de la société civile. Parmi les principales figurent :
- Le renforcement du plaidoyer pour intégrer le handicap dans le décret régissant les plateformes communales RRC
- L’accompagnement des communes dans l’élaboration de plans d’inclusion ;
- Le renforcement des capacités des OPH ;
- La promotion de l’éducation inclusive
Procédant à la clôture des travaux, le représentant du préfet de l’Alibori Bio Djimbé Orou Séko, a salué l’engagement de DEDRAS-ONG et de CBM : « Je tiens à remercier chaleureusement DEDRAS-ONG, son partenaire CBM ainsi que l’ensemble des participants pour la qualité des échanges, qui ont permis de formuler des recommandations contribuant à une meilleure prise en compte du handicap dans les politiques de réduction des risques de catastrophes », a-t-il déclaré.
À travers cet atelier, DEDRAS ONG réaffirme son engagement à promouvoir une gouvernance inclusive des risques de catastrophes où les personnes handicapées sont pleinement reconnues comme des acteurs du développement et de la résilience communautaire.
Les recommandations issues des échanges contribueront à renforcer les interventions du Projet de Résilience Climatique Inclusive et alimenteront les réflexions nationales sur une gestion des risques de catastrophes plus équitable, participative et accessible à tous.





Journée de l’Enfant Africain 2026 : dans le Borgou et l’Atacora, l’approche famille hôte redonne dignité et espoir aux enfants vulnérables
Journée de l’Enfant Africain 2026 : dans le Borgou et l’Atacora, l’approche famille hôte redonne dignité et espoir aux enfants vulnérables
Chaque 16 juin, l’Afrique célèbre la Journée de l’Enfant Africain pour rappeler l’importance de protéger les droits des enfants et de leur garantir un environnement sûr, protecteur et favorable à leur épanouissement. Cette journée est aussi une occasion de mettre en lumière les initiatives qui contribuent à lutter contre toutes les formes de violence, d’exploitation et de négligence à l’égard des enfants.
Dans le Borgou et l’Atacora, l’approche famille hôte, mise en œuvre par DEDRAS-ONG dans le cadre du projet « Briser les chaînes du travail et de l’exploitation domestique des enfants au Bénin et au Burkina Faso » (BCTEDE), avec l’appui de Woord en Daad et de la Fondation AFAS, s’impose aujourd’hui comme un modèle communautaire efficace de protection de l’enfance. Elle place la solidarité familiale au cœur de la prise en charge des enfants victimes d’abus ou exposés à des situations de vulnérabilité.
623 enfants protégés en deux ans
Depuis le démarrage du projet en 2023, 623 enfants ont été accueillis par des familles hôtes. En 2024, 363 enfants, dont 240 garçons et 123 filles, ont bénéficié de cette mesure de protection. En 2025, 260 autres enfants, dont 87 garçons et 173 filles, ont été pris en charge.
Ces résultats témoignent non seulement de l’ampleur des défis liés à la protection de l’enfance, mais aussi de l’efficacité d’un modèle qui privilégie un cadre familial sécurisant plutôt que l’institutionnalisation.
Pour Soulé Adamou, Directeur du projet :
« Nous ne pouvons garantir l’avenir de ces enfants vulnérables sans des familles hôtes mieux préparées, plus informées et capables d’assurer un encadrement sain. C’est pourquoi, en deux ans, nous avons organisé deux ateliers de formation et de renforcement des capacités de ces familles recrutées afin de consolider leurs compétences pour une prise en charge plus sécurisée et plus humaine. »
Il ajoute :
« Nous voulons que chaque enfant placé en famille hôte retrouve la dignité, la sécurité et l’espoir. Et cela passe par des familles renforcées, engagées et mieux accompagnées. »
Pour Marie Chantal Tottin Assavèdo, Cheffe du Service de la Protection de l’Enfant et de la Famille à la Direction Départementale des Affaires Sociales et de la Microfinance du Borgou :
« Les familles hôtes deviennent souvent le dernier refuge des enfants dont les droits ont été bafoués. C’est une mission noble mais exigeante. »
Elle rappelle également que :
« La protection de l’enfant est une responsabilité partagée. Chaque acteur doit jouer pleinement sa partition. »
Un appui financier essentiel pour les familles hôtes
Afin de garantir une prise en charge adéquate des enfants accueillis, DEDRAS-ONG apporte un appui financier forfaitaire aux familles hôtes pour couvrir les besoins essentiels et réduire la pression économique.
Boniface Biégua témoigne :
« Grâce à l’appui de DEDRAS, de Woord en Daad et de la Fondation AFAS, nous arrivons mieux à répondre aux besoins des enfants. Nous leur disons merci pour cet accompagnement. Ce renforcement de capacité vient à point nommé. Lorsque nous faisons face à des enfants capricieux ou difficiles à gérer, nous devons faire recours au GUPS. »
En cette Journée de l’Enfant Africain, cette expérience menée dans le Borgou et l’Atacora rappelle qu’aucun enfant ne devrait être confronté à l’exploitation, à la violence ou à l’abandon. Elle démontre également que lorsque les communautés, les familles, les services sociaux et les partenaires unissent leurs efforts, il est possible d’offrir à chaque enfant la protection, la dignité et les opportunités auxquelles il a droit.
Car protéger l’enfant aujourd’hui, c’est construire l’Afrique de demain.
Cette version est plus institutionnelle, plus émotionnelle et surtout mieux ancrée dans le message du 16 juin, ce qui la rend plus adaptée à une publication sur le site web et les réseaux sociaux de DEDRAS. Elle met davantage l’accent sur les droits de l’enfant, la protection et l’engagement communautaire tout en valorisant les résultats du projet.


MIGRATION · PROTECTION SOCIALE
MIGRATION · PROTECTION SOCIALE
À Kandi, des chiffres pour mieux protéger ceux qui ont tout quitté
DEDRAS ONG a réuni à Kandi les acteurs de terrain pour valider des données sur les migrants et déplacés de l’Alibori. L’objectif : orienter des actions concrètes vers les personnes les plus vulnérables.
Ils ont fui la violence au Sahel, traversé des frontières fermées, et trouvé refuge dans des communes de l’Alibori qui n’étaient pas préparées à les accueillir. Mais combien sont-ils réellement ? D’où viennent-ils ? Et surtout, de quoi ont-ils besoin pour survivre et se reconstruire ?
C’est pour répondre à ces questions que DEDRAS ONG a organisé, le jeudi 2 avril 2026 à Kandi, un atelier de validation des données sur les migrants et les personnes déplacées internes (PDI).
Une région sous pression depuis 2023
Depuis la fermeture des frontières entre le Bénin, le Burkina Faso et le Niger en juillet 2023, les communes de Banikoara, Malanville et Kandi font face à une arrivée croissante de populations fuyant l’insécurité dans le Sahel. Cette situation exerce une pression importante sur les infrastructures sociales de base, notamment les écoles, les centres de santé, les marchés et les ressources en eau.
Pour les acteurs humanitaires, une réponse efficace passe d’abord par une bonne connaissance des réalités. L’atelier s’inscrit ainsi dans une logique claire : identifier avec précision les populations les plus vulnérables afin de mieux orienter les interventions.
Des profils variés selon les communes
Les données présentées lors de l’atelier révèlent des différences importantes selon les localités.
À Malanville, les déplacés proviennent d’origines diverses. Un peu plus d’un tiers, soit 37,5 %, viennent du Nigéria. Ils sont suivis de près par des personnes originaires de Karimama, qui représentent 35,4 % des déplacés recensés. Les migrants venus du Niger constituent 16,7 %, tandis que ceux en provenance du Burkina Faso représentent une part plus faible, estimée à 6,3 %.
À Banikoara, la situation est nettement différente. La grande majorité des déplacés, soit 70,8 %, vient du Burkina Faso. Les ressortissants du Niger représentent quant à eux 11,8 % des personnes recensées.
Ces variations montrent que les réalités migratoires diffèrent fortement d’une commune à une autre. Elles impliquent des besoins spécifiques, notamment en matière de langue, d’intégration sociale et d’accès aux services. Une réponse uniforme ne serait donc ni efficace ni adaptée.
La faim, une réalité quotidienne
Au-delà des origines géographiques, les données mettent en lumière une situation alimentaire préoccupante, en particulier dans la commune de Banikoara.
Près de 5 % des ménages déclarent dormir régulièrement sans avoir trouvé de repas. Par ailleurs, environ un tiers des familles interrogées ne consomme qu’un seul repas par jour, révélant une forte insécurité alimentaire.
En comparaison, seulement 42,7 % des ménages atteignent les trois repas quotidiens recommandés. Ces chiffres, issus du recensement FMM 2 réalisé en 2026 par DEDRAS ONG, confirment l’urgence d’une intervention ciblée.
Pour les acteurs présents à l’atelier, il devient indispensable de renforcer les activités génératrices de revenus afin de permettre aux ménages les plus vulnérables de retrouver une certaine autonomie alimentaire.
Définir les priorités d’intervention
L’atelier n’a pas seulement servi à présenter des données. Il a également permis aux participants de travailler concrètement sur les critères d’identification des bénéficiaires des aides.
Représentants des Directions départementales de la planification, chefs d’arrondissement et responsables des Guichets uniques de protection sociale (GUPS) ont été mobilisés pour définir des indicateurs clairs permettant de cibler les personnes les plus vulnérables.
Ils ont également relevé certaines limites dans la collecte des données et formulé des recommandations pour améliorer les prochains recensements. Un travail technique, mais essentiel pour garantir l’efficacité et l’équité des interventions futures.
Des outils concrets pour mieux accompagner
La rencontre s’est achevée par la remise d’imprimantes aux GUPS des communes concernées. Ces structures, en première ligne dans l’accueil et l’accompagnement des déplacés, manquent souvent d’équipements de base.
Pour ces guichets, qui enregistrent les bénéficiaires et délivrent des documents administratifs, une imprimante représente un outil indispensable au bon fonctionnement des services.
Le chef de Guichet unique de protection sociale (GUPS) de Banikoara, Luc Tovignon n’a pas manqué d’exprimer sa profonde gratitude envers DEDRAS ONG. « Nous ne pouvons que dire merci à DEDRAS ONG pour son soutien continue. Cette dotation est la bienvenue car elle vient nous soulager. Je tiens à les remercier sincèrement pour leur appui à la communauté en général et au GUPS en particulier » déclare-t-il.
Un projet régional structurant
Cet atelier s’inscrit dans le cadre du projet régional d’appui à la protection et à l’autonomisation des migrants et des populations transfrontalières (FMM 2). Ce programme est porté par la CEDEAO, financé par l’Union européenne et mis en œuvre au Bénin par DEDRAS ONG avec l’appui de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). C’est une activité saluée de tous compte tenu de son importance. Selon Adam Bachirou, Chef d’Arrondissement de Sompérékou dans la commune de Banikoara, « la qualité des présentations et les résultats sont vraiment satisfaisants. Il ne fait aucun doute qu’un travail minutieux a été fait sur le terrain ». L’objectif est de renforcer la protection des migrants, améliorer la gouvernance locale de la migration et favoriser l’insertion économique des populations migrantes et des communautés hôtes dans les zones frontalières.
Des données pour orienter l’action
Les données validées à Kandi serviront désormais de base pour orienter les actions en faveur des populations les plus vulnérables. Elles permettront également d’identifier les besoins encore non couverts et d’ajuster les interventions au plus près des réalités du terrain.
Pour DEDRAS ONG, cette démarche repose sur une conviction forte : une action efficace commence toujours par une bonne compréhension des réalités. Derrière les chiffres, ce sont des vies humaines qu’il s’agit de protéger, accompagner et reconstruire.






Tchaourou : Deux écolières sauvées d’un réseau de traite vers le Nigeria grâce à la vigilance communautaire
Tchaourou : Deux écolières sauvées d’un réseau de traite vers le Nigeria grâce à la vigilance communautaire
À Sébou-Gah, dans la commune de Tchaourou, le pire a été évité de justesse. Deux fillettes de 11 et 12 ans, prêtes à suivre un trafiquant vers le Nigeria, ont été secourues grâce à la réactivité d’une camarade d’école et à l’intervention du Comité de Veille Villageoise. Récit d’une arrestation nocturne.
Tout commence par les manœuvres d’un courtier aux promesses rutilantes. Safiatou (12 ans) et Koumo (11 ans), toutes deux élèves en classe de CM2 à l’école primaire publique de Sébou-Gah, sont approchées par cet homme qui leur fait miroiter une « rémunération attractive ». L’objectif affiché : les convaincre de le suivre au Nigeria pour y devenir travailleuses domestiques. Séduites par ce plan, les deux amies acceptent de quitter leur foyer en secret.
L’alerte donnée par le gouvernement scolaire
C’est un « grain de sable » dans l’engrenage du trafiquant qui va sauver les fillettes. Selon les faits rapportés, la jeune Koumo, incapable de garder ce lourd secret, finit par se confier à une amie proche. Cette dernière, membre du gouvernement scolaire et sensibilisée aux risques d’exploitation par le projet BC-TEDE, comprend immédiatement la gravité de la situation. Elle choisit alors d’alerter son père, lui-même membre du Comité de Veille Villageoise (CVV).
Comme le souligne le récit de l’incident, cet acte de bravoure a permis de mettre immédiatement en place un dispositif de surveillance autour des familles.
Une interception nocturne au pied d’un pont
Le dénouement se joue dans la nuit du mercredi 17 décembre 2025. Constatant l’absence des deux filles après l’heure du coucher, les membres du CVV engagent des recherches. Grâce aux informations précises de la camarade ayant donné l’alerte, les pisteurs se dirigent vers la sortie du village, à environ 3 km de là, près d’un pont. C’est là que les deux enfants attendaient leur « passeur ».
Dissimulés dans l’obscurité, les membres du comité ont attendu l’arrivée du trafiquant aux environs de minuit. Alors que ce dernier commençait à discuter des modalités du départ avec les victimes, les membres du CVV sont intervenus pour procéder à son arrestation en flagrant délit.
La justice saisie, les enfants retournent à l’école
Le suspect n’a pas tardé à être remis aux forces de l’ordre. Il est actuellement poursuivi devant le Tribunal de Première Instance de Parakou pour traite d’enfants. Quant à Safiatou et Koumo, elles ont pu reprendre le chemin des classes et continuent normalement leur scolarité.
Pour les acteurs locaux, cette réussite est la preuve que « la protection des enfants est l’affaire de tous ». Ils estiment que la combinaison de la vigilance communautaire et des programmes de sensibilisation, comme ceux portés par le projet BC-TEDE, reste le meilleur rempart contre l’exploitation des plus vulnérables.


Art oratoire contre le mariage forcé : des élèves du Zou et des Collines s'engagent
Art oratoire contre le mariage forcé : des élèves du Zou et des Collines s'engagent
DEDRAS ONG a organisé des olympiades d’art oratoire dans deux départements du Bénin dans le cadre du projet SPAD PIIA. Une occasion offerte à des centaines d’élèves de prendre la parole pour défendre les droits des enfants.
Des concours pour parler de mariage forcé
Des apprenants des écoles primaires publiques des départements du Zou et des Collines ont participé aux olympiades d’art oratoire organisées par le programme SPAD PIIA. Ce concours de génie en herbe a eu lieu respectivement les 26 mars 2026 à Bohicon et le 27 mars 2026 à Dassa. Le thème retenu était : « Non au mariage forcé des enfants ».
L’évènement entre dans le cadre du projet SPAD financé par Plan International Bénin et mis en œuvre par DEDRAS ONG. Ces olympiades visent à donner aux enfants un espace pour s’exprimer, argumenter et défendre leurs droits.
À Bohicon, une élève remporte la première place
Dans le département du Zou, la phase finale a rassemblé les meilleurs candidats des différentes communes. Jennifer Dossa, élève de l’EPP Zogba/A, a remporté la première place. Elle a parlé des conséquences du mariage précoce sur l’avenir des jeunes filles : abandon scolaire, dépendance économique et perte de chances.
Mireille Tonoukouin, de l’EPP Don-Zoukoutoudja, a terminé deuxième. Elle a axé son discours sur le rôle des parents et des communautés dans la protection des enfants. Libéré Adjakossa, de l’EPP Zazin, a complété le podium. Dans le public, les réactions ont été vives. « On ne s’attend pas à entendre des enfants parler avec autant de conviction de sujets aussi importants », a confié un enseignant présent dans la salle.
À Dassa, un score de 19,66 pour la première place
Dans le département des Collines, dix finalistes ont concouru à l’EPP Dassa Carrefour. Edwige Dossa, de l’EPP Bétou A, a remporté la compétition avec un score de 19,66. Son discours portait sur les conséquences sociales et psychologiques du mariage forcé. Léa C. Djimba, de l’EPP Adougou-Agah, et Benjamine Tonoukoin, de l’EPP Lokossa A, ont partagé la deuxième place.
Des compétences utiles au-delà du concours
Ces olympiades ont permis aux élèves de développer des compétences concrètes : prise de parole en public, esprit critique et confiance en soi. Pour les organisateurs, l’objectif dépasse la compétition. En donnant la parole aux enfants, le programme SPAD PIIA vise à faire d’eux des acteurs capables d’influencer leur entourage sur des questions sociales importantes.
Le mariage forcé reste une réalité dans certaines zones du Bénin. Ces compétitions constituent un outil de sensibilisation directe auprès des communautés, à travers la voix des enfants eux-mêmes.













